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Présidentielle 2019- Derniers meetings et conférence de presse de Ould Abdelaziz

Jeudi 20 Juin 2019 - 18:50

Présidentielle 2019- Derniers meetings et conférence de presse de Ould Abdelaziz

Après des meetings politiques, en apothéose de leurs campagnes électorales, les différents candidats à la présidentielle, ont rappliqué à Nouakchott pour un dernier show avant le silence électoral prévu vendredi.
Jamais élection en Mauritanie n'a semblé si ouverte que celle de la présidentielle 2019. C'est vrai que l'enjeu est de taille pour le pays mais aussi pour une population qui prend de plus en plus conscience de l'intérêt de son vote dans le choix qui devrait déterminer le successeur du président sortant, Mohamed Ould Abdelaziz, constitutionnellement interdit de briguer un troisième mandat.

Merci au CMJD et aux rédacteurs de la Constitution!

La situation générale en Mauritanie a toujours été dévoyée par des systèmes politiques qui ne prévoyaient aucune alternance pacifique possible par les urnes. Il a fallu attendre le coup d'Etat de 2005 pour que survienne enfin une volonté réelle, issue d'un consensus politique, entre le Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD) et la classe politique de l'époque pour jeter les bases d'un nouvel ordre démocratique dans le pays et ainsi tourner la page de l'instabilité liée à la soif du pouvoir.
Même si le président sortant est déjà responsable de ce que feu le président Ely Ould Mohamed Vall appelait "une rébellion personnelle » qui a conduit à la parenthèse du putsch de 2008 destituant le premier président démocratiquement élu, il est aussi accusé d'avoir tenté de déverrouiller la Constitution pour se permettre un troisième mandat. Il est bien clair cependant qu'en plus du rejet de cette aventure -y compris dans le propre camp du président- une telle éventualité aurait pu faire revenir le pays en arrière. Malgré l'affaire du Sénat, en 2017, les juristes constitutionnalistes dans notre pays semblent bien être parvenus à cadenasser le nouveau texte fondamental pour décourager sa violation et inscrire définitivement l’alternance dans la tradition électorale dans le pays.
C'est grâce à cette volonté sincère de veiller à fermer la porte à un tel aventurisme que samedi 22 juin 2019 - si la transparence est de mise- la première passation pacifique du pouvoir se fera sans ambages dans notre pays.
L'enjeu est donc énorme comme les risques d'une déviation le sont aussi. Mais ce qui semble acquis pour de bon est que les mauritaniens, la jeunesse surtout, a franchi le seuil de l'indifférence à ce qui se passe dans son pays. Sa forte mobilisation, à l'image de ce qui s'est passé en Algérie ou encore au Soudan, pour assurer une élection où seules les urnes départagent les candidats reste, sans doute, le plus grand acquis dans un pays miné par la pauvreté, la mauvaise gouvernance et le chômage. 
Et c'est bien pour cela que tous les candidats se sont déployés dans les treize régions pour expliquer leurs programmes. Si le candidat du pouvoir, Mohamed Ghazouani a été lourdement pénalisé par le bilan du président sortant et l’organisation cacophonique de sa campagne, malgré des promesses alléchantes, les autres candidats avaient le rôle plus facile avec tous les griefs développés contre la situation économique et sociale du pays, la paupérisation des couches défavorisées, le chôame endémique parmi les jeunes et les risques de partialité de la Ceni… 

La fin d'une époque!

Fait rare pour être souligné aucun candidat y compris celui du pouvoir ne semble se détacher par rapport aux autres candidats après quatorze jours de campagne électorale. Signe avant-coureur, sans présager des résultats officiels, de la forte probabilité d'un second tour le 6 juillet 2019. 

En effet, excepté le jeune candidat Ould Wavi, les 5 autres candidats restent logés à la même enseigne même si l'on constate que le candidat du pouvoir a été paradoxalement profondément sclérosé par le soutien du président sortant. Or, un second tour s'il n'oppose pas deux candidats hors du sérail du régime, signifierait tout aussi un tournant favorable pour le candidat parmi eux resté en course contre celui du régime du fait du report possible des voix.

Mais on n’en est pas encore là et la conférence de presse prévue ce soir (jeudi) par le président sortant, Mohamed Ould Abdelaziz, après un accueil à Rosso, à l'image de celui d'Atar, où les populations lui ont manifesté leur hostilité après dix ans de règne, devrait renseigner sur l'état d'esprit d'un régime aux abois. Ould Abdelaziz, accusé de vouloir se retirer aux Emirats Arabes Unis, devrait encore tenté de colmater le cordon ombilical avec des forces centrifuges qui fonctionnent comme des girouettes à tout changement politique en montant au créneau et en promettant de rester au pays pour continuer de faire demain encore la pluie et le beau temps.

Quoiqu'il en soit et malgré les rondes motorisées des forces de l'ordre perceptibles dans la capitale, interprétées comme des manœuvres d'intimidation du régime, aucun candidat n’est assuré en ces moments d’être investi le 2 août 2019. Il faut juste espérer qu’aucun cas de tripatouillage des résultats ne se fera pour éviter des manifestations de contestations suivies très certainement par une vague d'arrestations dans les camps des adversaires du régime en place. 

Espérons ne pas en venir encore à ce piège et à cette spirale d’instabilité. Les seuls gages resteront l'assurance de conditions d'une élection crédible pour que le candidat choisi par les mauritaniens préside à leur destinée le 22 juin ou le 6 juillet 2019. 
JD

mauriweb.info
 

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