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un grain de sable pour secouer la poussière...

Notre Mokhis national, ce grand peintre discriminé…

Samedi 19 Juin 2021 - 18:47

Pour connaître l'État d’un pays, il faut voir le sort réservé aux arts et à la culture en général.  On nous explique que la Mauritanie est un état islamique donc cela justifierait le peu d’intérêt pour les arts plastiques notamment sculpture, peinture et autres. A part la nature sans les êtres vivants, tout ce qui est figuratif est à bannir même si en Mauritanie c'est encore toléré dans un coin perdu...

A part quelques commandes pour faire des portraits ou des paysages, Mokhis ne fait plus que de l’abstrait depuis très longtemps. C’est le premier et le seul peintre mauritanien qui n’a jamais rien fait dans sa vie que dessiner et peindre. C’est le peintre le plus productif et le plus vendu. Ses œuvres sont partout dans les maisons des mauritaniens amateurs d’art jusqu’à la présidence sans parler du monde entier où ses œuvres ont été emportées par des amateurs étrangers et pas des moindres. On se souvient notamment d'un belge représentant résident du FMI qui en avait acheté des dizaines.

Mokhis devrait normalement avoir le statut artistique et financier des autres grands peintres dans le monde même chez nos voisins immédiats. Il devrait être connu partout dans le monde, passer son temps à voyager, exposer partout et vendre des œuvres à des milliers d’euros. Pourtant, alors que de jeunes peintres mauritaniens talentueux exposent partout comme le jeune Omar Ball par exemple pour ne citer que lui, figurez-vous que Mokhis n’est jamais allé hors de l'Afrique, ni dans le monde arabe ni en Europe ni nulle part ailleurs. 

A qui la faute ? D’abord à l’Etat mauritanien. S’il était négro-mauritanien ou hartani on pourrait dire qu’il s’agit d’une discrimination fondée sur la jalousie et la 7assadité nationale mais c’est un maure blanc des Oulad Bousbaa. Il a formé toute une génération de peintres, il a passé sa vie à dessiner, à peindre pour le commun des mortels ou les riches mauritaniens jusqu’à certains présidents. Comment se fait-il que l’Etat, ni personne, n’a jamais pu lui organiser la moindre exposition à l’étranger, ni le faire connaître hors de nos frontières ? Cet Etat qui ne lui donne pour son association que 300.000 mro par an alors que le budget du ministère de la culture est de près d’un milliard mro ?

C’est un crime. 

Organiser une exposition à Paris, Madrid, Dubaï ou Tokyo ne coûterait rien à une de nos chancelleries en bonne intelligence avec le ministère de la culture. Il peut peindre n’importe où et vite machallah. Ensuite il suffit d'inviter quelques diplomates comme le ministère des affaires étrangères le fait régulièrement chez nous.

Avant-hier, une dame a organisé une exposition éphémère, une journée à l’académie diplomatique de Nouakchott avec un certain nombre d'artisans. Ce fabuleux tableau, " Chinguitty 1000 ans d'histoire ", de Mokhis a été acheté par S. Ould Abeidna à 600.000 mro. Même si chez nous c'est une somme considérable, l'acquéreur a fait une affaire car ce n’est jamais que 1500 euros or un peintre pareil, 1er peintre d’un pays à cet âge devrait vendre ses œuvres à plusieurs milliers d’euros dans le monde.

 

Une pensée à Moustapha Ould Limam Chavi, que je ne connais pas, mais Mokhis m’a appris qu’il a mis une grande maison à la disposition des artistes de l’UAPM et de l’AJAM. Elle est en travaux et sera disponibible sous peu.

Tous les ministères mauritaniens devraient sortir un budget pour acquérir des tableaux des grands maîtres mauritaniens. Il faut contacter ceux qui connaissent les artistes pour choisir les œuvres et ne pas acheter n’importe quoi car ces tableaux seront le reflet des arts plastiques mauritaniens.

La Mauritanie compte de grands amateurs d’art, il faut les mettre à contribution pour que les artistes déploient leur génie créatif et en vivent correctement. Un grand village des arts eût été possible sur le terrain «  de la foire » où un reste d'artisans végète comme le dernier crocodile du zoo qui est mort après une vie dans une flaque où seule sa tête était dans l’eau ndeyssan…

Ce village des arts ne verra jamais le jour certainement car des hommes d'affaires espèrent se partager le vaste terrain. Pendant ce temps, alors que les artisans vivent dans des taudis et sachant qu’il y a une grande mosquée à 100m à vol d’oiseau, quelqu’un est allé soutirer aux Emirats Arabes Unis de l’argent pour créer une mosquée au milieu de cet espace misérable dédié à l’artisanat. La mosquée est plantée au beau milieu de l'espace interdisant désormais aux uns et aux autres de se voir...

 

Une pensée à la grande dame Tfeila, mémoire vivante de l’artisanat national, qui fait vivre cet espace avec une coopération de femmes qui tissent tapis, nattes et fabriquent des tentes en poils de chameau.

VLANE A.O.S.A
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