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Développement d’une pensée stratégique mauritanienne: le MAEC partage avec l’IFRI

Mercredi 11 Octobre 2017 - 15:53

Souvent citée en exemple dans la région du Sahel, et par des instituts de recherches stratégiques, par  des partenaires internationaux dont l’ONU, l'UE, l'OTAN, et par de grandes puissances occidentales (Etats-Unis, France…), la stratégie de la Mauritanie en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale se nourrit d’une vision qui fait de la coopération et du partage un pilier fondamental.
 
Le partage des renseignements, des perceptions des risques et menaces, ainsi que le partage des réponses à y apporter constituent un aspect essentiel des échanges. En plus de ces champs d’action et des données factuelles qui s’y rapportent, le MAEC (Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération) mauritanien, s’engage de plus en plus dans la coopération en matière de réflexion stratégique.
 
Cette orientation ce décline à travers  plusieurs faits dont des échanges en matière d’approche globale établis établi depuis quelques mois entre le MAEC et l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales). Ce fut le MAEC qui a inauguré le processus par une conférence donnée par son patron,   Isselkou OuI Ahmed Izid Bih, il y a quelques mois à Paris en réponse à une demande de l’IFRI qui voulait être édifié davantage sur l’approche sécuritaire de la Mauritanie.
 
 Puis, hier en début d’après midi, à Nouakchott, ce fut le retour de l’ascenseur : un expert et haut fonctionnaire de l’IFRI, Alain ANTIL,  qui est   Responsable du programme Afrique Subsaharienne au sein de ce même institut, a présenté une communication suivie d’un débat, dans la salle de conférences du MAEC. Y  ont participé des diplomates et fonctionnaires du MAEC ainsi que quelques chercheurs mauritaniens.
 
Le thème : les multiples formes de menaces au Sahel et les réponses à y apporter, selon la perception de l’IFRI.
 
 
 
La conférence et le débat se sont déroulés sous la conduite d’un modérateur du MAEC : l’ambassadeur  Abdel Kader Ould Mohamed,  Directeur du Département Europe au MAEC.
 
Dans son mot d’introduction, ce dernier a souligné l’intérêt qu’accorde son ministère à la coopération et aux échanges avec les instituts de recherches stratégiques en rappelant à titre d’exemple le début de leur coopération avec l’IFRI. Mais il a surtout mis l’accent le thème proprement dit, d’abord en le situant dans le temps et dans l’espace : « Depuis le milieu des années 2000, a-t-il dit,  la bande sahélo-saharienne est touchée de manière de plus en plus récurrente par des phénomènes de violence multiples (terrorisme, groupes armés, trafics, mouvements indépendantistes, groupes d’autodéfense, banditisme…) sur lesquels nous reviendront. »
 
Puis, il a souligné quelques aspects et notions qui s’avéreront être des points clés de la conférence et du débat : Jihadistes et salfistes, trafic et banditisme,  radicalisation, régionalisation de la lutte antiterroriste…
 
Pour sa part, l’expert de l’IFRI a, en effet, souligné des équivoques qui entourent certaines de ces notions au point de les fausser parfois ou de les rendre floues. Il a mis surtout l’accent sur la confusion autour de mots largement employés comme « narco trafiquants » ou « radicalisation ».  Préalablement il a énuméré les formes de violence en les « catégorisant » en six types :  terroristes jihadistes, groupes armés autonomistes, milices progouvernementales, groupes armés d’auto défense ou groupes communautaires, groupes des vigilants, groupes armés insurgés contre le pouvoir. Dans sa démonstration, il a surtout pris ses exemples au Mali, au Niger, au Tchad et au Nigéria. Il n’a rarement cité la Mauritanie en expliquant que, s’agissant des formes violence, notre pays offre moins d’intérêt  pour les chercheurs comparativement aux autres pays de la région. Heureusement pour nous !
 
De leur côté, les autres intervenants ont posé des questions et émis des commentaires et observations qui font montre du grand intérêt de l’auditoire pour ce type d’échange en matière de pensée stratégique. Une pensée qui sera encore plus féconde avec l’organisation de débats du même type, en faisant appel aux experts nationaux.
 
Comme le MAEC vient d’échanger avec l’IFRI, il doit également envisager la perspective de collaborer avec les nationaux qui ont  une expertise dans ces domaines. Les autres départements de l’Etats gagneront à s’inspirant  eux aussi de son expérience.
 
 En tout cas, grâce au dynamisme de notre diplomatie,  une bonne voie est désormais ouverte dans notre pays en matière d’échange et  de développement  dans le domaine de la réflexion stratégique. Elle reste cependant perfectible.
 
El Boukhary Mohamed Mouemel   

source maauriactu.info
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