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Mauritanie : vers l’irrigation du désert, étude de cas de la région de l’Inchiri

Mercredi 31 Août 2022 - 00:39

Malgré sa stabilité politique et sécuritaire, dans une région en proie au terrorisme, le désert mauritanien offre des conditions de vie très dures à ses habitants. L’État et le privé s’associent pour l’irriguer : étude de cas de la région de l’Inchiri

Par Anas Ben Sliman, journaliste de terrain

Les projets des autorités pour y développer des infrastructures sanitaires s’y ensablent irrémédiablement. Face à l’immensité du désert, l’État se repose sur des entreprises privées pour y assurer le développement d’infrastructures indispensables.


Le climat rend difficile l’accès à l’eau 

Les défis que représente le Sahel rendent les populations de plus en plus vulnérables au climat chaud et aride. Les pouvoirs publics se préoccupent de la situation, mais ils ne peuvent bien souvent pas supporter à eux seuls la charge d’une telle aide.

Inchiri

Quelque part dans l’Inchiri, un chamelier devant quelques rares points d’eau de la région

Le climat mauritanien n’est pas des plus cléments. Si le long de la Vallée du fleuve Sénégal, au sud, l’on cultive le riz en saison pluvieuse et les cultures maraîchères ainsi que le sorgho et le maïs en saison sèche, le reste du pays est majoritairement désertique. Ce sont ces conditions particulières qui ont façonné au cours des siècles le mode de vie des Mauritaniens : une terre de nomades.

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À la frontière du plateau de l’Adrar et du Sahara, la région désertique de l’Inchiri constitue un environnement rude pour les communautés qui y vivent. Si beaucoup exploitent les minerais de fer, de cuivre et d’or, la répétition des épisodes de sécheresse au fil des décennies a contribué à l’exode d’une partie de la population, exode qui s’est accentué dans les années 1970. Ne comptant plus que 20.000 habitants, la région la moins peuplée du pays ne comprend que deux communes : Akjoujt et Benichab. Le reste des habitants vivent dans des hameaux isolés où l’élevage est une activité très importante.

Des efforts insuffisants de l’Etat

Le climat difficile auquel font face les Mauritaniens oblige les autorités à faire un effort particulier pour fournir de l’eau aux populations. Malheureusement, les faibles moyens dont dispose l’Etat l’obligent à se faire assister par des acteurs internationaux.

Kinross

Des bâches pour contenir de l’eau offertes par Kinross, maison mère de Tasiast, société aurifère

Dans le cadre du Programme prioritaire élargi, les pouvoirs publics mènent depuis deux ans  divers projets visant à créer des emplois, augmenter le pouvoir d’achat et apporter les services de base aux populations. Parmi ces actions, on compte la fourniture d’eau potable aux nomades  vulnérables ou isolés.  

Au mois de juin, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a lancé un programme d’alimentation en eau potable dans plusieurs villes du pays. L’initiative d’un montant de 55 millions de dollars doit permettre la pose de 85 km de canalisations, de trois réservoirs ainsi que d’une station de pompage qui distribuera l’eau à partir du lac Dhar. Ce projet financé par le Fonds arabe pour le développement économique et social montre que l’Etat mauritanien seul, ne parvient pas à faire face au défi de l’eau.

D’autres initiatives publiques et internationales concourent à l’approvisionnement en eau des populations. L’Agence Française de Développement  (AFD), par exemple, a mis en place un projet pour améliorer l’accès à l’eau potable et à des équipements sanitaires dans trois régions du sud du pays : le Gorgol, l’Assaba et le Brakna. Grâce à ce projet d’un montant de 27 millions d’euros – en partenariat avec l’Union européenne, la Banque Interaméricaine de Développement et le FADES – 85% de la population de ces régions ont désormais accès à une eau de qualité, contre seulement 22% en 2012. 

Le nécessaire soutien du secteur privé

Les initiatives gouvernementales pour améliorer l’accès des populations à l’eau sont à saluer. Néanmoins, l’isolement géographique de certaines communautés rend la distribution du précieux liquide de la part des autorités locales difficilement réalisable. C’est là qu’interviennent les acteurs du secteur privé.

Si les différentes compagnies qui opèrent loin des centres urbains ne sont pas établies pour des activités humanitaires, leurs activités permettent toutefois de créer des emplois et de participer au développement des régions voisines.

Dans la région de l’Inchiri, la société canadienne Kinross exploite, par l’intermédiaire de sa filiale mauritanienne TMLSA, une mine d’or depuis plus d’une décennie. Elle emploie plusieurs milliers de Mauritaniens directement et indirectement, ce qui lui confère le statut de premier employeur privé du pays. À proximité de son site minier de Tasiast, où elle est établie, TMLSA a réussi, au fil des années,  à nouer des liens particuliers avec la population et les autorités locales pour jouer un rôle moteur dans le  développement économique, social et sanitaire de la région. 

Le défi de l’eau, dont nous sommes les témoins privilégiés, est pris à bras-le-corps par l’entreprise minière (Tasiast) et les responsables locaux qui se sont alliés pour distribuer

16 300 m3 d’eau potable chaque année dans différents points de livraisons répartis sur les communes de Mhaijratt, Chami, Tmeimichatt, Benichab et Boulenoir. Depuis juillet 2022, le volume d’eau distribué annuellement a même pu être augmenté pour atteindre 17 800 m3.

Cette aide est la bienvenue pour les populations locales. Surtout au regard du coût faramineux de cette initiative (plus de 196 000 dollars en 2021).

La distribution d’eau n’est pas le seul apport de Tasiast. Elle a aussi entrepris de fournir 41 bâches à eau (qui permettent de stocker les eaux de pluies) et de réaliser d’autres infrastructures de captage et de stockage dans les communes à proximité de sa zone d’opération.

En s’attachant à engager des projets pertinents pour l’amélioration des conditions de vie des communautés locales de l’Inchiri, Kinross la maison-mère de Tasiast) participe au développement de la région. La preuve, s’il en fallait, que les partenariats entre les pouvoirs publics et les acteurs privés sont une des clés pour assurer la prospérité du pays.

 

 

 

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