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Transition énergétique : le secteur extractif mauritanien à l’assaut des énergies vertes

Vendredi 7 Octobre 2022 - 00:15

Transition énergétique : le secteur extractif mauritanien à l’assaut des énergies vertes


Transition énergétique : le secteur extractif mauritanien à l’assaut des énergies vertes

À travers le Programme Prioritaire Élargi du Président, la Mauritanie propose une stratégie pour accélérer la lutte contre le réchauffement climatique. Doté d'une enveloppe de 24 162 millions de MRU (628 160 d'euros), ce programme s'articule autour de six axes dont la valorisation du potentiel des secteurs productifs et la création d'emplois verts.

La Mauritanie dispose d'un ensoleillement important sur toutes les régions du pays pendant l'ensemble de l'année. La capacité de production solaire varie entre 2000 et 2300 kWh par m² par an, tandis que les zones côtières et notamment Nouadhibou offrent des conditions de vents favorables avec 9 mètres par seconde. Ces données constituent un atout précieux pour attirer des investissements, car elles sont parmi les plus avantageuses au monde : " Le développement de l'énorme potentiel d'énergies renouvelables de la Mauritanie peut à la fois améliorer l'accès à une énergie abordable dans notre pays et permettre la conversion d'énergie propre en hydrogène vert ", déclarait le président de la République, Mohammed Ould Cheikh El Ghazouani, le 22 juin 2022.

La baisse des coûts de production combinée à ce potentiel énergétique sans égal fait de la Mauritanie une destination prisée des investisseurs pour les énergies renouvelables. Dans ce contexte, la Mauritanie adopte une position de pionnier dans le domaine des carburants du futur avec l'hydrogène vert.

Le projet Nour a pour ambition d'être l'un des plus grands projets au monde de production d'hydrogène vert grâce à l'installation de centrales éoliennes et solaires sur une superficie de plus de 8 kilomètres carrés. À terme, la capacité de production de Nour ira jusqu'à 10 gigawatts, soit 600 000 tonnes d'hydrogène vert par an.

La Mauritanie travaille main dans la main avec les nombreux partenaires privés qui disposent des compétences techniques nécessaires à la réalisation de ces projets ambitieux. Le récent partenariat stratégique entre l'énergéticien britannique Chariot et le français Total Eren témoigne du climat coopératif qui règne en Mauritanie. Cet accord à parts égales (50 % chacune) garantit aux deux entreprises la codirection dans l'obtention des autorisations nécessaires au projet auprès des autorités.

Le secteur extractif traditionnel et le tournant des énergies renouvelables

Le président de la République Islamique de Mauritanie souhaite faire du secteur extractif " une locomotive du développement économique et social ". La capacité financière du premier secteur du pays (28.9% du PIB) est un élément important pour les campagnes de financement nécessaires à la réalisation des objectifs environnementaux fixés par le gouvernement.

Le géant minier canadien Kinross a annoncé en 2019 son engagement pour une campagne de financement de 300 millions de dollars pour l'édification d'infrastructures sur le site de Tasiast, dans le nord du pays. L'engagement global pris par Kinross se traduit aussi par un projet de construction d'une centrale solaire photovoltaïque sur le site de Tasiast. Cette centrale solaire s'inscrit directement dans les objectifs fixés par la Mauritanie lors de la dernière conférence sur le changement climatique.

Les objectifs sont ambitieux avec une volonté de voir la centrale solaire opérationnelle en 2023. Cette centrale a pour objectif de produire 34 MWh d'électricité, soit 20% de la consommation énergétique du site. La ferme solaire et les investissements de près de 150 millions de dollars sur le site de Kinross devraient permettre d'accroître la production et de prolonger la durée de vie de la mine jusqu'en 2033.

À son tour, le porte-drapeau national, la Société nationale industrielle minière (SNIM), assume une orientation stratégique ambitieuse avec le développement des énergies renouvelables dans son mix énergétique. Le parc éolien de Nouadhibou et la centrale solaire de Zouerate avec respectivement des capacités de 4.4 et 3 MWh témoignent de la volonté du secteur extractif mauritanien de se conformer aux objectifs climatiques du pays.

La Mauritanie, nouvel eldorado de l'hydrogène vert

Parmi les ambitions affichées du gouvernement mauritanien, les nouvelles tendances d'investissement portées par le développeur d'énergies renouvelables CWP Global et le groupe énergétique Chariot, manifestent la volonté de faire de la Mauritanie le nouvel eldorado de l'hydrogène vert.

Outre le projet Nour, l'entreprise australienne CWP lance le projet AMAN d'une valeur de 40 milliards de dollars pour produire 30 GWh d'hydrogène vert. Il faut aussi ajouter les retombés connexes, comme les millions de tonnes produites par an d'ammoniac, et les millions de mètres cubes d'eau potable qui résultent du processus de fabrication de l'hydrogène vert.

Le potentiel énergétique mixte de la Mauritanie n'a que peu d'équivalents à l'échelle mondiale. Avec éventuellement 457.9 GW d'énergie solaire, 47 GW d'énergie éolienne et la volonté de devenir un hub gazier, la Mauritanie apparaît comme un candidat crédible pour devenir le nouveau fleuron énergétique de l'Afrique de l'Ouest. La région s'affiche de plus en plus comme étant un acteur essentiel pour répondre à la demande énergétique mondiale.

(*) Consultant en intelligence économique chez Sésame.

 
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