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un grain de sable pour secouer la poussière...

Formation du nouveau gouvernement : En attendant 2019

Jeudi 18 Octobre 2018 - 16:45

Les Mauritaniens attendent, depuis quelque temps, la formation du nouveau gouvernement. En effet  et comme le veut la tradition, un nouveau gouvernement est mis en place après chaque élection législative, pour refléter la volonté du peuple exprimée à travers les urnes. Le président de la République ne semble pas se presser. À l’instar du président Macron qui, pour justifier  le retard apporté  au remaniement ministériel attendu, depuis la démission, il y a quelques jours, de Gérard Collomb, explique que les hommes ne sont pas interchangeables et qu’il faut, par conséquent, prendre le temps de les connaître et ne pas agir sous la pression. Ici, Mohamed Ould Abdel Aziz n’a pas besoin de se justifier –il est le maître des horloges –ce qui  ne manque pas d’ouvrir la voie à toutes les supputations. Cela dit, le président de la République doit  bien manœuvrer et tenir compte de plusieurs facteurs.
 

S’Il  ne fait pas modifier, comme il l’a maintes fois répété, la Constitution pour briguer un troisième mandat, objet de toutes les spéculations, il doit  donc quitter le pouvoir en 2019, ce qui le contraint à se choisir un dauphin fidèle et loyal, histoire de garantir ses bases arrières, voire assurer son retour aux  affaires en  2024. L’élection de son alter égo, Cheikh Ould Baya, à la présidence de l’Assemblée nationale est une des toutes premières pièces du puzzle. Pressenti d’abord comme dauphin potentiel de l’actuel Président dont il est l’un des très proches, Ould Baya atterrit au perchoir, ce qui lui permettrait d’assurer l’intérim  et donc parer à toutes les éventualités.

 

Couleurs et régions…
 

Mais, si la promotion d’Ould Baya, élu sous les couleurs UPR, est logique, celle de Boydiel Ould Houmeid,  au poste de 1er vice-président laisse perplexe. On connaît, certes, sa proximité avec Ould Abdel Aziz, mais pourquoi attribuer un tel poste au chef d’un parti – El Wiam – réputé opposition « modérée » qui ne dispose que de deux députés à l’Assemblée nationale, plutôtqu’à celui d’un parti de la majorité présidentielle, comme l’UDP, El Karama ou Sursaut ? À moins qu’El Wiam ait fini de rejoindre ladite majorité, comme l’a laissé entendre le porte-parole du gouvernement, en réponse à une question d’un journaliste, à propos, justement, de cette promotion…

Certains y voient même un nouveau pied de nez d’Ould Abdel Aziz à l’UPR pour laquelle il a pourtant réclamé une majorité écrasante, lors de la campagne électorale passée. Plus prosaïquement, ce choix entrerait dans le cadre des manœuvres en cours. Ould Baya a pris la place qui revenait, jusqu’ici, à un hartani, histoire de coller à ce qu’on  appelle, ailleurs, la discrimination positive, au demeurant bien de chez nous. C’est cette dérogation à la « règle bien établie du perchoir » qui expliquerait le retard pris dans « l’élection » du président de l’Assemblée nationale, murmurait-on sous les arcades de la désormais unique chambre du Parlement. Boydiel en 1er vice-président répondrait, d’une certaine manière, à cette préoccupation.
 

Elle peut aussi aller au-delà. Non seulement le président d’El Wiam pourrait assumer l’essentiel de la charge – Ould Baya ne s’y accommodant que très peu – mais il pourrait, même, hériter pleinement du poste, au cas où Ould Baya serait appelé ailleurs. Boydiel ould Houmeid est un homme de poigne qui n’hésitera à en découdre avec les membres de l’opposition dite radicale. Ses relations avec celle-ci ne sont pas qu’amicales. Le « pachyderme » est un partenaire, comme chacun sait, indispensable, dans la perspective de la prochaine présidentielle. Il vaut mieux l’avoir dans son camp. L’attelage Ould Baya-Ould Houmeid serait ainsi la seconde pièce du puzzle d’Ould Abdel Aziz, au Parlement que d’aucuns suspectent de se garder bien au chaud l’hypothèse de modifications constitutionnelles...

Après ces choix hautement stratégiques, le président de la République doit désigner un premier ministre – un arabe blanc, comme depuis si longtemps ? – loyal et fidèle mais, surtout, dont l’image passe bien au sein de l’opinion, contrairement à celui qui dirige l’actuelle équipe gouvernementale. Ould Hademine est tout le contraire de son prédécesseur, Ould Mohamed Laghdaf. On accuse l’homme de Djigueni de faire trop de vagues et de traîner de trop nombreuses casseroles. On le suspecte également d’avoir eu  la peau du wali du Brakna, son rival pour ne pas dire adversaire, politique, Ould Khattri dont la sœur  vient d’être élue députée sur les couleurs d’Adil. Le torchon qui brûle, entre les deux hommes, date de la réimplantation de l’UPR.
 

Pourquoi donc pas un membre de la composante noire ? Des noms en ce sens, dont celui d’Ould Merzoug, circulent depuis quelques temps. Cette autre dérogation à la règle qui imposait, jusqu’ici,  de réserver le poste de Premier ministre aux régions  de l’Est du pays, considérées comme le réservoir électoral du parti au pouvoir. On notera, ici, que les dernières élections ont battu en brèche cette dernière assertion et que Boydiel s’est lui-même élevé, il y a peu, contre le systématisme de ladite règle…
 

Plus que jamais, c’est à éviter les frustrations des communautés, des régions et des tribus qu’Ould Abdel Aziz doit manœuvrer, ménageant son attelage à l’approche de 2019. C’est, en définitive, en cette perspective, qu’il faut entendre les choix opérés par le Président. Nous voici donc revenu au début de notre questionnement : qui sera le dauphin ? Ould Baya casé à l’Assemblée nationale, les yeux se braquent sur le chef d’état-major des armées, le général Ghazwani. L’homme aurait les faveurs des pronostics, aussi bien de l’armée, que de certains segments de l’opposition et autres chancelleries occidentales. Mais d’aucuns croient savoir, au regard du placement de certains galonnés, au niveau des forces de défense et  de sécurité, que le maître des horloges, détenteur de la clef de l’énigme, pourrait fort bien sortir, de son chapeau, un autre joker…
 

DL

source lecalame.info

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