Au cours d’une conférence de presse tenue ce mercredi 26 février 26, la Coalition pour l’alternance démocratique (CAD 2029) a dénoncé une « dérive judiciaire sans précédent », à la suite de l’arrestation injustifiée des militants d’IRA et des lanceurs d’alerte. Ces arrestations font suite à la dénonciation d’un cas d’esclavage sur une fillette de 11 ans par les activistes de ce mouvement abolitionniste. « Après avoir suivi et documenté puis révélé aux autorités et à l’opinion, nous avons été surpris de voir les auteurs arrêtés par la police et jetés en prisons », ont déploré les membres de cette coalition.
Les responsables de la coalition ont accusé le pouvoir en place de piétiner les textes adoptés dans le cadre de la lutte contre l’esclavage et ses séquelles et se sont inquiétés de la terreur et l’intimidation dont sont victimes les membres de l’opposition et tous ceux qui dénoncent les dérives du régime. Les responsables ont dénoncé la requalification des faits passés de « faux et usage de faux » en « association de malfaiteurs » avant de déposer les militants d’IRA en prison, le lundi dernier, rappelant au passage que la Mauritanie a criminalisé l’esclavage en 2015 et que d’autres textes permettant aux activistes des droits de l’homme et aux lanceurs d’alerte de dénoncer ses pratiques.
L’ancien ministre Seydina Aly Mohamed Khouna a souligné que l’actuel régime bat en brèche les acquis en matière de lutte contre l’esclavage, des libertés d’expression, d’association et de réunions. Et de rappeler : « c’est sous le régime de l’ancien président Mohamed Abdel Aziz que cette pratique a été criminalisée ».
Face à cette situation préoccupante, les responsables de la CAD ont lancé un appel au peuple mauritanien pour se dresser contre les dérives et abus du pouvoir en place. «Nous ne pouvons pas nous taire face à ce qui se perpétue dans notre pays », ont-ils déploré. Ils ont enfin profité de leur rencontre avec la presse pour saluer la réaction et le soutien, sans condition, d’un collectif d’une trentaine d’avocats qui se sont constitués pour défendre la douzaine de personnes arrêtées. lecalame

La CAD 2029 dénonce « une dérive judiciaire sans précédent »
