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Le Comité du dialogue avec les prisonniers extrémistes et radicaux : Le dialogue intellectuel et religieux, un choix stratégique adopté par l’État dans le cadre d’une approche globale de lutte contre l’extrémisme

Samedi 20 Juin 2026 - 23:13

Le président du Comité chargé du dialogue avec les prisonniers extrémistes et radicaux, le Fakih Mohamed El Mokhtar Ould M’Balée, a affirmé que le dialogue intellectuel et religieux avec les prisonniers extrémistes et radicaux représente un choix stratégique adopté par l’État mauritanien depuis des années dans le cadre de son approche globale de lutte contre l’extrémisme, soulignant que cette approche est basée sur la persuasion et l’argumentation religieuse, loin de la logique de la négociation ou du troc.

C’est ce qu’il a déclaré lors d’une conférence de presse organisée par le Comité, samedi soir, dans la salle de conférence de l’Agence Mauritanienne d’Information à Nouakchott, au cours de laquelle il a présenté le bilan du processus de dialogue qu’il a supervisé avec un certain nombre de prisonniers, dans le cadre des efforts nationaux visant à lutter contre le discours extrémiste et radical.

Le président du Comité de dialogue a expliqué que la décision d’amnistier un certain nombre de prisonniers est le fruit d’un long processus de dialogue et de révisions intellectuelles, supervisé par un comité ministériel et des chefs de sécurité, tandis que les Oulémas ont géré les discussions intellectuelles et religieuses avec les personnes concernées.

Il a ajouté que ces dialogues ont abordé des questions centrales, notamment la gouvernance, le jihad, l’ordonnance du bien et l’interdiction du mal, l’allégeance et le désaveu, et ont abouti à des révisions intellectuelles à la suite desquelles les prisonniers ont annoncé leur repentir et leur renoncement aux idées qu’ils défendaient.

Il a souligné que ce processus a bénéficié d’un suivi direct de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, expliquant que la décision d’amnistie est une décision souveraine basée sur l’appréciation de l’intérêt général dont la responsabilité de la détermination incombe au tuteur légal.

Le président du Comité de dialogue a passé en revue les fondements religieux sur lesquels repose le dialogue avec les penseurs extrémistes, citant le dialogue du compagnon Abdallah ibn Abbas avec les Kharijites, et les positions du calife Omar ibn Abd al-Aziz, soulignant que le dialogue et la persuasion représentent une méthode islamique authentique pour traiter les déviations intellectuelles.

Il a expliqué que la jurisprudence islamique reconnaît l’amnistie des rebelles s’ils se repentent et que leur danger disparaît, citant la biographie du calife Ali ibn Abi Talib, que Dieu l’agrée, et ce qui est mentionné dans l’école malékite concernant les règles de traitement des repentis parmi les rebelles.

Il a conclu en affirmant que le tuteur légal a le pouvoir discrétionnaire de prendre ce qu’il juge le plus approprié pour la nation entre l’amnistie et la punition, soulignant que le rôle de l’imam est de ramener les gens de l’égarement et de montrer la vérité, et non de se venger, car celui qui s’est repenti et dont la droiture est apparue est libéré, tandis que celui qui persiste dans son égarement est traité avec fermeté.

En réponse aux questions des journalistes, le Fakih Mohamed El Mokhtar Ould M’Balé a expliqué que la description de cette opération comme un “accord” ne reflète pas précisément sa réalité, car elle n’est pas basée sur la négociation ou l’échange d’engagements, mais plutôt sur un dialogue intellectuel visant à corriger les concepts et à convaincre les prisonniers de revoir leurs idées et de revenir à la voie de la modération.

Il a expliqué que le Comité est exclusivement concerné par “l’aspect intellectuel et religieux” et la clarification des dispositions y afférentes, tandis que l’État dispose de stratégies globales (sécuritaires, économiques et sociales) pour traiter le dossier de l’intégration et de la réhabilitation des personnes libérées, et ce sont des mécanismes totalement indépendants du travail intellectuel du Comité.

Il a souligné que le dialogue avec les prisonniers extrémistes et radicaux n’est pas une mesure conjoncturelle ou exceptionnelle, mais constitue un pilier essentiel de l’approche mauritanienne de lutte contre l’extrémisme, indiquant que les délais d’amnistie et les modalités de leur annonce sont soumis aux estimations des autorités compétentes en fonction de considérations sécuritaires et organisationnelles.

Il a insisté sur le fait que la préservation de la sécurité et de la stabilité de l’État reste une priorité absolue, et que les décisions prises dans ce dossier sont basées sur un équilibre précis entre les dispositions religieuses et les exigences de l’intérêt général.

Concernant les prisonniers qui n’ont pas bénéficié de l’amnistie, le président du Comité a expliqué que le dialogue est un processus volontaire basé sur la conviction personnelle, et que certains prisonniers choisissent de ne pas s’y engager, ce qui est une responsabilité assumée par les parties concernées.

Il a conclu en affirmant que le Comité de dialogue n’est pas une institution officielle permanente, mais un choix souverain par lequel Son Excellence le Président de la République invite les Oulémas au dialogue lorsqu’il y voit un intérêt, confirmant la poursuite par l’État de son approche basée sur le traitement de ce phénomène selon une vision globale et organisée.

De son côté, le membre du Comité, Cheikh Mahfoudh Ould El Walid, a affirmé que l’expérience mauritanienne dans le traitement de l’extrémisme et du radicalisme représente un modèle intégré combinant les dimensions intellectuelles, sécuritaires, sociales, politiques et judiciaires, expliquant que le dialogue avec les prisonniers n’est pas un événement isolé ou une décision politique soudaine, mais une étape avancée et cruciale dans un long processus qui a abouti à une stabilité tangible dans le pays.

Il a indiqué que l’État gère les dossiers de réhabilitation, d’intégration et de surveillance par le biais d’institutions spécialisées, selon des mécanismes précis garantissant un suivi continu des personnes libérées, soulignant que la récente décision d’amnistie est le résultat d’un large consensus entre les différentes institutions scientifiques, sécuritaires et politiques. Cheikh Mahfoudh Ould El Walid a passé en revue les indicateurs de succès de l’approche mauritanienne, expliquant que la récente amnistie accordée à neuf prisonniers s’inscrit dans la continuité d’un processus qui a prouvé son efficacité au cours des dernières années. En effet, aucune récidive vers l’extrémisme n’a été enregistrée parmi les bénéficiaires des précédentes décisions d’amnistie. Au contraire, certains d’entre eux sont devenus des promoteurs de la modération et des avertisseurs des dangers de la pensée extrémiste.

Il a souligné que ces résultats ont conféré à l’expérience mauritanienne une position distinguée aux niveaux régional et international, malgré les ressources limitées, attribuant cela à une volonté politique sérieuse et au rôle central des érudits dans la conduite du processus de dialogue.

Concernant la méthodologie adoptée, il a expliqué que le comité a veillé à la précision des termes, adoptant l’expression “traitement du phénomène de l’extrémisme et du radicalisme” au lieu de termes importés comme “lutte contre le terrorisme”. Il a indiqué que le comité s’appuie sur des classifications jurisprudentielles authentiques, telles que “Bab Al-Baghi” (le chapitre de la rébellion), qui relie les actions aux jugements religieux plutôt qu’aux termes politiques ambigus.

Concernant le dossier des jeunes Mauritaniens détenus en Algérie, il a expliqué que l’État mauritanien a entamé des contacts officiels avec les autorités algériennes dans le but de les rapatrier en Mauritanie pour qu’ils purgent le reste de leurs peines, exprimant son optimisme quant à l’achèvement prochain de ces procédures.

Il a insisté sur le rôle des médias dans la “localisation du discours” et la généralisation de cette expérience en tant qu’accomplissement national digne de fierté, d’autant plus qu’elle a assuré au pays une sécurité et une stabilité remarquables dans un environnement régional turbulent.

De son côté, le membre du comité, le professeur Omar Bouna Ly, a affirmé que la confrontation à la pensée extrémiste est une responsabilité collective qui exige la conjugaison des efforts de toutes les composantes de la société. Il a souligné que les politiques nationales basées sur l’encadrement des jeunes et leur orientation vers les valeurs de modération, de juste milieu et d’attachement à la noble Sunna prophétique ont produit des résultats positifs, se reflétant dans le recul de la propagation des idées extrémistes au sein de la société mauritanienne.

Il a indiqué que ce succès est dû à l’élévation du niveau de conscience sociale et à la bonne gestion des questions de jeunesse, affirmant que chaque individu joue un rôle central dans ce processus préventif.

Il a salué le rôle vital que jouent les médias dans la diffusion du discours modéré et la sensibilisation aux dangers de l’extrémisme, mettant en garde contre les campagnes de propagande menées par les organisations extrémistes via l’espace numérique pour attirer les jeunes.

Il a affirmé que la conscience constitue la première ligne de défense face à l’extrémisme, appelant à poursuivre les efforts de sensibilisation et d’éducation pour enraciner les valeurs de modération et protéger les générations montantes de la dérive vers les griffes de l’extrémisme et du radicalisme. AMI

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