Le ministère de l’Intérieur, de la Promotion de la Décentralisation et du Développement local a affirmé, dans un communiqué publié vendredi 29 août 2025, que le dernier rapport de Human Rights Watch sur les mesures nationales prises au sujet des migrants en situation irrégulière manque d’objectivité et de crédibilité et contredit les faits concrets sur le terrain. Le ministère a également affirmé que la Mauritanie met en œuvre le cadre juridique et réglementaire relatif à la lutte contre la migration irrégulière, conformément à l’esprit des lois et accords internationaux relatifs aux droits de l’homme et à la protection des migrants.
Voici le texte du communiqué du ministère de l’Intérieur :
« Le Ministère de l’Intérieur, de la Promotion de Décentralisation et du Développement Local, en réponse au dernier rapport publié par l’organisation Human Rights Watch concernant les mesures nationales prises, exprime son profond regret quant aux allégations et affirmations inexactes contenues dans ce rapport, qui ne respectent pas les principes d’une investigation objective et transparente auxquels devrait se conformer, normalement une telle organisation.
Le ministère attire l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur le fait que la Mauritanie agit dans le cadre de la législation relative à la lutte contre la migration irrégulière, et conformément à l’esprit des lois et conventions internationales en matière des droits de l’homme et de la protection des migrants.
A cet effet les mesures suivantes ont été prises :
Ouverture de cinq centres d’accueil et d’hébergement temporaires pour migrants en situation irrégulière dans les wilayas de Nouakchott et à Nouadhibou:
– un centre à Arafat (Nouakchott-Sud)
– un centre à Dar Naim (Nouakchott-Nord)
– un centre à Sebkha (Nouakchott-Ouest)
– un centre à Nouadhibou
– un centre spécial pour les femmes à Nouakchott-Sud.
* Création de deux nouveaux centres destinés aux migrants arrivant par voie maritime : le premier à Nouadhibou et le second à Nouakchott ; ils seront réceptionnés et mis en service fin septembre 2025.
Ces centres sont supervisés en coordination avec des équipes de l’Agence nationale du registre de la population et des titres sécurisés, et de l’Office national de lutte contre la migration irrégulière et la traite des personnes, avec l’usage de nouvelles applications informatiques (Obour, Deyar), afin de vérifier les identités des étrangers et garantir qu’aucune personne en situation régulière ne soit renvoyée.
Ces centres ont été équipés des moyens nécessaires : eau potable, électricité, points de santé dotés de personnel médical et de médicaments, ambulances, équipements et moyens de subsistance, moyens de transport climatisés et autobus neufs, en plus des unités de sécurité pour l’escorte jusqu’aux points frontaliers.
Afin d’assurer une plus grande transparence, ces centres ont été ouverts aux visites de ministres des Affaires étrangères, d’ambassadeurs, de consuls, des chefs de communautés de pays frères ainsi qu’aux présidents de communautés étrangères qui ont souhaité s’enquérir de la situation à l’intérieur de ces centres. Ils ont tous exprimé leur grande satisfaction.
Par ailleurs des instances nationales, telles que la Commission Nationale des droits de l’homme, l’Observatoire National de la Femme et de la fille et la Commission Nationale de lutte contre la Torture, ont également effectué des visites et ont exprimé leur satisfaction quant au respect des droits de l’homme et la gestion conformément au droit, de toutes les étapes du processus.
Aucun des étrangers concernés n’a présenté de preuve établissant qu’il se trouvait en situation régulière ou qu’il ait été victime de torture, de harcèlement ou d’humiliation de la part des autorités mauritaniennes, ni qu’il ait été privé de ses biens au moment du départ. Des registres ont été ouverts dans chaque centre afin de s’assurer, par la signature de chaque personne, qu’elle a bénéficié de tous ses droits et qu’elle n’a subi aucune humiliation ni torture avant son départ vers son pays.
Dans le cadre des efforts nationaux et internationaux visant à lutter contre la migration irrégulière liée à la traite des êtres humains, les résultats obtenus jusqu’à présent sont les suivants : démantèlement de réseaux impliqués dans le trafic de migrants et la traite des êtres humains, et déferrement de leurs auteurs devant la justice ; mise en échec de centaines de tentatives de migration irrégulière et arrestation de dizaines de personnes ayant tenté de voyager avec de faux documents ou de fausses identités ; sauvetage de plusieurs milliers de migrants en situation irrégulière provenant de pays amis et voisins, qui étaient exposés à un danger de mort certain en raison des conditions de navigation à travers l’océan, ainsi qu’à cause des naufrages. En outre, il a été procédé à l’enterrement d’environ neuf cents corps humains rejetés par la mer.
Dans ce même contexte, il convient de souligner le rôle majeur joué par les Garde-côtes, qui ont, à chaque fois, apporté secours et hébergé les migrants en détresse, après la panne de leurs embarcations. Le dernier incident remonte à l’aube du 27/08/2025, au niveau de l’arrondissement de M’Heijrat, où plusieurs dizaines de migrants ont été secourus, tandis que des dizaines de corps ont été repêchés et pris en charge, et que les recherches se poursuivent encore aujourd’hui pour retrouver les autres victimes.
La Mauritanie est également le seul pays de la région à avoir ouvert des centres d’accueil pour réfugiés depuis l’année 1991 à Mberra, sur la frontière avec le Mali, qui accueillent aujourd’hui cent cinquante trois mille réfugiés Maliens, tenant compte des conditions humanitaires auxquelles est confrontée la région.
A noter que le nombre total des réfugiés dans toute la zone a atteint environ trois cent mille migrants.
La Mauritanie affirme que la lutte contre la migration irrégulière constitue un défi mondial commun qui requiert une coopération internationale fondée sur la justice et le respect mutuel de la souveraineté des États, et que les mesures prises s’inscrivent dans ce cadre, et visent particulièrement à protéger toutes les parties et à garantir une migration sûre et organisée, en parfaite cohérence avec les principes que prétend défendre l’organisation Human Rights Watch.
Il aurait été plus judicieux et plus équitable que toutes les organisations et instances concernées, et en particulier Human Rights Watch, reconnaissent les efforts entrepris par la Mauritanie, dont elles en ont une parfaite connaissance grâce aux nombreuses opportunités dont elles disposent, pour faire face aux vagues de migration irrégulière et de traite des êtres humains auxquelles le pays est confronté, dans un contexte marqué par la fermeture des voies traditionnelles en Afrique du Nord et en Méditerranée, et par le passage de flux migratoires de divers pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine à travers notre territoire en direction de l’inconnu.
La Mauritanie reste ouverte à toute partie officielle désireuse de constater les mesures légales mises en place dans le domaine de la gestion de la migration irrégulière, conformément à son système légal et éthique, comme c’est le cas dans le reste du monde.
Par ailleurs il y a lieu de rappeler la nécessaire prise en considération des réponses du Gouvernement, formulées le 16/7/2025, en réponse au courrier de l’organisation Human Right Watch du 1er juillet 2025.
En conclusion, la Mauritanie, réaffirme son engagement constant en faveur des droits de l’homme et de la coopération constructive avec ses partenaires, dans le respect mutuel, tout en rejetant toute allégation ou tout rapport dénué d’objectivité, de crédibilité et s’inscrivant en porte-à-faux par rapport aux données factuelles sur le terrain. AMI