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FNDU : Où va l’Opposition démocratique?

Jeudi 9 Novembre 2017 - 08:16

Nombre de Mauritaniens se demandent où Ould Abdel Aziz veut mener la Mauritanie, depuis  le lancement de son mouvement  de la Rectification, en 2008. Droit au mur, selon l’opposition ; vers  le meilleur, pour la majorité présidentielle. Deux  directions opposées, qui ne se confondent jamais.

L’actuel Président se vante de son bilan « largement positif », en matière d’infrastructures (routes, ports, aéroports, constructions et équipements, écoles, structures de santé, ouvrages hydrauliques, luttes contre l’insécurité, la gabegie et la corruption….).Il peine, cependant, à asseoir une démocratie apaisée,  depuis sa révolution de palais du 8 Août 2008. Une tension permanente oppose son régime à son opposition. Toute tentative de rapprochement s’est soldée par un échec : les deux camps ne s’accordent aucune confiance. L’opposition reproche, au Président, de n’avoir respecté aucun de ses engagements, depuis Dakar 2009. Une thèse encore accréditée, tout dernièrement, par les accusations, proférées par Bilal ould Werzeg, président de la Coalition Citoyenne, contre la partie gouvernementale, irrespectueuse, dit-il, des résolutions  de l’accord du 20 Octobre 2016.

On peut reprocher tout cela à Ould Abdel Aziz. Mais cela n’absout absolument pas l’opposition de tous les péchés. Elle porte une lourde responsabilité, dans le blocage politique qui affecte, aujourd’hui, le pays, alimentant la méfiance des bailleurs de fonds. Sa politique de la chaise vide, depuis 2009, et son boycott, systématique, de toutes les élections ont laissé libre cours au pouvoir en place. Une attitude que l’opinion ne peut comprendre, convaincue de ce qu’en prenant part aux différents scrutins et dialogues, les partis de l'opposition  auraient pu limiter les« dégâts ». On peut certes leur  rétorquer que l’administration, les instances d’organisation et de contrôle des élections sont entre les mains du pouvoir. Qu’à cela ne tienne ! Le boycott ne fait pas recette  en Afrique ; il apparaît, bel et bien, comme une démission.

Autre problème, les « manifestations pacifiques » censées pousser le pouvoir à lâcher du lest  n'ont pas plus porté de fruits. Le FNDU et le RFD ont su organiser des meetings  imposants, mais  n’ont jamais réussi à faire infléchir la moindre position du pouvoir d’Ould Abdel Aziz  qui la toise, même. Un leader de cette opposition prétendait, à ses collègues, qu’en  envoyant des centaines de milliers de gens, voire un million, dans la rue, le pouvoir plierait, automatiquement. A ce jour, il n’en a jamais rien été. Se déclarant « pas fait pour perdre », Ould Abdel Aziz aurait même tendance à se nourrir de la contradiction. En tous cas, l’opposition n’a pas réussi, jusque-là,  à renverser le rapport de force en sa faveur. Ses deux pôles fondamentaux n’ont su convaincre et rallier  les chancelleries occidentales (France, Allemagne, UE,  Espagne et USA). A contrario d’Ould Abdel Aziz qui ne cesse de surfer sur le contexte sécuritaire.

Où va donc cette opposition ? Peut-elle rebondir, à la veille des échéances, capitales, de 2018 et 2019 ? Saura-t-elle construire une alternative et éviter le remake des années passées ? Son troublant silence ne plaide pas en sa faveur. Tout comme le dossier « Bouamatou et consorts », si peu exploité, en son erreur fondamentale, si peu décrié, par l’opposition, qu’elle en paraît une victime collatérale, impliquant de nombreuses personnes. Elle avait  habitué les Mauritaniens à ses batailles épiques, lors de chacune de ses décisions capitales. Mais des divergences ont miné ses rangs. Les participations de Tawassoul, aux municipales et législatives de 2013, contre l’avis du FNDU, ou celle du CDN d’Ould Bettah, au référendum d’Août dernier, témoignent   des antagonismes, entre et au sein même des pôles du plus grand rassemblement de l’opposition au pouvoir. Les militants et sympathisants commencent  à s'impatienter : où  ses leaders veulent-ils les mener ?, s’interrogent-ils. Et de là à ne plus se sentir conduits, il ne reste plus grand-chose à oublier de faire… Le nouveau président du FNDU, Mohamed Maouloud, au demeurant président de l’UFP, saura-t-il  ranimer ce grand corps  malade ? A lui d’annoncer les couleurs, lors de la passation de témoin, dans quelques jours. Il est très attendu  au front et le temps paraît de plus en plus compté…

DL

source lecalame.info

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