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un grain de sable pour secouer la poussière...

Cautionner le référendum : encore un manque de discernement de l’opposition radicale…

Vendredi 19 Mai 2017 - 10:52

Encore une fois le piège politique du pouvoir se referme sur l’opposition radicale, désormais en marche pour le référendum. C’était prévisible car refuser au peuple souverain de pouvoir se prononcer était indéfendable. Voilà donc le plus grand rassemblement de l’opposition, le FNDU qui demande à ses soutiens, déjà anecdotiques, de s’inscrire sur les listes électorales pour aller dire non  aux changements constitutionnels proposés par le pouvoir.
 
S’inscrire, aller voter, éviter la politique de la chaise vide est toujours une bonne chose, c’est toujours mieux que boycotter.  Pour ne citer que Tawassoul, parti islamiste, si ce mot gazré a un sens dans une république islamique, a montré que sa voix pouvait être entendue au moins à l’assemblée nationale puis à la TV et sur internet pendant que les partis d’opposition radicale n’avaient que leurs maigres meetings pour s’adresser au plus grand nombre.
 
Le problème aujourd’hui est ailleurs.  Le manque de discernement de l’opposition radicale, du moins le FNDU, c’est aller au référendum sans condition.  Il n’y a aucun doute que ces changements seront validés car jamais le pouvoir n’a officiellement perdu des élections avec les moyens de l’état à la disposition de leur communication, sans parler des pressions de tous les élus de la majorité, chacun dans son fief, où là encore les moyens de l’état, la force de l’administration, la conditionnement psychologique face à la peur d’être fiché par les renseignements comme opposant, le réflexe superstitieux, ou juste l’instinct de survie, poussent le plus grand nombre à être du côté du pouvoir, penser et agir comme le chef.
 
 

Ce mimétisme va loin. Si le chef de l’état dit un mot contre les européens même le plus light, toute la machine fera de même donnant à un mot, une idée même furtive des proportions nationales terribles.

On a vu cela mille fois. Avec Ould Mkheitir dès les premiers manifestants reçus devant la présidence, on a vu cela avec la révision de l’histoire coloniale, on a vu ça pour mille choses comme on a vu l’inverse possible. Il suffit au chef de calmer le jeu et tout se calme. C’est ainsi que les manifestations contre Mkheitir se sont dégonflées, c’est ainsi qu’en embrassant Hollande, le pouvoir espère baisser la pression certainement en vain car le peuple et l’administration finissent aussi par penser que certains gestes sont justes diplomatiques, de l’enfumage qui n’engage à rien.
 
Ainsi un ami avocat me confirmait la chose en me disant que le pouvoir peut tout : s’il veut faire du peuple des salafistes radicaux, ils le seront demain et s’il veut que ce même peuple devienne laïc, il peut le faire aussi grâce à une armée d’oulémas banaveu comme dit le cheikh Sidi Yahya.
 
La Mauritanie bien jeune a été martyrisée depuis trop longtemps, c’est en 2005 que tout le monde a perdu l’occasion d’un changement véritable. Une conférence nationale, un état des lieux, des sanctions contre le système mafieux qui fit des petits et gangréna les esprits.
 
Depuis  ce virage historique raté  pour les  forces civiles encore relativement jeunes alors que les forces militaires, héritières de 1978, étaient affaiblies,  la mutation structurelle n’a profité positivement qu’à un camp : pendant que les forces militaires reprenaient du poil de la bête, les forces civiles prenaient le chemin de la décomposition. 

12 ans après, voilà le résultat : des forces vieillissantes sans troupe et à côté des jeunes de mouvements communautaristes annonçant pour demain une assemblée de partis de maures, de hratines, et d’islamistes.

Les négro-mauritaniens ayant été assimilés dans les partis au pouvoir pour majorité avec en échange le calme dans la vallée…
 

Cautionner le référendum : encore un manque de discernement de l’opposition radicale…
De là que Birame est interdit d’aller remuer cette réserve de l'esclavagisme silencieux d’une néo-féodalité bien cultivée.
 
Aussi, c’est prendre ses rêves enfantins pour des réalités majeures que de croire que l’opposition radicale ou non puisse non seulement gagner une élection mais représenter autre chose qu’une présence symbolique pour cautionner une démocratie pour un peuple ignorant, affamé, au pas militaire civilisé.
 
Aussi, quitte à aller aux élections, au moins faudrait-il s’arranger pour que cela change les choses même en cas de victoire du pouvoir. Ainsi l’opposition aurait dû réclamer de profiter de ce référendum pour verrouiller l’article 38, pour donner au conseil constitutionnel le droit de se prononcer sur l’usage de cet article, mettre le hassanya comme langue nationale avec l’arabe comme langue officielle, remettre le français comme deuxième langue de travail.
 
Toutes ces révisions auraient indisposé le pouvoir pendant qu’elles seraient défendables dans les médias pour défendre la cohérence de la constitution et en finir avec les abus.
 
Au lieu de ça, voilà que le FNDU se dirige vers le référendum sans idées et sans résultats.
 
Tous ceux qui, sachant ce qui précède,  iront voter pour ces amendements constitutionnels, seront coupables de cautionner une chinoiserie à savoir cette constitution de 1991 taillée pour Taya...
 
Lire ce qu’en pensait le Pr Lô Gourmo avant de la cautionner lui aussi…
 

VLANE

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