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Dialogue politique en Mauritanie: modifications constitutionnelles et référendum?

Vendredi 30 Septembre 2016 - 20:09

« Les propositions et recommandations requérant des modifications constitutionnelles seront soumises au plébiscite populaire par voie référendaire. » A déclaré Mohamed Ould Abdel Aziz, jeudi à l’ouverture d’un dialogue entre partis de la majorité présidentielle et une partie de l’opposition politique en Mauritanie. 

Ces assises se déroulent sans le Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU), principale coalition de l’opposition dont les leaders contestent le pouvoir actuel et ont mis en garde contre toute  velléité du chef de l’Etat à briguer un troisième mandat présidentiel.  Selon certains commentateurs, ces propos ouvriront la voie à l’intégration dans une nouvelle constitution de dispositions pouvant permettre à l’actuel chef de l’Etat dont le second et, normalement dernier mandat, expire en 2019, de chercher à rempiler. Jemil Mansour, Président du parti islamiste Tawassoul et membre du FNDU a déclaré : « Ce n’est pas le moment de toucher à la constitution qui est un texte fondamental dont l’élaboration et la révision demandent un consensus ». Pour lui, « il faut craindre qu’un référendum proposé par un dialogue unilatéralement décidé ne fasse sauter les verrous sur les articles liés aux mandats électifs et à l’âge de candidature. »  Quant à Ibrahima Sarr, député et Président du parti Alliance pour la Justice et la Démocratie/ Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR) autre parti de l’opposition ne prenant pas part au dialogue, il  à déclaré : « Tant qu’un référendum ne prend pas en compte les questions d’Unité Nationale et de cohabitation, cela ne nous intéresse pas. » 
 
En Mauritanie, un président ne peut être réélu pour plus de deux mandats et l’âge limite de candidature est fixé à 75 ans. Selon la constitution (article 29) le président élu doit jurer par Allah de ne pas modifier les articles 26 et 28 qui limitent le mandat présidentiel à cinq ans renouvelable une seule fois. Un verrou qui rend impossible la modification de certains articles portant notamment sur les mandats électifs. Mais l’article 99 de la Constitution dispose que  « l’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au président de la République et aux membres du Parlement. L’enjeu du dialogue qui vient d’être ébranlé sans l’opposition radicale s’est dessiné dans le discours d’hier qui contient ainsi une  évocation d’un référendum constitutionnel. 
 
En mars dernier, des ministres avaient estimé publiquement que le président mauritanien « méritait un troisième mandat afin de parachever ses réalisations  à la tête de l’Etat ». La majorité ou tout le peuple mauritanien souhaite voir  le Président Ould Abdel Aziz briguer un troisième mandat.   Avait justifié Mohamed Lemine Ould Cheikh, ministre porte parole du gouvernement qui tentait d’argumenter devant les médias les propos de ses collègues des finances et de la justice.  "Certains ministres ou la majorité des Mauritaniens ou tout le peuple mauritanien ont la conviction que le président mérite un troisième, un quatrième ou cinquième mandat". Avait dit en substance Ould Cheikh. Me Brahim Ould Daddah, ministre de la justice,  avait en effet proposé à l’Assemblée  d’appeler le chef de l’Etat mauritanien à « briguer un troisième, voire quatrième mandat ». Suffisant pour courroucer  les parlementaires de l'opposition qui exigeront des excuses, voire sa démission,  pour « propos anticonstitutionnels. » Face aux protestations, il a déclaré devant le sénat ne pas être disposé à se laisser  déranger par le jeu des politiques. Pour lui, «la volonté des nations et des peuples est supérieure à la Constitution, en ce sens que ce sont les peuples qui en sont la source.  « Il est interdit de transgresser la constitution, mais pas de la changer. »
 
Le Forum national pour la démocratie et l'unité (FNDU),  qui avait parlé de tournant dangereux" et de violation "de la constitution et des règles morales", avait décidé de rompre avec le pouvoir en réaction aux propos des membres du gouvernement. "Nous interrompons tout contact avec le pouvoir tant que des ministres du gouvernement ne retireront pas leurs propos relatifs à une modification de la constitution pour accorder un troisième mandat au président Mohamed Ould Abdel Aziz » pouvait-on lire dans une déclaration du FNDU rendue à cette époque.
 
Mohamed Ould Abdel Aziz est arrivé au pouvoir par un putsch en 2008. Il est élu en 2009 à l’issue d’un scrutin rendu possible par des accords signés à Dakar entre la junte qu’il dirigeait et l’opposition qui avait tenté de faire échouer sont coup d’Etat. Réélu en juin 2014, avec plus de 81% pour un second et dernier mandat  il n’a toujours pas affirmé avoir le souhait de rester au pouvoir. Tout juste avait-il lancé en mai 2016 que le sénat devait être supprimé à la faveur d’un référendum constitutionnel.
 
Les participants au dialogue ouvert le 29 septembre auront dix jours à partir du lundi pour examiner les points qui requièrent une révision constitutionnelle. Et selon M. Kane Hamidou Baba, Président du parti Mouvement Pour la refondation et leader politique du FNDU,  l’opposition examine  les risques liés aux conclusions d’un dialogue qui ne fait pas l’unanimité et se déroule comme un monologue. 
Kissima

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