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un grain de sable pour secouer la poussière...

Implantation de l’UPR : La guerre fait rage

Jeudi 24 Mai 2018 - 09:22

 Les opérations de mise en place des structures de base de l’UPR viennent d ‘être  suspendues  pour ne reprendre qu’à la fin du mois béni du Ramadan.  Une période de pause donc  qui sera probablement mise à profit, dans les très longues soirées de veillées durant ce mois pour peaufiner les stratégies de mise en place des sous-sections,  sections et  fédérations  et  le choix des délégués aux congrès régionaux et national.

C’est un grand moment pour les responsables politiques qui ont livré bataille durant plus d’un mois pour récolter des unités de base, lesquelles unités de base doivent permettre de se positionner en vue des prochaines étapes, à savoir, le choix des candidats pour les prochaines  élections. L’épilogue sera  les nominations, après la mise en place des instances nationales  et les futures  élections.
 

 La période d’implantation  aura été une dure épreuve pour le parti  qui a vu renaître les querelles de tendances sur l’ensemble du territoire national.  Nées sous le magistère d’Ould Taya, mises en sourdine sous  le bref règne d’Ould Cheikh Abdallahi, les tendances ont  apparemment  la peau dure. Elles sont revenues au galop. Les tensions ont même atteint le sommet avec l’implication directe du premier ministre, chez lui,  à Djigueni  où il aurait été mis en minorité par l’actuel Wali du Brakna, Ould Khattri, affirment  certaines sources. Le duel  entre le bouillant ministre de l’économie et  des finances, Ould  Diay, (allié au ministre de l’équipement et des transports, Ould Oudaa), et le  puissant  DGSN, est en train de tourner à la guerre des tranchées. Le ministre de l’hydraulique a quant à lui raflé la mise à Guérou.
 

Tidjikja!  Et de plus belle
 

A Tidjikja, la  querelle entre  les  tendances  rivales, entre, d’une part, les ex ministres Sidi Ould Didi, Dy Ould Zeine  et Sidi Ould Zeine et  la tendance  des  indépendants  de 2007, dirigée par  Didi Ould Biyé  et comprenant  l’ex ministre,  Moustapha Ould Hamoud   et  l’ex maire  de Tidjikja, Mohamed Biha  qui  dirigeait  les opérations sur le  terrain,   d’autre part, ont repris de plus belle.  Selon nos sources,  les  anciens indépendants reconvertis en UPR   auraient emporté la majorité avec  48 unités de base, contre  33 à leurs rivaux.  Des chiffres  contestés par ces derniers qui  revendiquent la  majorité  avec  37  UB  contre 29 pour la seconde. Un observateur de la place parle d'un flou incompréhensible, 34 autres  UB de la commune  ont été réparties entre  sept autres  acteurs politiques dont certains sont totalement  nouveaux. 

 Nombre de cadres  de la ville se sont donc  lancés  dans la collecte des unités de base pour  jauger leurs forces  et partant  se positionner en faiseurs  de roi.  Une  rude bataille d’alliances  en perspective pour contrôler les structures de base du parti, notamment la sous section de Tidjikja, mais également le choix  des futurs candidats aux élections. La section, quant à elle,  objet, jadis  d’un consensus entre les trois pôles du département : Tidjikja, les arrondissements de Ghoudiya et de  Rachid  est attendue avec intérêt.

Du côté de Rachid et de Ghoudiya deux pôles alliés,  on n'a pas fait dans la dentelle. Dans la seconde localité   le ministre de l'éducation a  perdu la partie face à son  concurrent, le   maire, Saleck Ould Abdel  Jelil.  45 UB contre 9.  De son côté, le député, Sid’Ahmed Ould  Dié  a gagné haut la main, confortant ainsi  sa  mainmise sur son fief de Rachid. 
 

Boghé Escale: dos à dos?
 

A Boghé  Escale, la tendance de Diallo Mamadou Bathia, ministre de la défense et  Tall Ousmane, Sg du ministère  du pétrole a bataillé avec la tendance dirigée par l’ex Sg du ministère de l’intérieur, Macina Mohamed El Hadi. Le résultat est très mitigé, selon les sources  en provenance de cette ville. Elles  évoquent  l’égalité  entre les adversaires  (11 contre 11)  ou d’une victoire de Macina avec 11 contre 10 parce que l’une des UB est incomplète, mais validée. Du côté de M’Bagne, la tendance de Bâ Bocar Soulé a fait main basse  sur le département, battant  à plate couture  le député Bellou Bâ avec un score  sans appel  de 116 contre 46.
 

Rosso: un coup du cœur pour sauver l'UPR
 

A Rosso, la querelle a repris de plus belle avec cependant l’absence d’un baron, nommé Mohcen, ancien vice-président du Sénat et homme fort de Rosso.  Les acteurs politiques ont rivalisé dans la collecte des UB, ce qui risque fort de raviver les tensions et les divisons du parti. Des divisions qui ont toujours profité à l’opposition dialoguiste ou pas. Il faut signaler que lors des dernières élections municipales et législatives, le parti El Wiam de Boydiel Houmeid  a raflé et la mairie et la députation. Pour éviter pareille situation, un cadre de la ville, Souleymane Breihim,  n’a pas manqué, au cours d’une rencontre,  à son domicile, à Nouakchott de   lancer  un appel  à  tous  les acteurs politiques pour  taire leurs divergences face aux échéances cruciales en vue. Il les a mis devant leurs responsabilités quant à ce qui pourrait advenir à Rosso.
 

Des  risques  pour l’UPR? 
 

Ces  querelles de tendances  que le parti a enregistrées  sur l’ensemble du territoire national  risquent fort  de laisser des traces, et partant  se répercuter  sur les prochaines élections. Même si à l’arrivée, le parti a su mobiliser plus d’un million d’adhérents lors de sa campagne d’adhésion.  Un chiffre qui s’expliquerait par le fait que les militants des partis de l’opposition  dialoguiste  ou non  se sont enrôlés   par endroit  pour soutenir leurs proches. Il ne s’agit donc pas d’adhésions  par conviction  mais par opportunisme, donc par intérêt, ce qui ne manquerait de faire courir au parti des risques sérieux de vote-sanctions  ou de retour au parti d’origine. Comme on le sait, si certains partis de la majorité, voire même de l’opposition dialoguiste avaient  réussi de bons scores lors des dernières élections c’est parce que l’opposition dite radicale avait boycotté les scrutins. Leur retour sur la scène risque fort de changer la donne.  
 

C’est dire donc  que les tendances, mises en minorité  et qui ne verraient pas  le parti choisir leurs  cadres,  ne manqueraient pas de manifester leur mécontentement, comme toujours  en  cherchant à se faire parrainer  par d’autres partis refuges. En 2013, ce phénomène avait réussi à sortir du néant certains partis inconnus jusqu’ici de l’arène politique.  Cela ne va donc  pas manquer dans la mesure où le gouvernement a décidé de durcir la loi sur les partis politiques qui doivent  se soumettre ou disparaître. Nombre de partis cartables doivent, pour bénéficier des subventions de l’Etat, atteindre 1% des suffrages, participer à deux élections sinon disparaître. Une décision qui a mis vent debout l’union des  forces des partis de la majorité  démocratique qui la trouve  injuste  et non démocratique, comme du reste l’UFP  d’Ould Maouloud.
 

DL

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