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un grain de sable pour secouer la poussière...

Suicide en direct : Thiam Samba tombe dans le piège de Cheikh Abdallahi Ould Ahmed Babou...

Vendredi 21 Octobre 2016 - 13:38

Suicide en direct : Thiam Samba tombe dans le piège de Cheikh Abdallahi Ould Ahmed Babou...

Depuis que Kaw Touré nous a annoncé sur sa page FB que le débat à la TVM a été arrêté à cause d’une intervention de Samba Thiam, j’ai attendu comme toujours le lien pour  voir l’émission sur internet.  Je pensais assister à un débat houleux où Samba Thiam aurait obligé la TVM à arrêter le direct comme Aziz le fit face à l’impertinent Ould Wodia.

 

Il y a bien eu un débat tendu mais Samba Thiam a fait à la fin une incroyable erreur de communication qui fit le jeu de ses adversaires : un véritable suicide politique après tant d’efforts…

 
 

D’abord comme l’ont présenté certains amis des FPC, il ne s’agissait pas d’un débat à 4 contre un. Le journaliste de la TVM accusé à tort de s’être impliqué dans les échanges a été très professionnel, très calme, essayant même de sortir Samba Thiam du piège dans lequel il est tombé. Ce journaliste n’a commis qu’un faux pas, celui de donner timidement son impression face à la présentation de monsieur Thiam à propos de la ségrégation dans le milieu scolaire. Il a été impartial pour un journaliste de la TVM face  au président des anciens Flam.

 

Il faut dire que le journaliste n’avait pas besoin de faire preuve d’excès de zèle face au juriste Cheikh Abdellahi Ould Ahmed Babou qui a fini l’émission au bord de la crise de nerfs juste pour énerver le stoïque Samba Thiam et le pousser à la faute. Et c’est réussi !


Ainsi Samba avait à sa gauche un juriste courtois jusqu’au bout et qui a même en vain essayé de calmer le juriste hystérique qui leur faisait face avec un monsieur de l’UPR Baba Ould Dermane, exemple parfait de la langue de bois stérile. 

 

Tout ce que le Dermane a dit de correct c’est l’intérêt du dialogue qui a permis à des ennemis politiques de se découvrir amis du dialogue entre gens civilisés. 

 

A part ça, il a versé dans le déni basique avec un air méchant, pas un sourire comme ces civils qui se sentent forts juste parce qu’ils appartiennent au pouvoir. Au moins son français est correct alors que celui des juristes est laborieux indigne de la génération bilingue.

 

Samba Thiam a dominé le débat au chapitre qu’il maîtrise : démontrer que les médias surtout officiels sont dominés par les arabo-berbères. Ainsi il a dit qu’à la TVM les poulars, les soninkés et les oualofs n’ont droit qu’à 30 min à des heures ingrates, tout le reste est aux arabo-berbères. Cela peut être vérifié par chacun.

 

Il a pris l’exemple du bac C où il dit que sur 100 admis il n’y a que 2 négro-mauritaniens et justifie cela par le fait que dans cette série les sciences étant enseignées en français (sic !) les arabo-berbères et les négro-mauritaniens ont les mêmes chances sauf qu’ensuite vu les coefficients attribués aux autres matières en arabe, le négro-mauritanien est pénalisé.

 

Là intervient le  modérateur qui demande pourquoi les négro-mauritaniens ne parlent pas l’arabe qui est enseigné depuis le primaire et pourquoi parlent-ils plutôt français ? Thiam ne dit rien et donne d’autres exemples de recrutements qu’il juge destinés qu’aux maures blancs. Il donne l’exemple du prytanée militaire, polytechnique à Nouakchott. En face personne ne lui répond.

 

Samba Thiam rappelle que c’est le colon qui a rassemblé les maures et les négro-mauritaniens dans ce qui est la Mauritanie car avant le colon il n’y avait que des émirats maures et les royaumes du Fouta du Walo et du Guidimakha. Faisant de cette entité une zone tampon entre le nord arabo-berbère et sud noir africain.

 

Samba Thiam estime qu’aujourd’hui, contrairement à hier, les négro-mauritaniens voient leur culture,  leur droit à l’égalité réduits à la portion congrue.

 

Jusque-là Samba Thiam n’avait pas fait d’erreur et ses arguments pouvaient être discutés par les deux d’en face sans qu’ils ne remportent la partie. C’est ensuite que cela se gâte…


En juriste, le Cheikh Abdallahi a bien commencé, fondant son argumentaire sur la constitution de la république islamique de Mauritanie votée par le peuple mauritanien. Il a expliqué que tout le monde a les mêmes droits et rien n’établit dans les textes la discrimination dont parle monsieur Thiam qu’il accuse de parler pour lui-même car il ne représente personne vu que « des millions » de poulars ont voté cette constitution.

 

Thiam Samba a voulu critiquer la constitution mais sans attendre qu’il n’achève sa pensée le juriste se déchaîne en lui interdisant  même de critiquer la constitution car elle s’impose à tous. Argument stupide puisque les gens de l’UPR l’ont discutée comme d’autres pendant le dialogue pour changer cette constitution donc on peut bien en parler.

 

D’ailleurs le journaliste le rappelle, le juriste encaisse mais ne baisse pas les armes car il cherche à énerver Thiam Samba pour qu’il dise une énormité, quelque chose qui va prouver que c’est un raciste né en plus d'être quelqu’un qui ne respecte pas la démocratie.

 
 

Le juriste utilise une technique dont le meilleur exemple est l’épilogue d’un film de 1992  « les hommes d’honneur » où l’avocat Tom Cruise pousse à la faute le colonel, joué par Jack Nicholson, à la fin du film au milieu de l’audience en jouant sur sa psychologie. Le colonel s’emporte crache le morceau et se rend compte à la fin de sa tirade qu’il a perdu…

 

Là c’est pareil.

 

D’abord le décor. C’est la TVM, chaîne officielle du pouvoir. La langue du débat est en français exclusivement donc l’audience est censée avoir accès à bien des articles où sont défendus les arguments pro négro-mauritaniens qui n’arrivent pas aux oreilles des arabisants. Le juriste n’a rien à perdre, s’il perd, il ne perd rien mais s’il réussit à faire craquer Thiam Samba alors il lui aura porté un coup rude chez les francophones de bonne foi qui sont bien moins intoxiqués que les arabisants sur les sujets en question.

 

Moi-même qui ai 41 ans, j’ai grandi avec l’idée que les FLAM étaient les méchants négro-mauritaniens qui ont voulu faire un coup d’état pour exterminer les maures ou du moins prendre le pouvoir. Ce n’est qu’ensuite à force de lectures que les choses se sont nuancées mais combien de maures exclusivement arabisants ou hassanophones peuvent en dire autant ?

 

C’est dire l’enjeu des sorties de Thiam Samba. Il faut dire que le pouvoir a remarqué que depuis leur retour d’exil, personne n’a trouvé à redire aux sorties de Samba Thiam. Toujours posé, argumentant, défendant la Mauritanie plurielle et surtout le droit à l’orgueil des négro-mauritaniens. Internet, Facebook a permis de créer de vraies passerelles d’échanges.

 

Chacun de nous commençait sérieusement à se demander pourquoi diaboliser les FPC alors qu’ils ne fuient jamais le débat contradictoire. J’imagine donc qu’il fallait casser cette dynamique de la réussite en terme de communication et c’est à cela que s’est attelé le juriste Cheikh Abdellahi Ould Ahmed Babou.

 

Nous y sommes. Thiam Samba essaie de dire pourquoi il ne se reconnaît pas dans cette constitution. Le juriste l’attaque surtout depuis la première faute de Thiam celle où il dit «  votre constitution » et non « notre constitution ». Terrible erreur sémantique face à un juriste qui sait qu’une affaire se gagne ou se perd sur un mot parfois une virgule. 

 
 

Le journaliste demande au juriste de laisser Thiam s’exprimer. Samba demande un débat civilisé mais le juriste insiste, entre en crise pour dire que quelqu’un qui dit «  votre constitution » et non «  notre constitution » soi-disant que c’est la constitution des biranes ne mérite pas qu’on discute avec lui.

 

Le journaliste essaye de calmer le jeu pour que monsieur Thiam puisse terminer sa pensée car Thiam dit qu’avant de vociférer il faut au moins écouter et laisser les gens s’exprimer après on peut être contre. Là le juriste se tait par une ruse d’avocat juste reculer pour mieux sauter à la gorge de Thiam.

 

Thiam ne se doute de rien. Il croit même avoir marqué un coup en faisant sortir le juriste de ses gongs et en prouvant que ce n’est pas un intellectuel juste un hystérique.

 

Thiam explique alors que dans la constitution il y a écrit que la Mauritanie est arabe islamique et africaine. Les autres lui disent  « et alors ? Qu’est-ce qui vous gêne ?  »  

Moi-même j’ai été surpris et je me demandais bien qu’est-ce que Thiam allait nous sortir.  C’est alors qu’il a dit qu’il ne s’y reconnaissait pas car africain c’était la zone géographique comme la Tunisie est africaine. Thiam voulait à la place la mention arabe, islamique et négro-africaine.

 

Ça se discute même si c’est un peu faible par rapport à l’urgence qui est ailleurs à savoir l’arabisation débridée, le sacrifice du français et surtout le mépris du hassania première langue nationale de la majorité qui ne parle pas arabe et qui demain ne pourra plus suivre aucun débat. Tout sera aux mains d’une minorité baragouinant l’arabe comme Messoud et Aziz avant qu’une autre génération d’arabisants mieux formatés prenne la relève. Ce jour-là, ce sera la victoire de la colonisation arabe qui aura tué le hassanya dernière trace de l’arabo-berbérité. En cela le Daoud Ould Ahmed Aicha a le mérite de défendre les biranes dont le hassania et toute la culture qu’il porte vont être rayés de l’identité OGM actuellement bricolée par des complexés idolâtres de puissances étrangères dont la racine arabique est sur un autre continent.


Dès que Thiam a fini sa phrase, le juriste a repris sa crise à propos du «  votre constitution ». Le journaliste a demandé à Thiam Samba de retirer le « votre » et c’est là l’incroyable erreur du fin leader, car il a dit «  je ne retire rien ! ».

 

C'est comme Trump qui dit qu’il ne reconnaîtra pas l’issue des urnes, une première dans l’histoire de la démocratie américaine.

 

En refusant de retirer son « votre », Thiam Samba refuse de reconnaître le choix du peuple mauritanien qui a voté cette constitution qui s’impose à tous comme le dit le juriste qui venait là de gagner la partie.

 

Les arabisants vont voir l’émission sans rien comprendre sinon les cris. Ils demanderont «  que s’est-il passé ? » et on leur dira que c’est le président de Flam qui dit qu’il ne reconnaît pas la constitution car elle n’est à ses yeux que la constitution des biranes qu’il appelle arabo-berbères étant entendu  que pour cette majorité gavée au zig de l’arabité errante, la berbérité des ancêtres est devenue un authentique gros mot…

 

Voilà de quoi justifier que le pouvoir refuse de donner un récépissé aux FPC.

 

Incroyable erreur !

 

Quant au juriste frénétique, il doit se calmer car la constitution arrivage ne vaut pas cette comédie puisque plusieurs fois certains ont décidé de la suspendre le temps de rectifier. Ensuite le fameux peuple souverain a même fini par élire le dernier qui a joué de l’interrupteur.  La constitution est de faible constitution, elle date d’hier comme l’état de droit dont le processus n'est en cours que parce que les militaires civilisés l'autorisent car rien ne les empêche de sonner la fin de la récréation et chacun rentrera chez lui la queue entre les jambes en maugréant «  c’est pas démocratique ça ! »

 

Vlane AOSA

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