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un grain de sable pour secouer la poussière...

Je ne me souviens et me souviendrais toujours de ce disait feu Ely ould Mohamed Vall, alors président du Haut Conseil de l’État, en réponse à une question posée par un de nos confrères relative à l’appui que l’État pouvait apporter au renforcement de

Jeudi 30 Janvier 2020 - 08:17

À l’indépendance, les nomades constituaient 75% de la population. Ils sont aujourd’hui moins de 5%. Le nomade véritable était un écologiste avant l'heure, transhumant avec ses bêtes à la recherche de pâturages et revenant périodiquement en son campement initial, permettant ainsi à la nature de s’y régénérer. Suivant ses chameaux, vaches, ovins ou autres caprins, seul ou avec sa famille, il sillonnait le territoire de long en large, en contemplant les beaux paysages et profitant des instants de méditation, solitude, partage ou souvenirs passés.  Ce mode de vie fut sans doute à l'origine de nombreux poèmes. Il vivait avec humilité et le strict minimum. Épris de liberté, il était jaloux de son indépendance et de sa solitude, gardait intérieurement beaucoup d'enseignements ou de vécus et possédait beaucoup de sagesse.Personne ne gênait personne, les espaces étaient vastes et inoccupés, chacun y allait et venait à sa guise, changeant souvent de place.
 

Le nomade est-il en voie de disparition ? L’urbanisation en a transformé une partie en « nomade moderne » dans une mutation aussi rapide que catastrophique. Permettez-moi ici d'avancer quelques indices en cette analyse. Moderne, le nomade continue à vivre seul au monde, même en ville, sans règles ni principes. Il veut toujours être servi en premier,  qu'il soit à l'hôpital, à la pharmacie, à la boulangerie, à la boutique ou au ministère. Toujours pressé, il ne respecte aucune hiérarchie ni aucune file d'attente. Mais « quand chacun fait sa règle, tout se dérègle »...La voiture a remplacé pour lui le chameau, le cheval ou l'âne. Il double à gauche comme à droite, ne respecte aucun feu de signalisation. Il n'attache la ceinture que lorsqu’il voit un policier. Passager ou même conducteur, il pose fièrement son pied sur le tableau de bord. Sa voiture est rarement en règle (mécanique et papiers). Les impôts, taxes, ou autres charges ne sont payées que sous la contrainte ou la menace (État, commune, SONELEC, SNDE…). Il préfère plutôt soudoyer, jouer des coudes ou de la parenté.
 

Un besoin pressant se fait-ilressentir ? Il n'hésite pas à uriner sur le pneu d'une voiture, le mur d'une maison ou, plus grave encore, l'enceinte d'une mosquée. Si ses ordures ne sont pas directement jetées dans la rue ou sur le goudron, il paye, pour s'en débarrasser, un charretier qui en éparpille d'abord une partie, avant de balancer le reste deux cents mètres plus loin.

L’intérêt général, les règles et lignes rouges qui régissent une société, inconnus au bataillon ! Et n’allez pas lui parler de feux, stop, passage piétons, ligne continue sur le goudron, file d’attente, voisinage, respect des procédures et examens : il ne connaît pas et, même s’il connaît, il ignore royalement. Des vies en ont été ainsi perdues, brisées, brimées et opprimées. Il a également ruiné beaucoup d'espoirs et de rêves d'une bonne partie de la jeunesse mauritanienne qui ne croit plus aux études ni au mérite.
 

Toujours versatile, il a une règle d'or: « Li maynaveq maywavaq » ou « lèche-bottes » ; qui l’autorise à changer de parti, chef ou camp, en fonction de la direction du vent. Il est confiant car son nomadisme politique le protège, en le mettant toujours du côté du plus fort, façon pour lui de monnayer son allégeance au Sultan. Il en profite parfois, si l'occasion se présente, pour enfreindre les règles avec impunité car se sentant au-dessus des lois. La recherche austère de pâturages s'est transformée en course aux biens matériels, généralement sans efforts ni travail ou mérite. Et sa nouvelle poésie a donc une consonance « sonnante et trébuchante »… Mais il ne doit pas oublier que « la liberté de chacun s'arrête là où commence celle des autres ».
 

Contrairement à son aïeul, le nomade moderne semble sans repères, sans boussole ou GPS. Mais en évitant les comportements susdits et en adoptant le « vivre ensemble » dans le « Projet de société d'une Mauritanie nouvelle », il peut continuer à vivre, comme son aïeul, très éloigné des haines et des rancœurs. Il a juste besoin, pour cela, de revenir aux fondamentaux qui, eux, n'ont pas changé. L'islam et la sunna du prophète Mohamed (PBL) sont les seuls à le guider et éclairer son chemin vers la fraternité, l'équité et l'intérêt général. La citoyenneté et l'image qu'on donne de la Mauritanie doivent aussi l'inciter à adopter les meilleurs comportements. Il nous est impossible, aujourd’hui, de vivre « seuls au monde dans notre désert » : les informations et images circulent en un clin d'œil et aux quatre coins de la planète Terre.
 

S'il trouve les mosquées, les dunes, les plages, les rues et les voisins propres, il doit y apporter sa contribution. Et s'il montre l'exemple à ses enfants, ce sera encore mieux. L'État et les autorités locales doivent aussi œuvrer à mettre en place des latrines publiques, aux abords des lieux à forte concentration humaine comme les marchés, les aéroports et les gares, hôpitaux et autres lieux de regroupements, en veillant au respect de l'hygiène et de la propreté. Cela fut appliqué pour la propreté de la « Place de la Liberté » à côté de la Présidence : il faudra peut-être le généraliser.
 

Ethmane BA

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