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Référendum constitutionnel : l’ancienne CENI controversée remise sur selle

Vendredi 14 Avril 2017 - 13:07

Le Premier ministre Yahya Ould Hademine a chargé Abdallahi Ould Soueid’Ahmed, ancien président de la CENI de 2013 de remobiliser ses troupes pour le référendum constitutionnel que le gouvernement cherche coûte que coûteà organiser, malgré une forte résistance. Pour certains observateurs, à consultations référendaires contestées, CENI controversée. De quoi alimenter davantage le brasier politique.


Référendum constitutionnel : l’ancienne CENI controversée remise sur selle
Campagne tous azimuts dans les quatre coins du pays, côté pouvoir et ses alliés, pour faire adhérer les populations aux amendements constitutionnels les plus hostiles dans l’histoire du pays. Contre-campagnes de l’opposition radicale et ses sympathisants pour réfuter le référendum constitutionnel en vue. C’est au milieu de cette atmosphère délétère, alors que le président Mohamed Ould Abdel Aziz est à Paris, que le Premier ministre Yahya Ould Hademine a chargé l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Abdallahi Ould Soueid’Ahmed de préparer les opérations de vote pour le référendum constitutionnel. Dans le même cadre, le ministre des Finances, Mokhtar Ould Diay, a été sommé de prendre toutes les dispositions appropriées pour cette opération.

Cette CENI qui avait supervisé les élections législatives et municipales de 2013 puis les présidentielles de 2014 est cependant source de fortes critiques. Déjà, un expatrié mauritanien en France, Marega Baba s’était demandé à l’époque dans un posting intitulé « une CENI magique ou l’illusion » quelle marge de manœuvre cette CENI pouvait-elle avoir face à un régime autocratique et dictatorial, reprochant déjà à cette structure l’unilatéralité dans sa composition, concoctée en dehors du consensus national, car une grande partie de l’opposition ne la reconnait pas.

Ainsi, c’est cette même CENI dont tous les employés ont été limogés en octobre 2014 qui va reprendre service. Seuls les 7 sages du Conseil ont été maintenus en plus du Secrétaire général.

Evoquant cette CENI, l’opposition avait réfuté l’indépendance et la crédibilité d’un organe créé par le pouvoir et occupé par ses hommes, car considérant qu’elle a été créée en dehors de tout consensus. L’opposition soutient en effet que la CENI a été choisie sur des bases clientélistes et familiales, chacun des dialoguistes (majorité et trois partis dits de l’opposition modérée) ayant désigné ses sages parmi leurs proches et ses derniers leurs parentés pour compléter la composition des membres et ceux des cellules décentralisées. Le reste du personnel est composé de fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, dont beaucoup de retraités ayant servi dans l’administration locale et trempé dans nombre de scrutins qualifiés de frauduleux en leur temps, notamment son Secrétaire général.

Mais le véritable artisan des élections et du référendum constitutionnel envisagé ne sera pas la CENI, selon certains, mais la fameuse DGPE (Direction générale des services d’appui au processus électoral) dépendant directement du Ministère de l’Intérieur. Cette direction est en charge de l’élaboration et de la conservation du fichier électoral, recensement, analyse, information nominative sur chaque électeur, etc. 

Tout le monde sait, que l’établissement du fichier électoral a été de tout temps pour l’administration l’occasion de toutes les malversations électorales. La CENI, même indépendante n’a aucune marge de manœuvre pour en corriger les manipulations. Si l’on ajoute à cela, que l’enrôlement est confié à une agence dirigée par un proche cousin du président, en l’occurrence l’Agence nationale de l’enrôlement et des titres sécurisés, on saura que peuvent être recensés ceux que MRabih Ould El Wali décidera de l’être (Azawadiens, Saharaouis), comme il peut empêcher des Mauritaniens de figurer sur la liste électorale.

En plus, que peut faire la CENI face à la puissance de l’Etat, exprimée à travers sa DGPE, ainsi que ses taupes du ministère de l’Intérieur infiltrés dans ses structures, laquelle puissance peut influencer sur la tenue du cahier des charges du matériel électoral (encre, urnes, bulletins de vote, enveloppe, etc), mais aussi sur les listes des présidents et assesseurs de bureaux de vote. Sans compter l’implication de l’administration locale, Walis, Hakems, forces de sécurité dans le processus électoral, la CENI ne pouvant disposer, eu égard au temps imparti, d’une administration décentralisée dans toutes les régions, moughataas et communes de la Mauritanie. L’utilisation des mass médias publics pour la promotion du OUI, sera également déterminant dans le jeu, ainsi que l’utilisation des notables et chefs religieux acquis pour la plupart au pouvoir en place.

Face à cette machine de guerre électorale que peut faire l’opposition, déjà affaiblie par le manque de moyens et par des divisions intestines. Que peuvent faire même les observateurs étrangers qui ne pourront jamais visiter tous les bureaux, ni s’assurer de la conformité des résultats annoncés avec les PV établis au niveau des bureaux. Pourquoi aucune enquête n’a été ouverte en 2009 lorsque le président Sid’Ahmed Habott démissionna parce qu’on exigeait de lui qu’il valide les résultats communiqués par les services du ministère de l’Intérieur sans qu’il ne disposât des PV de vote. Malgré cet incident très grave, la démission du président de la CENI au moment de la validation des résultats d’un vote, ceux-ci ont été validés par un PV signé par son Secrétaire général, qui deviendra plus tard ministre de la Communication de Mohamed Ould Abdel Aziz.

Les exemples sont nombreux qui prouvent l’improbabilité de l’indépendance, la neutralité et l’efficacité de la CENI de 2013 à qui le gouvernement vient de confier l’organisation du référendum constitutionnel. D’ores et déjà, cette structure ne peut garantir la crédibilité d’élections libres et transparentes qu’elle aura à organiser.
JOB
source lauthentic.info
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