La Première Dame, Mme Mariem Mohamed Fadel Dah, a affirmé que l’autonomisation des femmes constitue un pilier fondamental pour l’édification d’une société stable, solidaire et prospère. Elle a souligné que l’investissement dans l’éducation des filles, l’amélioration de la santé des femmes et le renforcement de leur participation active dans tous les domaines de la vie représentent un choix stratégique pour parvenir à un développement global et durable.
La Première Dame s’exprimait mardi à Aleg, à l’occasion du lancement de la troisième phase du Projet d’autonomisation des femmes et de dividende démographique au Sahel (SWEDD+). Elle a appelé à une mobilisation collective des autorités administratives, des oulémas, des médias, des leaders d’opinion et des organisations de la société civile afin de promouvoir une culture qui protège les droits des femmes et renforce leur place au sein de la société.
Voici le texte intégral de son discours :
“Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Que la paix et les bénédictions soient sur Son noble Prophète.
Messieurs les ministres,
Messieurs les walis,
Monsieur le président de la Région du Brakna,
Monsieur le hakem d’Aleg,
Monsieur le maire d’Aleg,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le représentant résident de la Banque mondiale,
Madame la représentante du Fonds des Nations unies pour la population,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais commencer cette allocution en exprimant mes vifs remerciements aux habitants de la ville d’Aleg et, plus généralement, à ceux de la wilaya du Brakna, pour l’accueil remarquable et l’hospitalité authentique qu’ils nous ont réservés.
Il m’est également agréable d’exprimer à l’ensemble de l’assistance, en particulier à nos partenaires au développement, notre haute appréciation de leur présence, qui témoigne de leur fort attachement aux objectifs du Projet d’autonomisation des femmes et du dividende démographique dans la région du Sahel (SWEDD), dont nous avons l’honneur, aujourd’hui avec vous, de lancer la troisième phase.
Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs,
Je m’adresse à vous aujourd’hui, avant tout, en ma qualité de mère, de sœur et de citoyenne soucieuse de contribuer efficacement à la réussite des politiques de notre pays dans le domaine de l’autonomisation des femmes, et de leur garantir pleinement leurs droits à l’éducation, à la santé ainsi qu’au développement économique, social et politique.
Les efforts déployés dans le cadre du Projet d’autonomisation des femmes et du dividende démographique dans la région du Sahel (SWEDD) ne constituent qu’un aspect de la volonté nationale en faveur de cette autonomisation des femmes.
Je suis très encouragée par les résultats obtenus lors des première et deuxième phases de ce projet, au cours desquelles les taux d’accès des filles à l’école ainsi que leurs taux de maintien dans le système scolaire se sont améliorés.
Le taux d’inscription des filles dans les établissements de formation professionnelle a également connu une nette amélioration, puisqu’elles représentent aujourd’hui 48,7 % de l’ensemble des apprenants. De même, la prise en charge de leur santé reproductive s’est améliorée, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, tandis que le nombre d’espaces sûrs et les campagnes de sensibilisation ont doublé.
Mais je reste, dans le même temps, pleinement consciente de l’ampleur des obstacles qui persistent encore et que nous devons, ensemble, surmonter.
Le taux de réussite des filles aux examens nationaux demeure inférieur au niveau souhaité. Au titre de l’année en cours, il n’a pas dépassé 31,9 % au concours d’entrée en première année du collège, 16,9 % au Brevet de fin d’études du premier cycle secondaire et 6,64 % lors de la première session du baccalauréat.
Par ailleurs, les femmes ne représentent aujourd’hui qu’environ 35 % des diplômés de la formation professionnelle qui ont réussi à intégrer le marché du travail, et leur accès aux financements demeure encore faible.
Ces données, sur le papier, ne sont que des statistiques. Mais dans la réalité, elles correspondent à des parcours scolaires interrompus, à des opportunités d’emploi manquées, à des espoirs de création de projets et d’entrepreneuriat qui s’évanouissent. Tout cela affaiblit la capacité des femmes à atteindre leur autonomie et entrave leur autonomisation dans les conditions espérées. C’est pourquoi nous devons impérativement travailler ensemble pour changer cette réalité.
Dans ce cadre, cette troisième phase du projet (SWEDD+) renforcera les interventions dans les six wilayas ciblées : le Brakna, le Gorgol, le Guidimagha, l’Assaba, le Hodh Charghi et le Hodh El Gharbi, à travers:
Premièrement: le renforcement de l’École républicaine, en tant que rempart pour l’avenir et pilier du développement, par la mise à disposition de 21 000 bourses scolaires, la distribution de fournitures scolaires, l’organisation de cours de soutien et l’octroi de formations professionnelles aux filles qui se trouvent désormais en dehors du parcours éducatif.
Deuxièmement: la modernisation des services de santé et le renforcement de la couverture médicale, en ciblant 48 000 femmes avec des services de soins, en plus du déploiement de cliniques mobiles permettant d’atteindre les populations dans différentes zones.
Troisièmement : l’investissement dans l’entrepreneuriat féminin à travers le financement de 330 structures professionnelles féminines, qui contribueront à créer 3 300 opportunités d’emploi directs.
Quatrièmement: la construction d’une nation forte, fondée sur une base solide de responsabilité citoyenne, à travers des actions de sensibilisation et un travail visant à changer les mentalités et les comportements qui constituent des obstacles à l’autonomisation des femmes.
Mesdames et Messieurs,
L’autonomisation des femmes est le fondement d’une société stable, solidaire et prospère. C’est pourquoi nous ne devons ménager aucun effort pour leur éducation, leur santé et leur intégration effective dans la vie économique, sociale et politique. Cela ne pourra se réaliser qu’à travers la conjugaison de nos efforts à tous (autorités administratives, oulémas, journalistes, leaders d’opinion et société civile) afin de lutter contre les violences faites aux femmes, de garantir leur santé reproductive et d’investir dans leur éducation, en vue de faciliter leur intégration harmonieuse dans la vie active.
Je ne doute pas que cette troisième phase du Projet d’autonomisation des femmes et du dividende démographique, dont j’annonce le lancement avec la bénédiction d’Allah, renforcera les efforts de notre pays pour défendre le droit de chaque fille à l’éducation, à la santé et à tout autre droit garantissant à la femme sa dignité et lui permettant de jouer son rôle dans les différentes dimensions de l’effort national de développement.
Je vous remercie”.
AMI

La Première Dame: «L’autonomisation des femmes est un pilier essentiel pour bâtir une société stable et prospère»
