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un grain de sable pour secouer la poussière...

Décentralisation : Aziz reprend une étude espagnole commandée par Sidioca...

Mercredi 11 Mai 2016 - 20:49

Décentralisation : Aziz reprend une étude espagnole commandée par Sidioca...

A Néma, en écoutant Aziz parler aux troupes rameutées par les partis de la majorité sans qu’on puisse vraiment les distinguer des curieux venus assister au divertissement,  le président avait l’air de parler à des fantômes à propos d’absents à savoir l’opposition dont il savait chaque nez devant son écran à encaisser les coups pas toujours du plus haut niveau.  On aura remarqué comme d’habitude qu’Aziz est  un authentique francophone, il pense en français, de là qu’il doit régulièrement se tourner vers son petit  atrouss pour qu’il lui souffle la traduction en hassania d’un mot ou d’une expression. C’est touchant. On se demande seulement quelle compagnie le rend aussi agressif envers l’héritage historique colonial dont le moindre est l’existence de l’état mauritanien.

 

Pourquoi toujours s’en prendre à la France devant les foules alors que la France lui a sauvé la vie et que sans l’armée française, il serait moins fier de sa réussite personnelle en matière de sécurité dans la région ? Ajib. A l’entendre, on voit les séquelles de fréquentations douteuses à savoir celles de petits intellectuels de salon, borgnes au royaume des aveugles, révisionnistes, haineux envers à la France pour des raisons personnelles et voulant entraîner avec eux les générations futures au profit d’une mystification identitaire.

 

Que Dieu le protège de cette secte complexée véritable ennemie de la Mauritanie plurielle, métisse de terre et de sang. Secte qui répugne à inscrire dans la constitution la langue de la majorité à savoir le hassania.

 

Aziz a dit ce qu’il voulait, il n’y avait personne pour le contredire.  Il a traité de menteurs ceux qui parlent d’esclavage en Mauritanie, les USA apprécieront quand on connaît le terrifiant rapport américain sur la situation en Mauritanie…

 

 


Ensuite il a dit des choses et d’autres. Le texte le plus metrakeuz sur cette intervention est celui du journaliste Mohamed Ould Sneiba « Discours de Néma : Quand Aziz se prend trop au sérieux, vous devez avoir peur »

 

 

Ainsi Aziz a annoncé qu’il allait en finir avec le sénat et créer des conseils régionaux. C’est une excellente idée mais pour créer des conseils régionaux fallait-il en finir avec le Sénat ? Certainement pas. Les années qui suivent nous apprendront qu’il s’agissait là de la première transformation des institutions de la république. Vers quoi ? Vers ce que voudra Aziz car rien ne peut l’empêcher de faire ce qu’il veut puisqu’il a la majorité à l’assemblée, tient l’administration, l’armée et les média de masse.

 

Le pouvoir militaire civilisé vient de réaliser que la constitution et les lois sont des mots, il suffit de faire avaliser n'importe quoi par le peuple et tout reste légal et démocratique. Pourquoi se gêner ? Je trouve d’ailleurs qu’Aziz en a mis du temps pour jouer au légo constitutionnel en toute légalité.  Si le système peut faire élire qui il veut, comment peut-il ne pas faire voter ce qu’il veut ? ll suffit de trouver des arguments qu’on assène à une tribune sans contradicteur avec les mots magiques «  c’est vous le peuple qui décidez » assénés à un peuple expert en droit constitutionnel et en vision au-delà de l’intestin grêle.

 

L’histoire retiendra certainement que c’est Aziz qui a lancé cette idée vers une décentralisation plus aboutie qui mettra les régions au cœur du dispositif. Hélas, il devra composer avec le « père » de la chose à savoir Sidioca avec l’appui cérébral de l’institut espagnol même si des chercheurs mauritaniens ont été associés à la chose.

 


Ainsi, puisqu’il faut le rappeler, avant le coup d’état de 2008 qui emporta au passage le ministère de la décentralisation, rattaché ensuite au ministère de l’intérieur, le sujet à propos de la place des régions dans le dispositif figurait dans le «  livre blanc de la décentralisation », commandé par le ministère de décentralisation de Sidioca, financé par les espagnols  avec comme maître d’oeuvre Instituto de Estudios Jurídicos Internacionales ( IEJI )

 

 

 


« Né à l’initiative du MDAT et soutenu tout au long de son élaboration par le MIDEC, le livre blanc de la décentralisation propose un état des lieux de la décentralisation en Mauritanie afin d’analyser les points forts et les points faibles du processus et de faire des propositions pour la politique générale des années à venir.

Dans un regard rétrospectif, il analyse les expériences en matière d’administration locale depuis l’indépendance, montrant comment le pays a cherché sa propre voie, tiraillé entre les tendances mimétiques héritées de l’époque coloniale et les pesanteurs de l’organisation traditionnelle. Qu’elle s’inscrive dans le cadre régional ou communal, l’administration locale, conçue essentiellement comme une administration de commandement, et reposant sur une logique en partie sécuritaire, était alors fortement centralisée. Néanmoins, malgré les limites des choix opérés, chaque expérience a apporté une pierre à l’édifice du schéma administratif actuel.

 

L’administration locale aujourd’hui s’inscrit dans le cadre de circonscriptions territoriales, qui sont conçues comme des divisions administratives de l’Etat central, mais dont certaines sont devenues, ou vont devenir le cadre d’une collectivité territoriale autonome: la commune et bientôt, la région. "

 

https://legislationmauritanienne.files.wordpress.com/2011/05/livre-blanc.pdf

 

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Le pavé de 213 pages rappelle que le processus de décentralisation date de 1960, tout le monde y a mis la patte depuis, ne manquait plus que donner une place aux régions, ce que propose P176  le livre blanc à la «  proposition 5.2 : introduire la régionalisation »


«  Tout concourt à montrer aujourd’hui que la véritable entité territoriale, celle dans laquelle se reconnaissent les populations, en termes d’appartenance, c’est la région. Il apparaît alors judicieux de prolonger la décentralisation jusqu’à cet échelon administratif, et de faire de la région, une collectivité territoriale, jouissant de la personnalité juridique et disposant, à ce titre, d’un domaine de compétences propres. Ce projet est inscrit dans le nouveau code des collectivités territoriales.

 

La question est depuis longtemps en débat, mais elle prend aujourd’hui, une connotation particulière. La régionalisation en effet est aujourd’hui pensée dans un processus global, comme support de la communalisation. En 1986, la communalisation avait entraîné la suppression de la région comme collectivité territoriale décentralisée. On envisage aujourd’hui de créer deux échelons d’administration décentralisée, la région et la commune. La régionalisation, telle qu’elle est conçue aujourd’hui, ne se fera pas au détriment des communes. Ce qui atteste des progrès de la décentralisation et de la légitimité établie des  communes décentralisées.

 

 Les avantages de la décentralisation régionale

 

 On a pu relever que la réalité régionale était mieux enracinée dans les mœurs des populations mauritaniennes et que la région, en dépit de la diversité de son peuplement est aujourd’hui une entité territoriale cohérente. Elle peut constituer une base solide pour la décentralisation, comme espace politique autant que comme espace administratif. De plus, la région est un échelon satisfaisant pour concentrer les moyens financiers et les ressources humaines, dont on a montré qu’ils étaient indispensables à la décentralisation.

 

En effet, le nombre restreint des régions permet d’espérer des recrutements de qualité, tant au niveau des élus qu’au niveau du personnel régional. Les mécanismes de la décentralisation, mieux compris à ce niveau, seront davantage mis en œuvre. L’administration régionale servira d’exemple à suivre pour les communes. Mais surtout, la décentralisation au niveau régional risque fort d’insuffler un nouveau dynamisme dans le pays. D’une part, parce qu’elle sera le signe d’un engagement fort de l’Etat en matière de décentralisation. D’autre part, parce qu’elle imprimera une harmonie institutionnelle, faisant de l’administration décentralisée, non plus l’exception, mais la règle. Mais surtout, jouissant de la personnalité morale, d’organes et de compétences propres, les wilayas disposeront des moyens juridiques nécessaires pour promouvoir le développement, en passant des contrats de partenariat et en contractant les prêts nécessaires à ce développement. Enfin, la région semble être le cadre idéal pour regrouper les ressources et initier une intercommunalité institutionnalisée. Etc..» 

 

 

 

 
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