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un grain de sable pour secouer la poussière...

Italie: coup de frein sur la formation du gouvernement populiste

Mercredi 23 Mai 2018 - 10:08

Le président italien Sergio Mattarella prend son temps pour se prononcer sur Giuseppe Conte, un juriste proposé par les antisystème pour diriger le gouvernement mais dont il redoute le manque de poids politique et la crédibilité ternie par un CV enjolivé.

Le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite) ont accentué la pression, se disant prêts à retourner aux urnes, mais M. Mattarella pourrait les faire attendre encore au moins jusqu'à jeudi.


Selon les médias italiens, le blocage vient aussi de la personne pressentie par les deux alliés pour le portefeuille de l'Economie: Paolo Savona, un ancien ministre (1993-1994) de 81 ans considérant l'euro comme une "cage allemande" pour l'Italie.

M. Mattarella réclame en effet des garanties sur le respect des engagements européens et internationaux. Et il veut nommer un véritable chef de gouvernement, capable de mener et d'assumer la politique de l'exécutif comme le veut la Constitution.

"Conte trahi par son CV, le gouvernement à nouveau en haute mer", "L'affaire du CV est ouverte, Conte dans la balance", "Tempête sur Conte, le gouvernement s'éloigne"... Les unes de la presse italienne n'étaient pas optimistes mercredi.

L'affaire vient de quelques lignes sur plusieurs CV publics de M. Conte, évoquant des travaux de "perfectionnement juridique" auprès des universités de Yale, La Sorbonne, Cambridge, New York University (NYU) ou encore l'International Kultur Institut de Vienne.

Mais la NYU a déclaré à l'AFP n'avoir pas trace de lui, à part une autorisation d'accès à sa bibliothèque. La Duquesne University de Pittsburg, également citée dans le CV, a en revanche confirmé qu'il était passé dans le cadre d'un échange avec son université romaine.

Les autres universités interrogées par l'AFP n'ont pas donné de réponse au nom de la confidentialité, mais il n'en a pas fallu plus pour que les commentaires caustiques fusent dans la presse comme sur les réseaux sociaux.

- Inquiétude à Bruxelles -

Depuis que le M5S et la Ligue ont avancé son nom lundi, M. Conte ne s'est pas exprimé dans les médias. Selon des proches cités par des journaux, il a maintenu avoir mené des recherches dans tous les instituts mentionnés tout en reconnaissant une "légèreté" dans la rédaction de ses CV.

"Les médias étrangers et italiens se déchaînent sur des soit-disant diplômes que Conte n'a jamais dit avoir!", a réagi le M5S dans un communiqué. "C'est l'énième confirmation qu'ils ont vraiment tellement peur de ce gouvernement de changement".

Matteo Salvini, le patron de la Ligue, n'a pas caché son impatience dans une vidéo mardi soir sur Facebook: "Soit on y va et on change les choses, ou alors autant retourner aux urnes et cette fois-ci nous vous demanderons la majorité absolue pour pouvoir agir seuls", a-t-il martelé, alors que son parti est en pleine ascension dans les sondages.

Mais l'affaire des CV, qui ternit la crédibilité de M. Conte, ne simplifie pas la tâche de M. Mattarella, qui avait déjà des doutes sur l'autorité de ce juriste discret de 54 ans sans expérience politique face aux poids-lourds de la Ligue et du M5S qui devraient devenir ses ministres.

Cette incertitude contribuait à la nervosité des marchés financiers, déjà tendus depuis une semaine: en fin de matinée, la Bourse de Milan perdait 1,7% tandis que le spread - l'écart très regardé en Italie entre les taux d'emprunt italien et allemand à dix ans - dépassait les 190 points (+60 en une semaine).

L'inquiétude pointait aussi à Bruxelles, où la Commission européenne a d'ores et déjà mis en garde contre les dérapages budgétaires du prochain gouvernement italien, en rappelant au pays qu'il figurait parmi les plus endettés de la zone euro.

Le programme commun négocié par le M5S et la Ligue promet en effet de tourner le dos à l'austérité et de combler les déficits avec un politique de croissance. Il prévoit des baisses drastiques d'impôts, l'instauration d'un revenu de citoyenneté, l'abaissement de l'âge de la retraite mais aussi une fermeté inédite contre la corruption ou encore un tour de vis sécuritaire, anti-immigrés et anti-islam.



(©AFP / 23 mai 2018 11h36)
 
 
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