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un grain de sable pour secouer la poussière...

Pouvoir-opposition : Vers un dialogue… inclusif ou sélectif?

Jeudi 18 Juillet 2019 - 16:39

Depuis que le Conseil constitutionnel a validé les résultats de la présidentielle du 22 Juin, donnant victoire au candidat Mohamed Ould Ghazwani, le dialogue est revenu en première ligne. Les signes en sont palpables… même si il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.
 

Tout en rejetant les résultats du scrutin, les candidats de l’opposition, soutenus par quatorze autres leaders politiques, ont en effet exprimé, au cours d’une conférence de presse, leur disponibilité à dialoguer avec le pouvoir, pour solder la crise post-électorale. Ils semblent avoir pris la mesure du danger qui menace le pays, après les échauffourées qu’ont  connues Nouakchott et certaines villes de l’intérieur du pays. Aussi claire soit la détermination du gouvernement à réprimer les manifestants, sortis pour dénoncer ce qu’ils considèrent, à l’instar d’ailleurs des candidats malheureux, comme un holdup électoral.

Recours, donc, à l’artillerie lourde : police, Garde, gendarmerie et Bérets rouges, puissamment armés et déployés dans les  quartiers réputés favorables à l’opposition ; avec mission d’arrêter partout les manifestants, notamment à Arafat, Riyad, Sebkha et  El Mina ; usant de lacrymogènes, matraques, coups de poings et de pieds ; allant jusqu’à même saccager le siège de campagne du candidat de la Coalition Vivre Ensemble (CVE), Kane Hamidou Baba ; mettre sous scellés celles des autres candidats de l’opposition ;  procéder à des arrestations, jusque dans le milieu des ressortissants Ouest-africains.
 

Les candidats de l’opposition ont renoncé à la marche de protestation qu’ils projetaient d’organiser, le jeudi 27 Juin.Une sage décision pour ne pas donner prétexte, au pouvoir,  de réprimer dans le sang leurs militants et sympathisants. Kane Hamidou Baba expliquera, lors d’un point de presse organisé, le vendredi 12 Juillet, que « le pouvoir cherchait à monter les Mauritaniens les uns contre les autres, pour détourner l’opinion de son holdup électoral. Il était prêt à plonger le pays dans la guerre civile mais,  heureusement, les Mauritaniens n’ont pas suivi ».
 

C’est dans cette atmosphère encore lourde d’incertitudes que, pour répondre à  l’opposition et, probablement, d’autres raisons inavouées,  le porte-parole du gouvernement, également président du comité de suivi de la  moribonde UPR, rencontre Biram Dah Abeid, arrivé second de la présidentielle. Il explique, à la presse, qu’il répond ainsi à l’invitation de celui-ci et compte discuter, avec lui l’offre de dialogue dont il est porteur. Et Biram d’indiquer qu’un mémorandum sera préparé  et soumis à la partie adverse.
 

Jusqu’ici soudés, les quatre candidats ont-ils une perception suffisamment commune du contenu à mettre dans ledit dialogue ? Le premier à apporter réplique aura été Kane Hamidou Baba déclarant, au-delà de son accord de principe, que la CVE ne voit pas encore réunies les  conditions d’un dialogue crédible et inclusif : « Nous ne pouvons pas nous engager sans garantie de succès. Si le pouvoir veut engager un dialogue avec l’opposition, il faut qu’il fasse un geste de décrispation ». En d’autres termes, libérer les manifestants arrêtés, détenus illégalement ou  condamnés, et lever un état de siège qui ne dit pas son nom.
 

Pour leur part, les candidats Ould Maouloud et Ould Boubacar tardent à réagir à « l’air du dialogue » et à la rencontre entre le leader d’IRA avec la délégation du pouvoir. Une chose est, semble-t-il, sûre : celui-ci cherche à briser l’unité  de l’opposition, en sautant sur son offre. La réaction de la CVE et le mutisme  des autres candidats laissent  planer le doute. Biram Dah a devancé tout le monde mais saura-t-il convaincre les treize partis de l’opposition ayant soutenu les quatre candidats à le suivre dans sa démarche ? Sinon, ira-t-il seul à la pêche ? Pour certains analystes, Ould Abel Aziz, encore président pour deux semaines, cherche à éviter tout rapprochement entre  ceux qui se considèrent comme les marginalisés de la République, à savoir les Négro-africains  et les Haratines, en tendant une perche à Biram. Député de Sawab, le leader d’IRA serait-il enfin dompté? Et, côté pouvoir, quelle attitude le nouveau Président va-t-il adopter, face à cette offre de l’opposition ?
 

DL

source lecalame

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