Les travaux de l’atelier scientifique spécialisé de haut niveau sur “La langue arabe dans le contexte des migrations et de l’identité arabe en Mauritanie et dans le monde”, organisé par l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO) en coopération avec la Commission nationale mauritanienne pour l’éducation, la culture et les sciences, ont débuté ce lundi matin à Nouakchott.
Cet atelier, qui durera trois jours, réunit une élite de professeurs, de chercheurs et d’éducateurs du pays et de l’étranger, dans le but de discuter des défis de la préservation de la langue arabe et du renforcement de l’identité linguistique et culturelle face aux transformations démographiques et aux migrations des peuples.
L’organisation de cet événement s’inscrit dans le cadre des efforts nationaux visant à soutenir la langue arabe et à consolider les valeurs d’appartenance culturelle dans une société aux influences multiples.
La ministre de l’Éducation et de la Réforme du Système d’Enseignement, Mme Houda Mint Babah, a affirmé que le Ministère, incarnant l’engagement de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et en application du programme gouvernemental, continue de consolider la place de la langue arabe au sein du système éducatif à travers des programmes modernes, une formation de qualité pour les enseignants et des politiques éducatives équilibrées qui allient une ouverture consciente aux langues étrangères et la préservation de l’identité nationale.
Elle a souligné que les résultats de cet atelier et les recommandations scientifiques qui en découleront contribueront à soutenir les efforts de réforme éducative et à renforcer l’intégration entre l’éducation et les politiques culturelles.
Elle a ajouté que la préservation de la langue arabe et le renforcement de sa présence dans les espaces éducatifs et culturels représentent un choix stratégique pour l’État, et une partie intégrante de son projet de réforme global, expliquant que l’ouverture aux autres langues et cultures n’est pas incompatible avec la consolidation de l’identité linguistique, mais renforce plutôt le dialogue et l’intégration dans un monde multiple et en mutation.
La ministre a salué le rôle joué par l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO) et la Commission nationale pour l’éducation, la culture et les sciences dans le soutien aux initiatives scientifiques et intellectuelles visant à servir la langue arabe, exprimant son espoir que les délibérations et les recommandations de cet atelier contribueront à élaborer une vision pratique et réalisable pour soutenir les politiques linguistiques nationales et faire face aux défis des migrations et des transformations sociales.
De son côté, le Secrétaire général du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Mohamed Bilal, a déclaré que cet atelier est une incarnation pratique de la vision stratégique clairvoyante de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui place la promotion de la langue arabe et des langues nationales au premier rang des priorités nationales, et que le gouvernement s’efforce de la traduire en réalité concrète à travers des politiques éducatives et culturelles globales qui renforcent la place de la langue en tant que levier de développement et outil de consolidation de l’identité.
Il a salué les efforts croissants déployés par l’ALECSO pour soutenir les politiques linguistiques innovantes, visant à construire une vision future plus inclusive de la langue arabe, soulignant que la Mauritanie – qui a été historiquement et mondialement connue comme un phare de la science et des savants et un bastion imprenable de l’arabe – comprend aujourd’hui plus que jamais que cette langue n’est pas seulement un héritage culturel ou un réceptacle de connaissances, mais un pilier souverain et un outil stratégique pour protéger l’unité nationale et préserver l’identité face aux transformations rapides.
Dans le même contexte, le Directeur général de l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO), M. Mohamed Ould Amar, a affirmé que la langue arabe représente une structure de conscience, une profondeur d’appartenance et une mémoire civilisationnelle, et n’est pas seulement un outil de communication.
Il a souligné que le thème de l’atelier ouvre un horizon intellectuel profond pour comprendre la relation complexe entre la langue, l’identité et les migrations, considérant la langue arabe comme un véhicule porteur d’identité partout où l’être humain se déplace, ajoutant que l’affaiblissement ou la marginalisation de la langue se reflète directement sur la cohésion de l’identité et la continuité de la mémoire collective.
Il a mis en évidence le rôle historique pionnier de la Mauritanie dans la préservation de la langue arabe et la diffusion de son rayonnement scientifique et culturel à travers la Mahadara de Chinguetti, affirmant que l’ALECSO part de la conviction inébranlable que l’arabe est une question d’avenir, et non seulement une question de patrimoine, ce qui est incarné par le développement de son enseignement, notamment le projet de cadre de référence arabe unifié qui vise à passer de l’enseignement par transmission au développement des compétences, à renforcer sa présence dans les systèmes éducatifs et à lui permettre d’interagir avec les défis de l’ère numérique, des migrations et de la mondialisation.
À son tour, le Secrétaire général de la Commission nationale pour l’éducation, la culture et les sciences, M. Mohamed Ould Sidi Abdallah, a souligné l’importance de cette rencontre scientifique et intellectuelle qui a réuni une élite de décideurs éducatifs, de chercheurs et de personnes intéressées par la langue et l’identité, pour discuter de la place scientifique et culturelle de la langue arabe, de ses défis et de ses perspectives de développement. Il a souligné que la langue arabe, malgré les défis qu’elle rencontre à l’ère de la numérisation et de l’intelligence artificielle, possède toujours des éléments de force renouvelés grâce à sa capacité de dérivation et de génération, et à son rôle central dans la consolidation de l’identité culturelle et le renforcement de la cohésion sociale.
De son côté, le président du Conseil de la Langue Arabe, M. El Khalil Ould Enahoui, a déclaré que la langue arabe occupe aujourd’hui une position de choix sur la scène mondiale, étant la deuxième langue la plus répandue dans le monde et la première sur le continent africain, ce qui reflète la profondeur de sa présence historique et l’étendue de sa portée géographique.
Il a expliqué que cette position est due au rôle de la langue arabe dans la transmission des connaissances et des sciences, et au fait qu’elle est une langue de religion, de civilisation et de communication entre plusieurs peuples, soulignant que la préservation et le renforcement de cette position nécessitent d’investir dans son enseignement, de moderniser ses programmes et de la relier aux questions contemporaines et aux transformations sociales et culturelles rapides.
Les activités de l’atelier ont été ponctuées par la remise de trophées honorifiques à Son Excellence la ministre de l’Éducation et de la Réforme du Système d’Enseignement, ainsi qu’au Président de la Commission Nationale pour la Culture et les Sciences, en reconnaissance de leur rôle dans le soutien des politiques éducatives et linguistiques et le renforcement de l’identité culturelle.
Les travaux de cet atelier se sont déroulés en présence du Secrétaire général du ministère de l’Éducation et de la Réforme du Système d’Enseignement et d’un certain nombre de professeurs et de penseurs intéressés par la question. AMI

Lancement des travaux d’un atelier scientifique sur la langue arabe dans le contexte des migrations et de l’identité arabe
