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un grain de sable pour secouer la poussière...

La CENI et les 12 travaux d’Hercule

Lundi 13 Août 2018 - 00:20

Je n’ai compris, "en situation", le sens véritable du dicton « elli mahou ve deygue rjiil » (quelque chose comme : celui qui n’est pas sur le champ de bataille est brave) que quand j’ai vu de près, le travail de ruche que mènent les hommes et femmes de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Vingt-quatre heures sur vingt-quatre heures. Mobilisation totale. Comme à l’armée où, en temps de guerre, on reste sur le qui-vive.

Une précision d’abord : Je parle de l’actuelle CENI, celle qui gère un processus des plus complexes. Inédit. Etre l’arbitre dans une partie (jeu politique) où cent partis sont en course, c’est pas chose aisée. L’organisation est le premier défi. La logistique s’entend. Mais la CENI a tout à gagner (et rien à perdre) en tentant de le relever. Le volontarisme qu’affiche son nouveau président lui vaut – déjà – quelques mérites. L’expérience depuis 2005 fonde l’espoir d’un rendement qui, on l’espère, ne sera pas en-deçà du déjà-vu, déjà vécu.

On parle encore et encore de la composition de la CENI. Certes, on aurait voulu que tous les protagonistes soient impliqués mais ce qui est fait est fait. La responsabilité est celle des politiques, de tous bords, pas celle d’une institution qui est l’aboutissement de leurs ententes. Bonnes ou mauvaises. Inclusives ou exclusives. On voudrait alors que la CENI gère, seule, et en dehors de sa mission, les incommodités de la politique. En amont et en aval. Ce qu’elle peut faire, sans sortir de son rôle, c’est s’adapter au lieu d’adopter.

Comme aller vers cette opposition qui dénie à la CENI sa légalité, voire sa légitimité. Rencontrer les chefs de partis, en coalition, ou affichant leur « singularité ». Rassurer pour, enfin de compte, assurer. Ceux qui sont en dehors ne voient pas l’effort, surhumain, de ceux qui « s’agitent » en dedans. La CENI mène, véritablement, les 12 travaux d’Hercule. Elle se bat sur tous les fronts. Elle mène une course contre la montre pour que les échéances soient respectées. Elle gère les contradictions inhérentes à la nature même de toute compétition électorale, mais elle fait face, surtout, au doute et au scepticisme qu’alimente, au jour le jour, la rumeur. La terrible rumeur.

Sur la liste électorale, « peu ou pas fiable », disent certains, alors qu’elle n’a pas encore été mise à l’épreuve ! Sa publication sur le site de la CENI et la possibilité offerte aux différentes parties de faire leurs observations dans les 72 heures qui suivent cette mise en ligne est pourtant un argument de transparence (de taille). Sur des pressions supposées pour que tel ou tel opposant soit « recalé » par la CENI. Là aussi, on déplace la question : Biram arrêté par la justice, mais « en règle avec les procédures », n’a pas de problème avec la CENI. Son dossier a été jugé recevable. Ould Ghada, incarcéré depuis plus d’un an, n’a eu aucun rapport à la CENI. Celle-ci pouvait-elle accepter son dossier au seul fait qu’un parti politique a inséré son nom dans l’une de ses listes ? Son empêchement est un fait de justice dont certains veulent accabler, sans raison, la CENI. Sur tout et rien. Comme si certains ne trouvent de satisfaction que dans l’état de crise qu’ils veulent transformer en « normalité ». La réussite de la CENI, dans pareil contexte, doit être saluée par tous.

Sneiba Mohamed
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