Au cours des vingt dernières années, les prix des carburants en Mauritanie ont connu une succession ininterrompue de modifications, comprenant de multiples hausses et baisses, pour un total de plusieurs dizaines de révisions.
Le rythme des hausses a atteint son apogée entre 2010 et 2012, période durant laquelle les ajustements se sont succédés à intervalles rapprochés, avant de ralentir relativement au cours des années suivantes.
Depuis 2022, les prix ont repris une tendance à la hausse progressive, et les révisions se sont poursuivies jusqu’en 2026, dans le cadre d’une politique gouvernementale visant à restructurer le système de subventions et à lier les prix aux fluctuations des marchés mondiaux.
Les gouvernements mauritaniens successifs ont continué de justifier ces hausses par le lien entre les prix locaux et les fluctuations des cours du pétrole sur les marchés mondiaux, tout en affirmant que la révision des prix ne signifiait pas l’abandon du soutien de l’État aux carburants, mais s’inscrivait dans le cadre d’un équilibre entre la protection du pouvoir d’achat et la maîtrise du coût des subventions publiques.
Dans ce rapport, nous passons en revue les principales modifications des prix des carburants adoptées par les gouvernements au cours des vingt dernières années.
2006 : trois hausses en un an
L’année a débuté sur le rythme de hausses successives, avec une première augmentation qui a fait grimper les prix de l’essence de 7,7 % et du gazole de 11 %, suivie d’une deuxième hausse de 4 % en février.
Au cours de l’une des hausses les plus marquantes, le prix du litre d’essence est passé de 250,2 à 302,8 MRO, soit une augmentation de 52,6 MRO (environ 21 %), tandis que celui du gazole est passé de 217,7 à 247 ouguiyas, soit une hausse de 29,3 ouguiyas (environ 13,4 %).
Ces ajustements précoces reflètent le début d’une tendance vers une révision périodique des prix.
2008 : une hausse soudaine de près de 20 %
Une hausse soudaine a fait passer le prix du gazole de 253 à 303 ouguiyas (+19,7 %) et celui de l’essence de 289 à 340 ouguiyas (+17,6 %), sans annonce officielle expliquant les raisons de cette décision, alors que les estimations la lient à la hausse des cours mondiaux du pétrole.
2010 : une série d’augmentations successives
On enregistre cette année-là cinq hausses majeures :
– 11 avril : une augmentation d’environ 10 %, avec une hausse d’environ 20 ouguiyas pour l’essence et de 22 ouguiyas pour le mazout.
– 6 juin : essence à 324,1 et mazout à 263,1.
– 3 novembre : essence à 334,9 et mazout à 272,5.
– 18 novembre : essence à 340,4 et gazole à 276,8.
– 20 décembre : essence à 350,1 et gazole à 285,4.
Au cours de l’année, le prix de l’essence a augmenté d’environ 35 % à 40 % par rapport au début de l’année, ce qui reflète une accélération manifeste du rythme des révisions.
2011 : une succession de hausses à intervalles rapprochés
– 9 et 31 mars : deux hausses consécutives ont entraîné une augmentation progressive des prix.
– 2 et 19 mai : poursuite de la hausse.
– 28 juillet : essence 378, gazole 312,2.
– 19 septembre : essence 388,7, gazole 316,8.
– 20 octobre : essence 386, gazole 321.
– 6 décembre : essence 393,5, mazout 327.
– 22 décembre : mazout 330,7.
À la fin de l’année, le prix de l’essence avait augmenté d’environ 40 ouguiyas (près de 12 %), avec des hausses similaires enregistrées au cours des mois consécutifs.
2012 : hausses quasi mensuelles
– 15 janvier : hausse des prix du gaz butane, la grande bouteille passant à 3 000 ouguiyas (soit une augmentation de 800 ouguiyas, environ 36 %).
– Janvier : essence 396, mazout 334,4.
– 20 février : essence 400, mazout 341,5.
– 28 mars : essence 407, mazout 348.
– 29 mai : essence 411, mazout 352.
– 24 juillet : essence 416, mazout 358.
– 29 août : mazout 360,9.
16 septembre : nouvelle hausse concernant l’essence et le mazout.
Il apparaît clairement que l’année a été marquée par des hausses répétées, ce qui a conduit à une révision quasi permanente des prix.
2013 : un rythme relativement plus modéré
– 29 janvier : diesel 400 ouguiyas.
– 6 septembre : essence 436,6, diesel 384,6.
Par rapport aux années précédentes, le rythme des hausses a ralenti, même si les prix ont continué d’augmenter.
2022 : retour des hausses
– 15 juillet : une nouvelle hausse a fait grimper le mazout de 11,5 ouguiyas et l’essence de 13 MRO, dans un contexte de hausse mondiale des prix de l’énergie.
2026 : crise énergétique mondiale
– Début 2026 : libéralisation partielle des prix tout en maintenant les subventions.
– 2 février : nouvelle hausse.
– 4 mars :
– Baisse du prix de l’essence d’environ 26 à 27 MRO
– Hausse du prix du diesel d’environ 5 %
– 31 mars :
– Gazole 563,5 ouguiyas (+10 %)
– Essence 589,7 ouguiyas (+15,3 %)
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Hausses répétées des prix du carburant, puis un calme relatif Comment les prix des carburants ont-ils évolué au cours des deux dernières décennies en Mauritanie ?
