La Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA) fait état de 293 sites web actifs en Mauritanie, tout en relevant de fortes disparités en matière de production, d’originalité des contenus et de respect des normes professionnelles. Dans son rapport annuel 2025 publié en 2026, l’instance de régulation souligne que moins de 10 % des sites actifs produisent en moyenne une vingtaine d’articles par jour, dont une part importante relève de leur propre production ou de reprises provenant de la presse écrite, de la télévision ou des agences de presse.
Une deuxième catégorie, représentant environ 20 % des sites, produit à un rythme plus faible et avec un niveau d’originalité et de rigueur professionnelle jugé moindre. Le rapport distingue enfin une troisième catégorie de sites qui, selon la HAPA, ne produisent pratiquement aucun contenu original, se limitant à reprendre, souvent par simple copier-coller, des articles publiés par des media locaux ou étrangers. La HAPA considère cette pratique comme l’un des principaux défis du paysage médiatique numérique mauritanien, appelant implicitement à renforcer la production originale et les standards professionnels.
Le rapport accorde également une attention particulière à la place des langues nationales dans l’audiovisuel. Sur le volume global des programmes observés en langues nationales, le pulaar représente 41,30 %, suivi du wolof avec 32,42 % et du soninké avec 26,28 %. La HAPA relève toutefois que de nombreux programmes restent essentiellement constitués de traductions ou de résumés de bulletins initialement produits en arabe, et recommande davantage de contenus originaux conçus directement dans les langues nationales.
Concernant la presse écrite, l’Autorité constate la poursuite de son recul face à la montée en puissance des media électroniques et des réseaux sociaux. En 2025, 33 périodiques ont sollicité le bénéfice du Fonds de soutien à la presse. Parmi eux, 31 ont été retenus, tandis que deux ont été écartés pour irrespect des critères requis. Les publications bénéficiaires devaient notamment satisfaire au critère de régularité, fixé à au moins cinq numéros par an.
Pour la première fois, l’étude présentée par la HAPA couvre l’ensemble du paysage médiatique national, contrairement au rapport précédent qui était principalement consacré aux media implantés à Nouakchott. L’Autorité estime que l’amélioration des outils de collecte, des questionnaires et du travail de terrain permettra, à l’avenir, de disposer de données encore plus précises sur l’évolution du secteur médiatique mauritanien.
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HAPA : 293 sites web actifs, un paysage numérique marqué par de fortes disparités