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un grain de sable pour secouer la poussière...

Il s’appelait « El Mokhnez »

Jeudi 5 Septembre 2019 - 17:19

Mars 2002, quartier Gazra Bouhdida de Nouakchott, vers trois heures du matin, une femme dort avec ses deux  fillettes. Son mari transporteur est absent. Soudain, la porte de la chambre de fortune est brutalement forcée. La femme se réveille et crie. Un  colosse de teint foncé lui place aussitôt une machette au cou. « Silence ! Passe-moi vite tout ce que vous avez sinon, couic !, je t’égorge ! ». Elle s’empresse de lui passer le petit montant qu’elle gardait dans son sac et ses deux téléphones. Cela lui suffira-t-il ? Las, il entend aussi assouvir ses instincts et s’apprête à violer une des jeunes filles endormies. « Pars maintenant », menace la maman, « où j’appelle mon homme! – Lequel ? », rigole-t-il, en s’approchant d’une des gamines, « je sais très bien que ton mari est hors de Nouakchott. – Alors, prends-moi et laisse ma fille ! », se résout à proposer la pauvre femme. Le scélérat repartira un quart d’heure plus tard, laissant la mère odieusement abusée, triste d’avoir été forcée mais heureuse d’avoir sauvé ses petites…
 

Cette scène se répètera plusieurs fois dans la ville, sans que la police y puisse mettre fin, en dépit des plaintes. Un portrait-robot est dressé par les enquêteurs. La terreur s’installe. Et la légende avec. Déclaré « Ennemi public N°1 », le rascal se voit affublé d’un sobriquet : El Mohnez (puant, en hassaniya) ; suite aux déclarations des victimes. Sommés par l’opinion qui vit une véritable psychose, les pouvoirs publics ordonnent alors la mobilisation générale à la direction de la police. Ce sera un des facteurs de la fondation de la fameuse Brigade de Recherche du Banditisme : BRB.
 

Feu 700, Didi et leur équipe se lancent aux trousses du violeur-braqueur. Après les rafles classiques des récidivistes en liberté, ils tiennent enfin une piste qui les conduit tout droit à « El Mohnez ». Interrogé, il reconnaît la plupart des faits, bientôt confirmés par les confrontations avec ses victimes, dont la dame citée tantôt, qui toutes le reconnaissent car il agissait toujours à visage découvert, lors de ses méfaits. Déféré et écroué à la prison civile de Nouakchott, alors l’unique bagne de la ville, « El Mokhnez » n’y fut connu que sous son pseudo et ne parvint jamais à y être déclaré chef de cour, un poste très convoité des prisonniers.
 

Il fut de la grande évasion de 2008. Plusieurs caïds, dont des tueurs étrangers, réussissaient à creuser un tunnel qui les conduisit hors de la maison d’arrêt. Mais, dénoncés par un de leurs complices qui se déroba, apeuré, à l’instant de partir, tous furent vite rattrapés, à part le fameux tueur du marchand mauritanien de devises, le sénégalais Amadou Issa Sy, qui prit le large. « El Mokhnez » fut repris alors qu’il somnolait à Dar Naïm. La plupart des autres à El Mina et Sebkha. Le fameux Kabila le fut chez une de ses copines dont il avait chassé le mari. C’est ce dernier, jaloux, qui le dénonça, prenant un grand risque. Trois récidivistes sénégalais furent stoppés, au PK 64 de l’axe Nouakchott-Boutilimitt, par l’accident du véhicule qu’ils avaient volé et la gendarmerie les ramena dare-dare à Nouakchott.

« El Mokhnez » fut ensuite transféré au tout nouveau bagne de Dar Naïm, dans la cour 3 dirigée par le fameux Abdallahi « Lekhal ». Il s’y bagarra à plusieurs reprises, ce qui lui valut plusieurs sanctions dont des mises au placard. Il aurait même pu perdre la vie, suite à l’une de ces rixes où il s’en était pris à Ahmed « Kalach », le fameux tueur. Etranglé, celui-ci avait dégainé un poignard et il avait fallu toute l’énergie réunie de plusieurs de leurs codétenus pour empêcher une tragique fin.
 

Mis au courant que trente minutes après le début de la grande évasion de 2013, « El Mokhnez »  tenta en vain de s’adjoindre, avec un groupe qui se retrouva renfermé, dans une cour, par un détenu bienfaisant. Et le train-train carcéral journalier reprit, pour « le puant » condamné à 25 ans de prison ; jusqu’à son ultime maladie, unique occasion, pour lui, de passer quelque temps au CHN, sous bonne garde. Revenu en taule, il y mourut un peu plus tard et fut inhumé, sans formalités, dans un cimetière au Nord de Nouakchott.

Rappelons qu’un autre sadique malfaiteur passa quelques mois de l’année 2007 à violer et braquer, lui aussi, dans la capitale mauritanienne. Identifié grâce au témoignage de l’une de ses victimes, ce chauffeur de véhicule particulier ressortissant de Kaédi fut arrêté et écroué.
 

Mosy

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