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La Mauritanie s’enfonce dans l’Injustice et le déni de Droit

Samedi 17 Mars 2018 - 23:39

Dans la dernière interview qu’il a accordé à l’hebdomadaire parisien Jeune Afrique le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz s’est dit surpris de voir des opposants mauritaniens aller s’installer au Sénégal car, a-t-il justifié,  en Mauritanie : « Toutes les libertés sont garanties » ; « aller au Sénégal et dire que l’on est opposant  relève d’une décision individuelle de ces personnes. Elles peuvent revenir en Mauritanie quand elles le veulent. Elles ne seront pas inquiétées. Pas une seule question ne leur sera posée»

Croyez- vous que cette profession de foi va rassurer les membres du Groupe Ewlad Leblad ou les autres journalistes exilés au Sénégal.

Petit rappel des faits, En Janvier 2015 Hammada Ould Sidi du Groupe Ewlad Leblad est accusée par la police politique de viol, le parquet l’a orienté avec demande mise sous écrou vers le juge d’instruction du 3ème cabinet chargé de la drogue. Mais devant la grossièreté du montage le juge dût le libérer en le plaçant sous contrôle judiciaire, une décision contre laquelle le parquet fera appel. Entre temps Ses amis organisent une conférence de presse au cours de laquelle ils révèlent que le Conseiller Spécial du Président, Hmeyda Ould Bah après les avoir menacé, leur a proposé de chanter les louanges du président Aziz en échange de l’abandon des charges. Ayant refusé, Hammada est repris et jeté sur la base de l’appel formulé par le parquet. Et c’est en faisant mine finalement d’accepter qu’il est sorti de prison et qu’il put prendre la fuite avec ses autres amis au Sénégal.

Ishaac, le lead vocal du groupe a lui aussi été l’objet en février 2006 d’une tentative d’assassinat contre laquelle il a déposé plainte à Dakar. Et pire, ses enfants sont privés de leur droits à l’obtention des papiers d’identités qui permettrait de s’inscrire à l’école. Aujourd’hui, ils sont encore dans une mahedra. Tous comme les enfants de Moustapha Limam Chaffi privés eux aussi de leur papiers parce que leur père est un opposant au régime. Il y a quelques semaines, le poète Abdallahi Ould Bouna fut extradé par vol spécial des Emirats Arabes Unis, jeté en prison pendant plusieurs semaines il ne sortit qu’après avoir enregistré un poème à la « gloire » de Mohamed Ould Abdel Aziz. L’année dernière les journalistes Babacar N’Diaye et Jedna Ould Deida furent placés sous mandat de dépôt sur plainte du fils du chef de l’Etat plainte qui avait été diligentés dans un temps record. La Justice ne s’est pas embarrassée de la dépénalisation du délit de presse.  Actuellement, trois journalistes et l’administratrice du site cridem sont poursuivis pour corruption (sic) dans un dossier rocambolesque.

Les militants Abdallahi Salem Ould Yali, Abdallahi Maatalla Seck et Moussa Bilal Biram sont détenus pour des délits d’opinion. Tous les jours, la police du régime fait usage de la force pour disperser de paisibles manifestants qui essayent d’exercer le droit à la manifestation garantie par la Constitution. Récemment les réseaux sociaux ont fait cas d’un jeune manifestant, battu et déshabillé et frappé en pleine rue.

Suite à une décision de justice surprenante, le pouvoir s’est fourvoyé dans l’élection d’un nouveau président du patronat en évinçant de manière illégale le président sortant qui était soutenu par la quasi-totalité de ses collègues.  

Tous ces exemples  montrent, s’il en était besoin, qu’au-delà de la rengaine habituelle sur l’Etat de Droit et sur l’indépendance de la justice, en Mauritanie, ce ne sont pas les délinquants   qui ont le plus à craindre de la justice mais les honnêtes citoyens, pour peu qu’ils ne plaisent pas aux gouvernants du moment.

Lorsque les magistrats cèdent à la tentation d’user, et parfois d’abuser du placement en détention provisoire sans autre fondement que celui intolérable d’exaucer le vœu du pouvoir politique. Et souvent, le prévenu sort en liberté provisoire suite à un arrangement avec le pouvoir : La Mauritanie détient sans doute le record mondial du nombre de personne en situation de liberté provisoire.     

http://mauriweb.info/node/4448 En Mauritanie, le Ministre de la Justice, le Procureur de la République, le juge d’instruction et les commissaires de Police déploient tous les moyens mis à leurs dispositions par la collectivité nationale pour exercer de l’injustice contre les citoyens. Les droits individuels et collectifs sont bafoués et les magistrats et leurs auxiliaires sont tenus de se conformer et de  céder aux humeurs et caprices du président Mohamed Ould Abdel Aziz qui est passé maitre dans l’art de distribuer l’injustice. On accuse, on inculpe, on emprisonne, on libère ou on gracie au gré de l’humeur du chef de l’Etat.

 Ces comportements auxquels on commence à nous habituer ces derniers temps sont la preuve d’un haut sens de… l’injustice. A telle enseigne que beaucoup de nos citoyens ont adopté la dénomination de Ministère de l’Injustice pour nommer le département en charge de ce secteur.

 Chaque jour qui passe, l’indépendance des institutions est battue en brèche, par un pouvoir sourd et aveuglé par la haine et qui se comporte avec le pays comme avec sa chose privée.  

Face à cette injustice, l’indifférence est criminelle et le silence vaut complicité sinon duplicité. Mais l’injustice est si répandue dans tous les domaines que l’on est tenté de la considérer comme découlant de l’ordre normal des choses. Les proches du président,   se comportent en courtisans. Et la Mauritanie est devenue le royaume de l’imposture, du mensonge et du faux semblant. L’argent public finit toujours dans des poches privées, car Ould Abdel Aziz est en train de réussir le coup de force de faire éclore en un temps record une génération d’hommes d’affaires pour la plupart analphabètes et incultes et qui ne se prévalent que de la proximité avec le chef. Pendant ce temps on continue à pérorer des slogans creux et dont la vacuité n’a pas résisté à la confrontation avec la dure réalité. Plus personne n’est dupe, la Mauritanie est mise en coupe réglée par un groupe de personnes qui gouvernent à coup de promesses et de menaces. Mais plus en plus de personnes se rendent compte que les promesses ne sont souvent pas tenues et quand bien même elles le seraient on ne finirait jamais de payer les pots cassés.

source mauriweb.info

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