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M. Ahmed Taleb Maaloum, candidat à la présidence du Syndicat des Journalistes Mauritaniens : ‘’J’ai accepté de me présenter étant intimement convaincu que je saurai porter les espoirs de mes confrères et être digne de leur confiance’’

Jeudi 15 Juillet 2021 - 00:26

Le Calame : vous avez pris la décision de vous présenter à la tête du syndicat des journalistes mauritaniens. Pouvez-vous nous expliquer les raisons?
 

Ahmed Taleb Maaloum : J’ai toujours eu de l’amour pour la profession de presse que j’exerce depuis longtemps, un attachement à la liberté d’expression  et   une propension pour l’engagement en faveur de mes convictions et des causes justes de façon générale.
Par ailleurs, j’ai été contacté par un groupe de confrères qui me font confiance et m’ont demandé de me présenter pour assumer la charge de président du Syndicat des journalistes mauritaniens.
C’est en raison de tous ces facteurs que j’ai accepté de me présenter étant intimement convaincu que je saurai porter les espoirs de mes confrères et être digne de la confiance qu’ils ont, eux et tous les autres qui ont rejoint notre liste, placée en moi.
 

La presse mauritanienne est très décriée depuis quelques années et pour changer cette situation, le président de la République a mis en place une commission pour faire l'état des lieux et proposer des solutions. Elle a remis son rapport il y a quelques mois déjà. Qu'en attendez- vous?
 

-Les dysfonctionnements de notre presse ne datent pas aujourd’hui. Ils sont le fruit d’un foisonnement incontrôlé et mal encadré de centaines de titres, de dizaines de sites d’information. Cette anarchie qui a accompagné les premiers moments de la naissance de la presse concomitamment avec la démocratie dès le début des années 90, s’est malheureusement poursuivie tout au long des trois dernières décennies, amplifiée par une accumulation des dérives et un ancrage de mauvaises pratiques.
Cette situation s’est traduite par une détérioration des valeurs éthiques et professionnelle, un accaparement des lignes éditoriales par des groupes de pression, des pratiques déviantes et répréhensibles dans l’exercice de la profession, une dépréciation de la qualité de production journalistique…

C’est pourquoi nous estimons que la mise en place d’une commission pour faire le diagnostic et proposer des axes de réforme du secteur est indispensable. Il y va de la crédibilité de notre presse et de l’efficacité de son rôle dans l’architecture globale de la démocratie.
Nous sommes d’autant plus optimistes sur la qualité de son travail et des résultats auxquels elle parviendra d’autant plus  qu’elle est constituée d’éminents professionnels qui sont des références reconnues dans le domaine et justifient d’une grande expérience dans la presse.

Le fait que cette commission ait engagé une très large concertation avec tous les acteurs et organisé des fora d’échanges tout au long du processus de réflexion et d’élaboration de son rapport en dit long sur la justesse de son approche et l’exhaustivité de son travail.
Pour avoir pris connaissance dans le détail de son rapport, je puis vous assurer qu’une fois  les actions qu’elle a préconisées dans son rapport sont mises en œuvre et ses recommandations prises en compte, je suis persuadé que notre presse sera plus professionnelle,  plus respectueuse des règles déontologiques et éthiques et partant plus crédible.
A cela il faut ajouter une volonté politique affichée, ce qui provoquerait sans nul doute un environnement propice pour la prise  en compte du cahier des doléances que nous aurons à présenter pour les autorités et par la suite l'épanouissement du métier.

 

Que pensez-vous de l'aide à la presse? De sa gestion? La trouvez-vous significative?
 

-Notre presse est de tradition fort récente, mal structurée, sans moyens, reposant souvent sur des initiatives privées de personnes sans grande ressource. Quand on sait que dans certains pays dont la tradition de presse est multiséculaire, des subventions conséquentes sont accordées aux médias, on se rend bien compte que dans notre cas cette subvention s’impose avec plus d’évidence.
Pour être un pilier fondateur de la démocratie, notre presse mérite tout le soutien et l’appui nécessaires. Le relèvement du plafond des allocations accordées à la presse est en soi à saluer même si je considère que cela reste insuffisant et bien en deçà des moyens nécessaires à la mise à niveau de la presse pour que celle-ci se mue en véritables entreprises de presse formelles, avec des locaux, du personnel qualifié, des équipements appropriés.

S’agissant du système de sa gestion, je ne puis apporter un jugement pour le simple fait que je n’ai jamais été impliqué de près ou de loin dans son système de gestion et encore moins dans son contrôle. Toutefois au regard du changement des réactions dans les médias privés nationaux, j’ai plutôt l’impression que cette gestion s’est beaucoup améliorée au cours des dernières années.
 

-En vous présentant à cette élection, vous insistez sur la nécessite de faire du SJM un cadre inclusif. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

-Les organisations représentatives de la presse ne peuvent jouer efficacement leur rôle dans la défense de la profession et des hommes qui l’animent si elles ne sont pas inclusives, ouvertes à tous, apolitiques, professionnelles et respectueuses des valeurs déontologiques et éthiques qu’elles ont le devoir de défendre et de promouvoir. Ce sont là des préalables pour qu’un syndicat de journalistes puisse être rassembleur et fort pour défendre les intérêts des journalistes, tous les journalistes sans exclusive aucune.

 

-N' y aurait-il comme une espèce de fossé entre la presse arabophone et francophone? Si oui, qu’entendez-vous faire pour y remédier?
 

-Cette dichotomie, voire cette opposition que certains s’évertuent à vouloir créer dans le tissu de notre presse n’a pas sa raison d’être. Nous avons la chance d’appartenir à un pays multilingue ce qui fait d’ailleurs sa richesse culturelle. Que l’expression journalistique se fasse en arabe, en français ou dans les langues nationales, elle sert le même objectif. Les médias francophones ou arabophones ont les mêmes objectifs, les mêmes règles et les mêmes valeurs. Ils sont, aussi bien les uns que les autres, utiles et même indispensables à notre démocratie.

Cette vision sectaire et réfractaire à l’idéal du vivre ensemble tient d’un discours que nous espérons révolu.
Dans notre vision, le syndicat des journalistes mauritaniens et toute autre organisation professionnelle doivent se départir de ces considérations qui n’ont pas leur raison d’être.
Notre liste solidarité entend, une fois élue au syndicat, œuvrer à unifier les rangs de tous les journalistes, à s'investir avec force et sans relâche dans la défense des journalistes et nos intérêts, à entreprendre des actions de formations dans toutes les langues et à diversifier les passerelles entre les différents médias pour insuffler à notre presse une nouvelle dynamique de cohésion et de solidarité gage d’une meilleure défense de nos intérêts et de promotion de notre profession.

                               Propos recueillis par Dalay Lam

lecalame.info

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