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Chute incontrôlée du peso argentin, malgré la perfusion du FMI

Vendredi 31 Août 2018 - 01:52

La crise de confiance dans le peso argentin a franchi un cap: il a chuté de plus de 20% face au dollar mercredi et jeudi, contraignant la Banque centrale à porter à 60% son taux directeur, un des plus élevés au monde.

Jeudi, le peso a enregistré la plus forte dépréciation en une seule journée depuis le début du mandat du président de centre droit Mauricio Macri, en cédant 13,52% face au dollar.


Economie en récession, risque pays élevé, la troisième économie d'Amérique latine peine à rebondir, malgré le recours au Fonds monétaire international (FMI), qui vient de lui accorder un prêt de 50 milliards de dollars.

Dans un pays où la prévision d'inflation annuelle est supérieure à 30%, la Banque centrale de la République argentine (BCRA) a pris une mesure forte jeudi en augmentant de 15 points son principal taux d'intérêt, de 45 à 60% afin d'endiguer la dépréciation de la monnaie argentine, qui dépasse les 53% depuis le début de l'année.

L'annonce mercredi par le président Macri d'un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour avancer les versements du prêt accordé en juin n'aura pas suffi à rassurer les marchés, bien au contraire.

Mais malgré le marasme économique, le gouvernement se montre confiant quant à l'avenir économique du pays.

Le chef du gouvernement argentin Marcos Pena a ainsi assuré que "l'Argentine va sortir renforcée du processus de transformation" engagée fin 2015 par le président Macri.

"Vulnérabilité structurelle"

"Il n'y a pas d'échec économique, a-t-il souligné. C'est un changement profond, nous sommes dans la bonne direction".

Il a attribué les turbulences sur le marché des changes à la "vulnérabilité structurelle" du pays: "cela fait des décennies que nous avons un problème de déficit budgétaire et rien n'avait été fait pour le résoudre".

Depuis son arrivée au pouvoir fin 2015, l'administration Macri a réduit de 6 à 3,9% du PIB le déficit budgétaire. En juin, l'Argentine a encaissé une première tranche de 15 milliards de dollars du prêt consenti par le FMI. En contrepartie de ce prêt, le gouvernement argentin s'est engagé à réduire encore le déficit, avec un objectif de 2,7% en 2018 et 1,3% en 2019.

Les restrictions budgétaires se font sentir en Argentine dans l'administration publique et dans le secteur privé. Des entreprises ferment, les financements publics diminuent dans tous les domaines et nombre de grands travaux prévus par les autorités sont reportés.

Le ministre de l'Economie Nicolas Dujovne a prédit en début de semaine une récession de l'économie argentine en 2018, avec un recul du PIB de 1%, alors que le gouvernement avait prévu fin 2017 3% de croissance pour cette année.

Le géant américain de la grande distribution Wal Mart a annoncé la vente d'une dizaine d'hypermarchés.

A Wall Street, les actions argentines ont chuté de 10% en moyenne.

Souvenir de la crise de 2001

Mercredi, Mauricio Macri a essuyé un camouflet à Buenos Aires. Il est intervenu publiquement pour annoncer que l'Argentine demandait au FMI d'accélérer le versement de la deuxième tranche du prêt. Mais les marchés ont réagi négativement.

"La confiance des marchés reviendra quand les réformes structurelles en suspens seront réalisées, c'est-à-dire la correction des déséquilibres, en particulier le déficit budgétaire", estime l'économiste Manuel Solanet.

Miguel Kiguel, membre de l'équipe économique de l'ex-président Carlos Menem (1989-1999), y voit "une surréaction des marchés au processus de correction macroéconomique que traverse l'Argentine. Comme il y a eu des moments d'euphorie, il y a en ce moment un manque de confiance extrême".

"Le dollar est la monnaie de réserve par excellence, utilisée par les Argentins pour préserver à long terme la valeur de leur épargne. La demande croît en période d'incertitudes et elle diminue par temps calme. C'est dû à la mauvaise expérience de ceux qui ont vu fondre leur épargne en pesos" notamment lors de la crise économique de 2001, explique Victor Beker, directeur du Centre d'études de la nouvelle économie (CENE).

Dans son plan initial de relance de l'économie, Mauricio Macri tablait sur un afflux d'investissements étrangers dans les infrastructures, l'énergie, qui aurait alimenté la croissance et créé des emplois. L'attentisme des sociétés étrangères, prudentes, a prévalu et la fragile économie argentine s'est trouvée exposée aux turbulences locales et internationales.

La CGT, la principale centrale syndicale du pays, a appelé à une grève nationale de 24 heures le 25 septembre.

afp/rp

(AWP / 30.08.2018 21h50)
 
 
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