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Vaccins anti-COVID-19 en Mauritanie : 0,2% seulement ont été doublement inoculés

Mercredi 30 Juin 2021 - 19:12

A la date du 23 juin 2021 les chiffres du ministère de la santé indiquent que 135460 mauritaniens soit 3% de la population ont reçus leur première dose de vaccins contre la COVID-19 et 6902 soit 0,2% de la population ont reçus la dose complète. Pour une population estimée à près de 4.000.000 d’habitants ces chiffres peuvent paraitre insignifiants. Mais pour un pays dont la superficie est 1.230.000 km² et dont la population est éparpillée sur l’ensemble du territoire, ces chiffres représentent une très grande avancé dans les moyens de prévention. La campagne de sensibilisation et d’information lancée depuis le début de la pandémie a montré son efficacité

                  La Mauritanie membre du COVAX

La Mauritanie a reçu le 14 avril 2021 69.500 doses de vaccins contre la COVID-19. Pour ce premier lot la priorité a été donnée à un groupe composé des personnes âgées de 75 ans ou plus, aux malades chroniques de plus de 60 ans, aux  malades souffrants d’insuffisance rénale, au  personnel de santé. Par la suite les campagnes de vaccinations ont été étendues dans tout le pays à travers les postes de santé afin de maintenir et de renforcer les efforts de ripostes à la COVID-19 dans le pays en élargissant l’accès à la vaccination à toute la population. C’est ce qu’a indiqué le  Dr. Seydou Dia représentant de l’OMS Mauritanie dans une déclaration.

La vaccination et son élargissement à la population ne se passe pas sans problème. En Mauritanie comme partout ailleurs en Afrique et dans le monde les avis divergent sur l’utilité et l’efficacité du vaccin. Dans ce reportage effectué auprès de différentes personnes et comme on le verra la course à la vaccination n’attire pas souvent les foules qui sont divisées sur l’intérêt de se faire vacciner.

Les jeunes face au vaccin:  des avis divergents

Les jeunes qui devaient être les premiers sur la ligne de front de la lutte contre la COVID-19 ne sont pas tous généralement préparés à mener des campagnes parce qu’ils ne sont pas tous d’accord sur l’intérêt de la vaccination. Ces le cas d’Issa qui exerce dans l’informel.

« Je m’appelle Issa Dia je suis Mauritanien j’ai 22 ans. Moi je me suis fait vacciner. Après ma vaccination les trois premiers jours j’ai senti un peu de fièvre mais après c’est passé et je ne sens plus rien, je suis en bonne santé hamdoulillah. Je conseille à tous les jeunes d’aller se faire vacciner et de ne pas écouter ces rumeurs répandues sur les réseaux sociaux. On dit “qui ne risque rien n’a rien” et à mon avis donc il vaut mieux d’aller se vacciner que de ne pas le faire en écoutant les autres ».

Pas confiance

« Je m’appelle Fatouma Sy. Personnellement je ne suis pas pour le principe de la vaccination parce qu’avec tout ce que j’entends sur les réseaux sociaux concernant les vaccins de la COVID 19 je n’ai pas confiance. Et je ne suis pas encouragée à aller me vacciner à cause de toutes ces contradictions des différents spécialistes du milieu de la santé, qui sont parfois des professeurs de renommées qui commentent les inconvénients de ce vaccin. Certains propos nous donnent raison de douter. Je trouve que la mise de ce vaccin expérimental a été précipitée. Généralement la mise sur le marché du vaccin suit une procédure habituelle dans de telles circonstances. A mon avis il faut donner le temps au vaccin d’être testé avant d’être utilisé sur les personnes. »

Confiance au vaccin.

« Je m’appelle Aichetou Mint Salek je suis dans ce centre de santé mère et enfant pour me faire vacciner. Je voulais le faire plutôt, mais j’étais hésitante parce que j’avais quelques doutes à cause des informations qui circulaient sur les réseaux sociaux critiquant les effets du vaccin. C’est difficile de ne pas croire à ce qui se dit si on a un esprit critique. Mais il est plutôt sage de peser le pour et le contre pour essayer de distiller les bonnes informations des fausses afin de prendre une décision. Finalement j’ai fini par prendre la décision de me faire vacciner et je pense avoir fait le bon choix et d’avoir raison ».

Ni  pour, ni contre.

« Je m’appelle Mohamed Salem Ould Sidi Brahim,  j’ai 33 ans, je suis venu me faire vacciner parce que je dois me rendre la semaine prochaine en Europe et c’est une condition préalable pour voyager. Donc je n’ai pas le choix, si ce n’était pas pour cette raison je ne sais pas vraiment si j’allais me vacciner ou pas. Mais je pense qu’en d’autres circonstances  je ne l’aurais pas fait ».

La prévention n’a pas le prix.

« Je m’appelle Ahmed j’ai 25 ans, moi je suis venu en compagnie de ma famille pour me faire vacciner. Dans mon entourage tout le monde s’est vacciné donc moi aussi j’ai décidé de me vacciner et puis je crois que j’ai pris la bonne décision et c’est pourquoi à mon tour je vais essayer d’influencer mes amis, mes proches pour aller tous se faire vacciner pour limiter la propagation de la maladie ». 

La  sensibilisation est un préalable.

« Je suis Lalla Fall, coordinatrice du projet Maurisanté ONG de proximité spécialisée en santé et nutrition. Nous avons pris un certain nombre de mesures pour sensibiliser les populations sur le vaccin du COVID 19. Je tiens d’abord à préciser qu’avant l’arrivée du vaccin il y’avait des mesures barrières très importantes qui avaient été prises pour éviter de contracter cette maladie, à l’époque inconnue. La priorité était pour nous avant tout d’essayer de limiter la propagation du virus. C’est pourquoi notre organisation était plus axée sur la sensibilisation et sur les mesures barrières comme le port du masque, le lavage des mains, la distanciation sociale et surtout les mesures d’hygiène pour une population analphabète qui se trouve dans des situations précaires de pauvreté. Donc en pleine pandémie nous avons essayé d’apporter notre pierre à l’édifice en sensibilisant les populations. Même si les vaccins du COVID-19, n’apportent qu’une protection ne se reste que de 50% chez les patients vaccinés, il est important de poursuivre la campagne de vaccination ».

                         Vacciner dans un ordre de priorité.

 « En ce qui concerne le vaccin, et pour les populations cibles la priorité a été donnée aux personnes âgées, aux personnes atteintes de maladies chroniques qui étaient dans la tranche des premières victimes surtout parmi le personnel de santé qui sont en contact direct avec les malades atteints du COVID-19. Donc depuis que le vaccin a été introduit en Mauritanie, en tant que membre de la société civile, nous avons apporté notre contribution pour la sensibilisation des populations au moyen de la communication. A ajouté la coordinatrice Communiquer, communiquer encore et encore. Etant donné qu’il ne peut y avoir de développement sans communication et sans sensibilisation, nous avons, grâce à un financement de l’UNICEF organisé des séries de briefings qui ciblent les journalistes que nous considérons  plus aptes à informer et éveiller les consciences des populations pour les vulgariser sur la gravité de cette pandémie. Cette sensibilisation a été élargie aux imams, aux religieux, aux leaders communautaires et aux jeunes. La formation des jeunes en particulier est essentielle parce ces jeunes constituent le moyen le plus efficace pour mener à bien des campagnes de sensibilisation en direction des personnes âgées surtout celles des zones rurale qui sont les plus exposées. Par cette sensibilisation les jeunes protégeaient leurs entourages en donnant la priorité aux personnes les plus âgées. Les Briefing organisés à l’intention des leaders communautaires, étaient surtout destinés à la sensibilisation des regroupements associatifs, des organisations féminines, sur les risques liés à la pandémie et sur l’utilité du vaccin ».

..et l’espoir est permis.

« Nous sommes conscients qu’il y a des doutes sur l’efficacité du vaccin ce qui a créé des mouvances opposées à la vaccination. Mais nous savons que ce vaccin est là pour nous protéger. Donc notre objectif est de faire véhiculer le plus de messages possibles par tous les canaux de communication appropriés. En tant que responsable chargée de la coordination des programmes de notre ONG, je fais appel à tous les citoyens pour aller se faire vacciner pour notre santé et pour permettre de vaincre la propagation de cette maladie, le seul moyen de mettre fin à cette pandémie pour que la vie reprenne son cours normal ».

                  Les fakes news sur les vaccins COVID-19:  quel impact sur la vaccination ?


https://www.voaafrique.com/a/la-mauritanie-re%C3%A7oit-de-chine-ses-premi%C3%A8res-doses-de-vaccin-anti-covid/5826547.html

Selon Mohamed Ould Chighali, conseiller en communication le problème c’est que les internautes ont été submergés par une importation d’informations sur l’efficacité et l’utilité de ce vaccin parfois vrais parfois fausses qui ont été déversées sur les réseaux sociaux à partir de l’Occident. Par ceux qui sont contre le principe de la vaccination, pour dire que le vaccin de la COVID-19  n’est pas efficace et ils l’ont même parfois caricaturée avec dessins d’individus qui après avoir été vaccinés se retrouvaient avec des têtes de cochons par exemple et cela pour faire paniquer les populations. En Europe l’impact d’une telle  campagne peut être insignifiant  ce qui n’est pas forcément le cas pour le continent africain, dont les populations font face à une nouvelle maladie et qui sont paniqués. Passé  les premières paniques ils ont commencé à se poser des questions sur ces publicités des internautes européens. Ceux qui ont crus à ces campagnes sont ceux qui sont réticents aux vaccins. Maintenant ça s’est calmé heureusement. Mais au début c’était vraiment la panique sur les réseaux sociaux surtout, pour les populations mauritaniennes qui sont pour la plupart des nomades qu’ils soient arabo-berbères ou négro-africains parce qu’ils n’ont pas vraiment accès à des connaissances qui leur permettent de savoir si en réalité le vaccin est efficace ou pas, est ce qu’il faut le prendre ou non.

                        De quelle manière les Hommes de renommé internationales sont-ils influençables

 Le problème en Mauritanie s’est encore plus compliqué parce qu’il y a même des professeurs, des médecins qui sont des références de renommées internationales qui ont donnés leurs avis par rapport à la question de l’utilité du vaccin et certains d’entre eux étaient catégoriquement opposés à la mise de ce vaccin à la disposition des structures de santé publique avant la fin des essais pour s’assurer de son efficacité. Mais compte tenu de l’urgence de la réponse à apporter on est passé par un raccourci. Et les informations de ces professionnels qui sont des imminentes personnalités, parfois des laborantins, parfois des médecins parfois des chercheurs ont semé la panique. D’ailleurs “le professeur Montagner ” qui disait que toutes les personnes qui ont été vaccinées ont une chance de survie de deux ans seulement a relancé la polémique. Donc on n’est pas encore en fait sorti de l’auberge et les réseaux sociaux multiplient les doutes sur l’efficacité du vaccin. Ce qui veut dire qu’en Mauritanie les avis divergent. Il y a ceux qui sont pour le vaccin et de l’autre côté ceux qui ne sont pas du même avis. Les premiers se sont vaccinés d’ailleurs et tous les jours d’autres ils  font le rang pour se vacciner. Ils ont été encouragés par les exemples donnés par le chef de l’état et les membres du gouvernement qui se sont vaccinés en premier pour rassurer les populations».

Même si les divergences persistent néanmoins, des indicateurs permettent de conclure que la tendance de ceux qui sont pour la vaccination est prédominante. On peut l’affirmer en tenant compte par exemple  des informations fournies par  le Centre de Santé Mère et Enfant qui  indiquent qu’au cours des mois d’Avril et de  mai 2021, des jeunes au nombre de  3841 se sont fait vacciner.

Si l’on tient compte de cet échantillonnage représentatif et  par ailleurs, des efforts fournis par la société civile qui accompagne la politique de prévention sanitaire du Ministère de la  santé on peut penser que la tendance à la vaccination va augmenter dans les jours qui viennent.

Il est donc très probable que les tiraillements entre les pour et les contre va s’estomper ce qui sera important pour une campagne de vaccination élargie.

Amy Fofana

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