. chezvlane



un grain de sable pour secouer la poussière...

Erreur de communication à la présidence : le ministre de la santé vole la vedette à Ghazouani

Mercredi 13 Novembre 2019 - 08:57

Vu la charge émotionnelle en matière de santé publique, jamais sous Aziz, un ministre n’aurait pu s’attirer à lui seul la sympathie et même l’admiration de la majorité des mauritaniens toutes tendances politiques confondues à tous les niveaux de la société surtout avant d’avoir le moindre bilan significatif en la matière. Sous Aziz, aucun ministre n’aurait jamais osé articuler deux phrases sans dire que tout se fait sur instruction du président de la république.
 
Avec son flair de populiste hors pair, Aziz aurait bondi sur l’occasion en allant jurer sur le Saint Coran que les mauritaniens seraient sauvés des marchands de la mort même s’il savait qu’il n’en ferait rien de sérieux car le sujet semble miné par des ramifications internes au régime comme les escroqueries de Cheikh Madoff.
 
On s’étonne que l’équipe de communication de Ghazouani n’ait pas compris très tôt la portée de cette lutte annoncée contre les faux médicaments. Ghazouani a peut-être raté l’occasion de paraître le président de la sécurité médicale.
 
Cette affaire de lutte contre les faux médicaments a un impact supérieur aux slogans d’Aziz « le président des pauvres » et « la lutte contre la gabegie » qui lui ont permis, au début de son règne, d’avoir un boulevard devant lui pour agir avec le soutien de la majorité des mauritaniens.
 
De partout on n’entend parler que du courage du ministre et tout le monde est invité à le soutenir. On entend peu ou pas parler dans cette affaire du courage de Ghazouani et personne n’est invité à le soutenir. Quelle occasion manquée ! Pourtant le ministre ne peut rien sans le feu vert du PM et celui de Ghazouani.
 
Seul dans le monde francophone, Hacen Lebatt a publié une vidéo rappelant que Ghazouani en campagne a assuré vouloir faire la guerre aux faux médicaments. On imagine mal que dans l’entourage du PM et de Ghazouani on n’ait pas saisi l’occasion manquée en matière de communication.
 
Reste à savoir s’il ne s’agit pas d’une erreur de communication mais d’une prudence politique vu la portée du sujet car si Ghazouani avait porté cette lutte une fois élu sans laisser faire le fusible ministre de la santé, c’eût été dire « qu’Aziz n’a rien fait en la matière » or Ghazouani n’est pas encore à l’heure de faire le tri du bilan azizien pour un héritage choisi.
 
La méthode Ghazouanienne est guerriéro-maraboutique. Maraboutique car il avance en finesse en plaçant ses pions en même temps qu’il donne aux barons de l’azizanie une compensation. Il essaye de se faire le moins d’ennemis possible sachant qu’il dispose aussi de la méthode guerrière avec l’armée à l’appui à savoir la menace psychologique telle qu’Aziz en a prouvé la redoutable efficacité sans tirer un coup de feu avec les prisons vides.
 
De plus, laisser au ministre cette affaire permet de faire avancer les choses prudemment car le ministre n’a pas les moyens de faire arrêter les barons responsables ni de les jeter en prison comme si Ghazouani leur laissait entendre « la récréation est terminée ou vous arrêtez ou il faudra vous arrêter »
 
Le problème, c’est que pour rester crédible, le ministre de la santé ne devra pas se contenter de fermer quelques pharmacies mais montrer les stocks de faux médicaments qui sont sur le territoire et faire arrêter les barons responsables sinon très vite le retour du boomerang le ridiculisera emportant avec lui la crédibilité du gouvernement donc du PM sans parler de Ghazouani...

VLANE

chroniques VLN | énergie / mines | politique | économie | affaires religieuses | interview | société | communiqué | droits de l'homme | actu opposition | diplomatie / coopération | ONG / associations | justice | sécurité | international | sports | Syndicats / Patronat | tribune | faits divers | vidéos | rumeurs | ndlr | culture / tourisme | pêche | Santé | medias | conseil des ministres | actu.g



Rubriques à la une

Recherche