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un grain de sable pour secouer la poussière...

Miracle au milieu du chaos : ce mauritanien est la preuve qu’à Nouakchott tout était possible…

Mercredi 2 Août 2017 - 20:32


 
Un  jour un ami m’appelle pour me montrer un endroit qu’il m’annonce surprenant.  Nous voilà à l’entrée de la route de Rosso à quelques kilomètres du carrefour de Madrid. Route terrible, goudron misérable et tout autour c’est fatigué et pourtant c’est bien vivant machallah. Ici ce ne sont pas les bourses des bolides à plusieurs dizaines de millions de Tevrag-Zeina ni même la dernière Avensis à 5 millions pour la classe moyenne supérieure.
 
Ici c’est la bourse aux épaves.  A telle enseigne qu’une voiture repeinte inspire moins confiance qu’une voiture bien rouillée ici et là mais avec encore des traces coriaces de la peinture d’origine. D’origine, ce mot qui anoblit tout dans cet univers des carcasses.
 
Soudain, je vois mon guide qui s’apprête à quitter la route  avec un air qui m’annonce que c’est là : fin Pk 7. Je n’ose y croire car je ne vois rien qui puisse indiquer nulle part un endroit charmant surtout que là où l’on tourne s’agitent des mécaniciens au milieu de ferraille, le sol plein d’huile.

Devant pourtant, un mur comme une forteresse d’où débordent des arbres de toutes sortes qui semblent n’avoir pas été taillés depuis belle lurette.  Mon guide donne un coup de fil, le portail de la demeure s’ouvre et voilà qu’apparaît un maure souriant avec son bob sur la tête.
 

 
 

La voiture entre, on descend. Quelle surprise !  Entourés par les poubelles et les mécaniciens pirates sur une place publique, 3000 m2 de grands arbres pour la plupart fruitiers de toutes sortes plantés il y a bientôt 20 ans et donnant tous des fruits : palmiers, cocotier,  flamboyants, baobab unique à Nouakchott de cette taille,  jujubier d’Asie, prunier d’Afrique, pommier cannelle, figuier etc.
 
Nous sommes chez la main verte de Nouakchott : Bamba Samory Soueidatt !
 
Chez lui, sur cette terre de 3000m2 où tout pousse comme par enchantement de façon bio, on réalise que Nouakchott pouvait être tout à fait autre chose !  Sans lui, on pourrait croire que cette terre n’est bonne  à rien,  pauvreté du sol, sel, tout est prétexte à calomnier la terre pour épargner l’incapacité des hommes.
 
Il faut y aller pour réaliser ce que les incapables ont fait de cette ville et de ce pays.  Bamba Soueidatt dirige l’association Dbagana pour le développement et la protection de l’environnement.  Après une vie à travailler pour les banques,  le hasard le fit rencontrer  un couple de tortues malmenées comme on trouve mille animaux au bout d’une corde ici et là au hasard des rencontres.
 
Depuis, il en a 40 et depuis 2003 entre novembre et décembre, il lâche de nouvelles générations au  Traza, au Guidimakha, au Gorgol et au Brakna. Plus de 1600 lâchers de tortues !  Plusieurs reportages lui ont été consacrés par des chaînes étrangères sans que cela ne lui apporte d’autre soutien qu’une fois le PNUD et Ahmed Hamza du temps où il était à la tête de la CUN pourtant rien n’est plus d’utilité que son activité.
 
Chaque année il reçoit la visite d’étudiants de l’université mauritanienne des sciences. 241 cette année ! Ils trouvent outre les arbres, des tikits sorte de huttes qu’on trouve en Adar et au Tagant qu’il fit monter par un expert venu à cet effet.
 
 

En plus de ne recevoir aucun soutien, en plus d’avoir été rattrapé par la ville et entouré par les poubelles, voilà que des bras longs ont construit sur la place publique en face de son domaine des pièces louées aux mécaniciens qui polluent le sol, font un vacarme assourdissant en plus de ruiner la vue de son balcon.
 
Pourtant tous les documents qu’il a en main prouvent que ces constructions sont illégales. Aucune trace d’autorisation ni physique ni numérique. Il lance un appel pour que les autorités fassent appliquer la loi et obligent les pirates à déguerpir.
 
Bamaba Samory Soueidatt, homme de l’Adrar, rappelle qu’il existe encore en Mauritanie des nobles esprits loin d’être esclaves de l’appât du gain surtout aux dépens des autres et de la nature. C’est un ami de la nature, seul face à l’avancée de la Mauritanie de l’anarchie et de la pollution alliée des bras longs contre qui il ne peut rien sinon ne pas leur laisser la place.
 
Après avoir publié une vidéo sur ses petites tortues, des amis m’ont demandé s’il les vend. Il m’a répondu jamais ! Il les donne aux asthmatiques, allez lui demander pourquoi, sinon il les relâche dans la nature chaque année.
 
Son domaine et son activité méritent un soutien des autorités compétentes et des mécènes.
 
https://www.facebook.com/bamba.samorysoueidatt
 
Tel 22.07.29.76 

VLANE
















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