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RDC: les populations de l'Ituri appellent à l'aide pour les nombreux déplacés

Lundi 12 Mars 2018 - 18:53

 Les populations de l'Ituri (nord-est de la République démocratique du Congo) ont lancé lundi un appel à l'aide humanitaire en faveur des centaines de milliers de déplacés par la reprise des violences intercommunautaires dans la région.

"Les populations de l'Ituri, à travers la Communauté iturienne de Kinshasa (CIK), lancent un appel pressant pour une assistance urgente en faveur des déplacés de l'Ituri", écrit la CIK dans un communiqué remis à la presse à Kinshasa.

La CIK lance un appel aux ONG et "aux confessions religieuses" "à agir d'urgence, à manifester leur solidarité aux déplacés de l'Ituri".

"Les chiffres disponibles font état de plus de 350.000 déplacés internes dont près de 50.000 sont installés dans la ville de Bunia et ses environs. A ce chiffre s'ajoutent près de 65.000 personnes réfugiées en Ouganda, selon un décompte provisoire", selon le communiqué.

"Plusieurs centaines de personnes" ont été massacrées depuis la reprise des violences en Ituri en décembre, selon cette même source.

Un conflit entre les communautés Lendu (agriculteurs) et Hema (éleveurs) a tué plusieurs dizaines de milliers de personnes entre 1999 et 2003, jusqu'à l'intervention de la force européenne Artémis.

La Cour pénale internationale (CPI) a condamné à 12 ans de prison l'ex-chef de milice Germain Katanga pour complicité de crimes de guerre et contre l'humanité dans l'attaque du village de Borogo en Ituri en février 2003. Environ 200 personnes avaient été tuées. 

La chambre d'appel de la CPI a confirmé le 8 mars le montant d'un million de dollars que Germain Katanga doit payer en réparations aux victimes de ces attaques.

Les dernières violences "sont assez différentes de celles du conflit qui oppose les ethnies Hema et Lendu depuis plusieurs décennies. Les causes peuvent être multiples et sont encore à élucider, car non clairement exprimées", prévient la Communauté iturienne de Kinshasa dans son communiqué.

La CIK demande d'ailleurs aux gouvernements congolais et provincial une "enquête pour étudier la nature, les manifestations, les racines, les conséquences ainsi que les auteurs et les manipulateurs de cette violence".

La CIK demande aussi aux autorités de "relever de leurs fonctions les autorités politico-administratives, judiciaires, militaires et policières (...) qui ont failli dans leur mission de sécurisation de la population et de ses biens".

Cette demande vise particulièrement le gouverneur de la province, Abdallah Pene Mbaka, "dont la mal gouvernance politique, économique et de développement contribue à la résurgence du conflit armé".

Treize auteurs présumés de violences ont été remis à la justice militaire, a indiqué lundi à l'AFP un porte-parole de la police.

"Les enquêtes se poursuivent. Au fur et à mesure d'autres vont être remis aux autorités judiciaires", a précisé le major Abeli Mwangu.

Il s'agit d'une première vague de prévenus parmi ceux déjà été entendus par une commission provinciale.

Le nouveau ministre de l'Intérieur Henry Mova Sakanyi, qui se trouve en ce moment à Bunia chef-lieu de l'Ituri, a indiqué que le nombre total des prévenus dépasse la cinquantaine.


(©AFP / 12 mars 2018 18h51) 

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