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Birame Dah Abeid : «Je prends à témoin l’opinion publique sur la persécution dont je suis l’objet, moi et ma famille»

Dimanche 6 Août 2017 - 12:46

Le président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Birame Dah Abeid, a animé samedi 5 août 2017 une conférence de presse au cours de laquelle il est revenu sur les persécutions dont il se dit être victime, ainsi que sur le référendum constitutionnel dont le scrutin venait de s’ouvrir.


«Perturbés à leur âge par le traumatisme causé par les nombreuses incursions musclées des forces de l’ordre dans le domicile parental, mes enfants sont menacés d’apatride, car les autorités de l’état-civil en Mauritanie leur ont refusé le passeport, sous prétexte que celui de leur père va expirer dans six mois et ne sera point renouvelé ».», a déclaré le leader abolitionniste, Birame Dah Abeid. C’est le message fort, émouvant et poignant, sorti dans la substance d’une conférence de presse qu’il a animée samedi 5 août 2017. Le leader de l’IRA, qui déclare être persécuté à cause de sa «lutte intransigeante contre l’esclavage, le racisme et la discrimination qui frappe les négro-africains et les harratines en Mauritanie», prend ainsi à témoin l’opinion publique nationale et internationale.

Priver Birame du droit de circuler et le mettre sur écoute

«Me priver de voyage en me privant de mon passeport après son expiration, c’est le combat de tous les Mauritaniens et de tous les hommes épris de justice » a souligné Birame, précisant qu’en essayant de le priver de documents de voyage, le régime mauritanien risque de se mettre à dos la communauté internationale, car parmi les conventions que la Mauritanie a ratifiées, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 qui garantit en son article 13«la liberté de circuler », une déclaration à laquelle se réfère d’ailleurs la Constitution mauritanienne dans son Préambule et qui reprend ce principe en son article 10.

Birame se plaint également de la mise sur écoute de ses communications. Pour preuve, il cite l’incident de la confiscation de son passeport à Rosso. C’est en suivant une communication où il disait à un proche qu’il lui envoyait son passeport avec un dénommé Sid’Ahmed, afin qu’il entame pour lui les démarches pour son pèlerinage à la Mecque, que ce Sid’Ahmed a été intercepté à Rosso par la police avec  le passeport en question. Alors que le document était transmis au Directeur général de la Sûreté Nationale, le Général Ould Meguett, le jeune Sid’Ahmed aurait subi six heures d’interrogatoire sur l’adresse de Birame et sa famille à Dakar, ainsi que d’autres questions sur ses  éventuels visiteurs, en particulier s’il recevait la visite de l’homme d’affaires et opposant mauritanien en exil au MarocMohamed Ould Bouamatou, ou s’il recevait la visite de quelques officiels sénégalais.

Un poste de police pour surveiller sa maison

Birame se plaint surtout d’être sous la surveillance des Renseignements généraux. «Ils ont mis un poste de police à côté de mon domicile, pour surveiller ceux qui entrent et sortent de chez moi » informe-t-il, précisant que «des indics en civile se mêlent aussi aux citoyens qui lui rendent visite à son domicile, puis vont ensuite faire leur rapport sur ce qu’ils ont vu et entendu ».

Cette pression ininterrompue sur sa vie privée, ajoutée aux incursions de la police chez lui, les jets de gaz lacrymogène contre les foules qui l’accueillent à chaque retour de voyage, les asphyxies qui s’en suivent au sein de sa famille, de ses enfants et de ses voisins, l’avaient poussé dira-t-il, à offrir à sa famille des vacances à Dakarpour leur permettre d’obtenir un peu de répit et de vivre quelques temps, une vie de famille apaisée.

Birame s’en est ainsi pris au régime de Mohamed Abel Aziz, «un régime qui est bâti sur le mensonge, la dilapidation  des richesses nationales et la régression des valeurs ».

L’emprise de l’extrême droite esclavagiste

Pour Birame Dah Abeid, «les pseudos résistants dont le régime veut rehausser l’image au rang de martyrs ne sont en fait que des bandes de pillards et de coupeurs de route qui vivaient de razzias, de guerres tribales, d’esclavage et de désordre, inspirant à ce territoire qui n’avait pas encore de nom, celui de «Bilad Seyba » ou le bled du laisser-aller ». Selon lui, s’il y a des résistants qu’il vaille de saluer la mémoire, ce serait plutôt, des patriotes comme Baba Ould Cheikh Sidya qui a émis une fatwa qui rendait l’occupation coloniale française, malgré ses tares, un moindre mal par rapport à la situation qui prévalait. Selon lui, «grâce à la colonisation française, les bandes de pillards dont on veut saluer aujourd’hui la mémoire comme résistants, avaient été assagis, l’ordre rétabli, la sécurité installée, et les fondements d’un Etat balisés, pour donner lieu à ce qui est aujourd’hui la Mauritanie ». Ce retour à la résistancen’est d’après lui qu’une tentative de «s’inventer  une résistance qui n’est que le sceau d’un régime dominé par l’extrême droite nostalgique du système esclavagiste et raciste qui était en cours avant la pénétration coloniale ».

Un coup d’état constitutionnel

Revenant sur le scrutin pour le référendum constitutionnel qui se déroulait au moment de sa conférence, Birame a déclaré que ce scrutin était illégal dans la mesure où le processus référendaire a été stoppé net par le Sénat qui y avait mis fin. «Ce qui se passe actuellement, c’est un coup d’état constitutionnel que le peuple mauritanien a déjà rejeté en boycottant le scrutin ».
Selon lui, le régime de Mohamed Abdel Aziz vit ses dernières heures. «Le peuple mauritanien n’est plus disposé à le laisser poursuivre son œuvre de destruction » a-t-il martelé.

Cheikh Aïdara

source aidara.mondoblog.org

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