Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, M. Mohamed Ould Khaled, a affirmé que la Mauritanie possède des atouts concurrentiels prometteurs qui la qualifient pour jouer un rôle central sur les marchés des énergies propres. Ces atouts reposent sur son important potentiel en matière d’énergie solaire et éolienne, ses vastes étendues de terres propices aux projets d’envergure, sa situation stratégique sur la côte atlantique et l’intérêt croissant des entreprises internationales pour investir dans ce secteur vital.
Cette déclaration a été faite lors de la présentation par le ministre des « réalisations du secteur de l’énergie ces dernières années en matière de production, de distribution et d’approvisionnement en électricité, ainsi que les perspectives d’avenir », dans le cadre du programme « Redevabilité » organisé par les médias publics, représentés par l’Agence de mauritanienne d’information (AMI), Radio Mauritanie et Al-Mouritaniya TV.
Ce programme vise à consolider les principes de transparence et à rapprocher l’administration des citoyens, conformément aux directives de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Le ministre a souligné que le ministère est chargé de formuler et de mettre en œuvre les politiques gouvernementales relatives à l’électricité, au pétrole, au gaz et aux énergies renouvelables. Il supervise également les systèmes de production et de distribution, l’électrification rurale, les énergies propres, les hydrocarbures, la régulation du marché, ainsi que l’approvisionnement et la distribution des carburants sur le marché national. Enfin, il est responsable de la promotion de l’exploration pétrolière et gazière, de la gestion des projets associés et du développement de projets d’hydrogène vert et d’énergies renouvelables.
Le ministre a indiqué que le secteur de l’énergie occupe une place centrale dans le programme de Son Excellence le Président de la République, « Mon ambition pour la nation », en reconnaissance de son rôle fondamental dans la promotion du développement économique et social, insistant sur le fait que cet intérêt se traduit par un suivi quotidien et méticuleux des différents projets du secteur, compte tenu de son rôle de levier fondamental pour le développement du pays.
Il a ajouté que le gouvernement travaille à des stratégies ambitieuses pour faire de la Mauritanie une destination attractive pour les investissements, renforçant ainsi le secteur énergétique, pilier essentiel de l’économie nationale.
Lors de la présentation des projets en cours, le ministre a annoncé la construction d’une centrale solaire et éolienne sur la route reliant Nouakchott à Rosso, d’une capacité de production de 220 mégawatts, financée par le secteur privé.
Il a également annoncé l’extension de la centrale électrique existante sur la route Nouakchott-Nouadhibou de 180 mégawatts et a affirmé qu’environ 300 mégawatts supplémentaires seront injectés dans le réseau national d’ici la fin de l’année, grâce à une production d’énergie entièrement locale.
Il a par ailleurs passé en revue les réalisations les plus significatives en matière d’infrastructures de distribution d’énergie, entreprises lors de la première phase du Programme de développement de la ville de Nouakchott. Ces travaux comprenaient la construction de 40 installations électriques, l’installation de 5 000 poteaux électriques, la pose de dizaines de kilomètres de câbles électriques, la mise en place de centaines de kilomètres de réseaux d’éclairage public, la construction de deux postes de distribution d’électricité et l’acquisition de cinq transformateurs de 45 kVA.
L’objectif de ces projets est de renforcer le lien entre la production et la distribution et d’améliorer la qualité des services rendus aux citoyens.
Le ministre a indiqué que la deuxième phase de ce programme, dotée d’un budget de 15 milliards d’ouguiyas, vise à remédier aux lacunes du secteur, à améliorer l’efficacité du service et à en assurer la continuité.
Concernant les exportations de gaz, le ministre a expliqué que le gaz mauritanien destiné à l’exportation est du méthane (CH₄). Il est liquéfié par refroidissement à environ -162 °C pour devenir du gaz naturel liquéfié (GNL) avant son exportation.
Le butane, quant à lui, est utilisé à des fins domestiques. Le butane (C₄H₁₀) est utilisé en raison de ses propriétés chimiques et de sa composition différente de celles du méthane.
Il a ajouté que des travaux sont en cours, en coordination avec la partie sénégalaise et BP, pour étudier les mécanismes techniques appropriés pour l’extraction et le transport du gaz.
Concernant la hausse des prix du gaz domestique, conséquence de la crise économique mondiale, le ministre a affirmé que l’État continue de subventionner les prix du gaz, conformément aux directives de Son Excellence le Président de la République, afin de préserver le pouvoir d’achat des populations les plus vulnérables.
Il a expliqué que cette subvention sera maintenue jusqu’à la fin de l’année pour atténuer l’impact de la hausse des prix sur les citoyens les plus démunis.
S’agissant des approvisionnements en carburant, le ministre de l’Énergie a précisé que les opérations d’importation et de distribution font l’objet d’un suivi quotidien rigoureux. Il a indiqué que les prix devraient progressivement revenir à la normale à mesure que les répercussions de la crise économique mondiale s’atténueront. Il a souligné que la hausse des prix des carburants n’excédera pas 5 %, compte tenu du maintien par l’État d’une subvention pouvant atteindre 210 ouguiyas par litre de diesel.
Le ministre a imputé les pénuries ponctuelles de carburant observées dans certaines villes de l’intérieur, notamment dans les régions frontalières, à des opérations de contrebande en provenance de l’étranger. Il a affirmé que les autorités administratives, en coordination avec le secteur, sont parvenues à récupérer environ 46 % des quantités exportées clandestinement du pays.
Interrogé sur les fréquentes coupures de courant, le ministre s’est dit optimiste quant à une résolution rapide de ce problème, soulignant une nette amélioration de la qualité du service et précisant que la plupart des coupures sont dues, dans la plupart des cas, à des facteurs indépendants de la volonté de la SOMELEC. AMI

Ministre de l’Énergie : “La Mauritanie prête à jouer un rôle régional de premier plan dans le domaine des énergies propres”
