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un grain de sable pour secouer la poussière...

La CEDEAO répond aux derniers délires du ministre mauritanien des affaires étrangères...

Mardi 24 Janvier 2017 - 17:28

La CEDEAO répond aux derniers délires du ministre mauritanien des affaires étrangères...

La sortie de crise en Gambie tourne bien partout sauf pour la Mauritanie qui est de plus en plus diplomatiquement déplacée et ridicule à moins de tenir en Gambie de quoi faire dégénérer la sécurité sinon comment comprendre l'immature dernière sortie  à Barcelone de Isselkou Ould Ahmed Izidbih hier 23 janvier où, à propos du dénouement d'une crise dans une affaire qui ne concerne que la CEDEAO, l'UA et l'ONU, il a déclaré ceci :

 

"  Il importe de signaler que toute remise en cause des termes de l'accord conclu, en Gambie, sous l'égide des présidents mauritanien et guinéen, par quelque partie que ce soit, a le potentiel de créer une nouvelle "Somalie", en Afrique occidentale. "

 

http://fr.ami.mr/Depeche-39282.html

 

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C'est affligeant ! Cela signifie qu'il interdit même à l'ONU, à l'UA et à la CEDEAO de décider sans parler du peuple gambien après une commission de réconciliation nationale promise par le nouveau président Barrow.

 

Eh ! bien la CEDEAO n'a pas tardé à réagir aujourd'hui 24 janvier toujours de façon diplomatique : les mots du président de la commission Marcel de Souza disent clairement qu'en matière d’amnistie pour Jammeh, ce n'est pas acquis puisqu'il déclare :


" Parlant des demandes d’amnistie et de garantie formulées par l’ancien président gambien pour lui-même, son entourage et ses partisans, le président de la Commission a indiqué qu’elles seront examinées par les instances de la Cedeao, de l’Union africaine et des Nations unies. "

 

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Quant au nouveau président Gambien, il n'a aucune obligation d'amnistier Jammeh, la CEDEAO " l'appelle à privilégier" , ce qui ne signifie aucune obligation...

 

" S’agissant du nouveau président gambien, Adama Barrow, le président de la Commission l’appelle à privilégier l’unité nationale et la réconciliation de tous les gambiens, le redressement de l’économie, la consolidation de la paix retrouvée et de la démocratie, tout en évitant les règlements de compte et la chasse aux sorcières. "

 

http://www.ecowas.int/le-president-de-la-commission-de-la-cedeao-salue-lissue-pacifique-de-la-crise-post-electorale-en-gambie/?lang=fr

 

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C'est donc bien clair. Aucune résolution de l'ONU ni de l'Union Africaine ni de la CEDEAO n'accorde d'amnistie à Jammeh pour l'instant ni surtout ne le protège désormais contre les recommandations d'une commission de réconciliation nationale gambienne qui aurait d'abord étudié le passif de Jammeh avant de trancher.

 

De quel droit parle la Mauritanie qui n'appartient même pas à la CEDEAO et n'a aucune frontière avec la Gambie au point de promettre des malheurs en Sénégambie comme Poutine parlerait à Obama à propos de la Syrie ? A-t-elle un document signé par quiconque de l'ONU, de la CEDEAO ou de l'Union Africaine ? D'où sort le document que Nouakchott a traduit en arabe pour le passer à la télé aux citoyens mauritaniens ? Et même si ce papier existe, il n'a jamais été ni voté ni signé par aucune autorité citée : est-ce alors à la Mauritanie de décider unilatéralement de la suite à donner à la crise gambienne surtout que la presse de la sous-région  crie désormais partout que la Mauritanie, le Tchad et la Guinée sont complices des pillages de Jammeh pour son exil doré en ayant contribué par avions à ce déménagement jamais vu dans l'histoire d'un tyran encerclé par des armées et poussé dehors par l'ONU, l'Union Africaine et la CEDEAO.

 

La Mauritanie semble persister dans cette voie agaçante tout simplement car elle n'avale pas la perte de son allié contre Dakar et veut imposer ses conditions à la Gambie et à la CEDEAO quant au sort de Jammeh histoire de créer une crise... N'est-ce pas du délire tout simplement car n'ayant rien à perdre vu son tourisme à l'agonie, l'image désastreuse de pays esclavagiste, elle peut créer des tensions avec le Sénégal à l'heure où les deux pays ont en partage du gaz qui devrait être produit pour 2021. Bientôt certains diront que le nouveau port de Ndiago servira aussi de base militaire. De là toutes ces provocations diplomatiques.

 

Pourquoi la Mauritanie s'emporte-t-elle à ce point dans ce dossier en disant qu'elle a réussi diplomatiquement là où tout le monde a échoué alors que la médiation mauritanienne et guinéenne est arrivée après les contributions de bien d'autres et surtout parce que Jammeh allait finir ficelé ou liquidé quand on voit comment les forces gambiennes ont accueilli les troupes sénégalaises. N'est-ce d'ailleurs pas puéril comme comportement ? Nous valons mieux que l'image que nous donnons...

 

Les gambiens en avaient assez de ce tyran et aucun des 40% qui ont voté pour lui n'est allé manifester pour lui. Il faut être sérieux. Aucun peuple surtout dominé par la peur ne tient à son bourreau sauf sous le coup du syndrome de Stockholm. C'est vouloir donner un chèque en blanc à tous les tyrans du coin que de faire de cette sortie de crise une sorte de jurisprudence à l'avenir au nom de la paix...


La CEDEAO répond aux derniers délires du ministre mauritanien des affaires étrangères...
Aziz craint-il pour sa retraite ? Qu'il n'ait rien à craindre, il est le meilleur des militaires qui ont pris le pouvoir en Mauritanie, il est le plus démocrate et le plus respectueux des libertés publiques. Sa seule faiblesse est son manque de courage politique à l'intérieur pour sortir la Mauritanie des archaïsmes qui l'empêchent d'avancer. Au contraire, en politique de cette époque molle, il semble nourrir ces archaïsmes peut-être par ce fatalisme qui gangrène jusqu'à l'esprit des plus éclairés parmi nous qui pensent que notre pays n'est pas gouvernable autrement. Il faut en profiter, gérer le quotidien et tenir le bâton pour éviter le sang. Le reste, inchallah... Aussi si les autres militaires avant lui se pavanent à Nouakchott en toute impunité ou ailleurs, lui ne risque rien en Mauritanie de la part du peuple ou même de l'armée. Il devrait plutôt craindre les redoutables milliardaires qu'il a sur le dos notamment en exil. Contre eux, il vaut mieux ne pas quitter le pouvoir...

Ainsi, dans cette sortie de crise gambienne, au contraire, il faut regretter qu'un tyran ne puisse jamais répondre de ses actes et fuir comme en roi en vidant les caisses. C'est une insulte à la souffrance des peuples. Du baume au coeur des tyrans en exercice...

Ainsi dans cette affaire sénégambienne, désormais plus la Mauritanie s'exprime, plus elle ridiculise les mauritaniens et montre qu'elle avait des intérêts douteux à ne jamais souhaiter la paix et la fraternité entre la Gambie et le Sénégal. Nous agissons dans cette affaire comme si nous perdions une colonie alors que nous n'acceptons pas que quelqu'un ose se mêler de nos affaires internes...

 

Pour combien de temps, les états de la CEDEAO vont-ils encore rester diplomates avec la Mauritanie qui semble chercher à créer une crise ouverte avec le Sénégal ?

 

S'il y a des tensions qui peuvent être meurtrières dans cette affaire ce n'est pas en Gambie mais à nos frontières entre le Sénégal et la Mauritanie. Peut-être pas jusque-là mais la rupture diplomatique est bien possible et que dire de la suite si l'orgueil de chaque peuple s'y mêle... On imagine la suite comme d'habitude, la Mauritanie dira aux pauvres sénégalais de Mauritanie de rentrer chez eux, elle coupera les vivres aux pauvres pêcheurs sénégalais et elle gèlera toute production de gaz pour fatiguer le Sénégal. Les mauritaniens dans le camp adverse dans toute la CEDEAO en paieront le prix. Des chômeurs et des malheureux de plus pour la Mauritanie.

 

Créer des tensions avec nos voisins, les nourrir entre les mauritaniens à base d'histoire de noirs, de blancs et maintenant de hratines, y ajouter la tension religieuse, tout cela est une maladie récente bien de chez nous mais qu'on partage avec les régimes les plus obscurs de la planète.

 

On dirait que ceux qui sont au pouvoir chez nous ont tellement peur de l'avenir pour eux qu'ils communiquent cette peur aux autres. La tranquillité, la coopération sereine et fraternelle avec nos voisins, c'est pour nous une langue étrangère impraticable.


Nous donnons l'impression d'être jaloux de la démocratie sénégalaise, de la tranquillité que vivent ses multiples ethnies, la fraternité des chrétiens et des musulmans, l'hospitalité pour tous, l'image de la Teranga et surtout voir la CEDEAO capable de déplacer une armée pour sauver la démocratie.

 

Il est vrai qu'en Mauritanie depuis quelque temps la hassadité est la chose la mieux partagée tellement nous sommes devenus malheureux. Le bonheur des autres nous rappelle nos propres malheurs. Pour cela il n'y a qu'un remède : balayer devant notre porte. Nous n'avons aucun conseil à donner à personne alors que nous vivons dans la précarité de l'unité nationale la plus absolue.

 

Quelle image ont de nous les étrangers quand ils voient ce qui se passe chez nous où l'actualité n'est faite que du FNDU qui parle de tyran pillard, de négro-mauritaniens qui parlent de racisme d'état, de hratines qui parlent d'esclavage et d'exclusion, de maures qui n'ont que le mot arabe à la bouche, de religieux qui font de la politique comme s'ils étaient saoudiens etc. ect.

 

Nous sommes tous responsables de ce qui nous arrive soit en participant à cette atmosphère soit en ayant démissionné comme dépassés par les événements que nous vivons de plus en plus effrayants pour le vivre-ensemble en Mauritanie malgré nos richesses culturelles et minières.

 

Il faut pourtant que cela change d'urgence sinon avec un conditionnement psychologique interne qui pousse à la paranoïa, au repli sur soi, la susceptibilité déplacée, la folie des grandeurs, nous finirons comme une réserve de mauritaniens tout bons à intéresser les ethnologues. C'est désormais une question de santé mentale publique...

 

Le peuple mauritanien dans sa diversité est un peuple en danger pour qui le changement semble être un conte pour enfant car comme disait quelqu'un : pire que le malheur, c'est l'habitude du malheur. Le malheur comme unique perspective, c'est en faire une norme de vie or les mauritaniens comme bien des peuples nobles sont des gens hospitaliers par nature gais, aimant rire, un peuple fier qui sait encaisser en toute dignité, se plaindre comme le racisme n'est pas de chez nous ; tout ce qui nous arrive de mal en matière de vivre-ensemble et de perspective est récent...

 

Souhaitons le bonheur à nos voisins et occupons-nous du nôtre...

 

 
A.O.S.A

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