. chezvlane



un grain de sable pour secouer la poussière...

Quelques remarques à propos de ce tract terrible contre notre ministre de l’intérieur...

Mardi 5 Mai 2020 - 20:37

Ahmed Salem Ould Merzoug, ministre de l'intérieur
Ahmed Salem Ould Merzoug, ministre de l'intérieur

Il y a 2 jours un ami me prie de bien vouloir publier un article qui défend Ould Merzoug injustement attaqué par un tract. Je lui demande si cela a déjà été publié quelque part et j’ajoute que je publie tout ce qui est écrit en français tant que c’est signé et sans diffamation. Il me répond que c’est une exclusivité pour Chezvlane. Quand je l’ai reçu, j’ai compris que ce genre de texte a dû être envoyé ailleurs. Un saut sur Rimnow m’apprend qu’il est publié au Calame. Je l’ai alors publié avec cette source.

 

cliquez ici

 

Ayant remarqué qu’un autre site, le financialafrik avait aussi publié un article pour défendre Merzoug, article que j’ai publié,

 

cliquez ici

 

je me suis dit que le tract devait être terrible pour déclencher pareille riposte pour mettre un peu de pommade sur les blessures mais je n’ai pas cherché à le lire ; cela dit je me suis étonné que mes amis activistes pour la cause des hratine ne m’aient pas envoyé le tract et quand je leur ai réclamé, tous m’ont répondu avec la même formule «  je ne l’ai plus, j’ai fait de la place dans la mémoire pleine de mon téléphone ».

 

Ma curiosité est née au moment où un ami  en Europe, fin connaisseur de notre scène politique mauritanienne et ayant quelques connexions avec les renseignements militaires m’a dit que lui non plus ne l’avait pas. J’ai alors demandé à un ami activiste de bonne foi, libre, sans patron, sans clan, sans réseau qui m’a sur-le-champ envoyé le fameux le tract.

 

Quand je l’ai lu, j’ai tout de suite compris l’impact de cette petite bombe que ne peuvent goûter que les gens du sérail car ce n’est pas destiné au grand public mais je n’ai pas compris pourquoi personne avant Chezvlane, du moins dans le monde francophone, n’avait jusque-là osé publier le texte qui ne contient ni injure ni diffamation manifeste. J’ai compris qu’étant métis ( maure blanc - noir ) les deux camps sectaires n’aient pas voulu me transmettre le texte. Les uns sachant que je défends la cause des hratine quand elle est défendable sans vouloir la laisser à Birame Bah Abeid et la redoutable nébuleuse où il gravite, les autres estimant que je serais capable de pas tenir compte de cette attaque contre un cadre hartani ayant un CV respectable dont certains néo-féodaux veulent la peau.

 

J’ai aussi compris pourquoi le célèbre site de Bouamatou ne l’a pas publié en Mauritanie car Bouamatou est en paix avec le pouvoir mais pourquoi les autres se sont bien gardés de le faire ? Est-ce parce qu’ils ne l’ont pas reçu ? Peut-être… Maintenant que nous le publions, ils n’ont plus de raison de le cacher sachant que de toute façon il circule et le mal est fait ou presque…

 

Je le propose aujourd’hui à la lecture publique pour m’insurger contre ce genre de procédé qui avait cours sous les régimes autoritaires sanguinaires quand il n’y avait pas d’internet et circulaient alors ce qu’on appelle «  tracts ». D’ailleurs tous ceux qui ont utilisé le terme pour ce papier ont grandi sous les terribles régimes passés or les temps ont changé. La liberté d'expression est devenue totale et même parfois abusive. Rien aujourd’hui ne peut justifier qu’un opposant refuse de signer un papier pareil s’il estime que tout ce qu’il contient est vrai car il ne s’agit que d’accusations sur des faits présumés parfaitement vérifiables ou réfutables.

 

Avant de laisser ceux qui n’ont pas lu lire la chose, je tiens à faire quelques remarques. Le texte  est terrible justement parce que les propos sont modérés, pas d’insultes, pas de propos too much, cela ressemble à un chapelet de faits accablants qui n’ont pas besoin de plus pour être parfaitement assassins.


Ahmed Ould Soueid Ahmed
Ahmed Ould Soueid Ahmed

Tout l’humour est dans le titre qui n’annonce pas le poison «  Ahmed Salem Ould Merzoug, l’irrésistible ascension d’un homme très chanceux »

 

Ceux qui parlent parfaitement français comprendront facilement qu’il s’agit d’un texte écrit par un de ces innocents racistes qui s’ignorent, intellectuels certainement de bonne compagnie, reliques des temps premiers, dont l’esprit, victime des séquelles de leur milieu, incarne les stigmates de la mentalité féodale où ils sont tombés petits comme Obélix et pour lesquels un hartani, un négro-mauritanien ou un étranger ne doit jamais avoir trop de pouvoir ou d’argent en Mauritanie sinon il faut le briser ».

Voilà la seule leçon de ce texte.

 

Le titre aurait pu être «  L’irrésistible ascension d’un hartani très chanceux » et pour le prouver, il suffit de lire le texte jusqu’à la chute où l’auteur, pour brouiller les pistes, estime que quitte à mettre un hartani ministre des affaires étrangères comme l'espère Merzoug, ce qui serait une bonne chose alors que l’auteur annonce l’intention malsaine d’un tel choix fonction de l'épiderme, il faudrait nommer un hartani diplômé, compétent, consensuel, sans casseroles. Jusque-à ça va mais l’auteur se démasque en disant que la perle rare existe, il suffit de chercher, ce qui signifie qu’il n’y en a pas tant…

 

On pourrait ainsi déconstruire ce texte de serpent approximatif mais il faudrait écrire toute une tartine. Nous laissons cela aux avocats et amis du ministre. Il faut juste noter la perfidie d’impliquer un certain « Ahmed Ould Zein » comme si l’auteur faisait partie de son clan. Encore un feu de diversion.

 

Les accusations contre Merzoug sont-elles vraies ou fausses ? Je n’en sais rien mais si tout son crime fut d’avoir quitté Ahmed Ould Daddah pour le régime militaire de Taya à Ghazouani, l’auteur ne va pas se faire des amis au coeur du pouvoir car ils sont légion au plus haut sommet de l’Etat.

 

Si le crime de Merzoug fut d’avoir demandé un service au redoutable Louleid, demi-dieu de la Tayie à l’époque, les anciens du PRDS qui font quasiment tout le pouvoir d’aujourd’hui, risquent de défendre Merzoug contre l’auteur encagoulé.

 

Si le crime économique de Merzoug fut 6 millions d’euros de l’OMVS et que le classement sans suite de la justice sénégalaise est à mettre sur le compte d’un cadeau fait à Aziz, alors que l’auteur nous explique pourquoi il n’a rien trouvé contre Merzoug à la suite de tous les postes comme ministre à des postes juteux que l’auteur énumère …

 

Les observateurs de la scène économique qui voient tous les coups bas qu’on fait aux hratine et aux négro-mauritaniens, dès qu’ils commencent à prospérer et même à se servir comme bien autres intouchables, doivent se dire «  Esseul sah7a » dommage que ce ne soient que 6 millions présumés car dans ce monde personne ne mange seul surtout pas un hartani à ce niveau de responsabilités.

 

Le coup le plus terrible du texte c’est l’affaire de l’hôpital offert pas les Emirats Arabes Unis. Vrai ou faux, il s’agit de transmettre aux chancelleries concernées que le responsable présumé serait Merzoug et donc détruire ses chances d’être ministre des affaires étrangères vu la coopération économique étroite entre nos pays. Le but étant de rappeler à Ghazouani que Merzoug ne rapporterait pas un sou…

 

Pour le reste, je m’étonne qu’on se batte pour être ministre des affaires étrangères chez nous depuis qu’Aziz, pour faire un cadeau «  aux forgerons » alors que son régime s’acharnait sur Mkheitir, a nommé une professeur d’anglais sans rien dans le CV qui puisse motiver un tel choix comme il l’a fait pour mille autres postes pour détruire le prestige de notre haute administration et garder le contrôle sur tout. Il ne faut pas s’étonner qu’un Ex PM d’Aziz avoue qu’il faisait le beau mais n’avait aucun pouvoir.

 

Que les néo-féodaux qui en veulent à Ghazouani d’avoir nommé ministre de l’intérieur un hartani se rassurent au vu des dernières nominations où sur 156 on ne trouve que 4 ou 5 hratine que je préfère ne pas nommer pour ne pas les indexer. Cela dit, il paraît qu’ils sortent tous de l’ENA donc peut-être qu’on ne trouve plus de hratine compétents pour ces postes sortant de l’ENA car ils n’y entreraient même pas ; de même que les jeunes brillants sortant de notre école polytechnique ne sont pas responsables de leur naissance et de la puissance sociale de leurs parents.

Ahmed Ould Soueid Ahmed




chezvlane

chroniques VLN | énergie / mines | politique | économie | affaires religieuses | interview | société | communiqué | droits de l'homme | actu opposition | diplomatie / coopération | ONG / associations | justice | sécurité | international | sports | Syndicats / Patronat | tribune | faits divers | vidéos | rumeurs | ndlr | culture / tourisme | pêche | Santé | medias | conseil des ministres | actu.g



Rubriques à la une

Recherche