La Banque africaine de développement (BAD) a porté en trois ans ses engagements financiers en Mauritanie de 147 millions à 659 millions de dollars. Cette progression, qui représente une hausse de 512 millions de dollars, s’inscrit dans le cadre du Document de stratégie pays 2023-2028 de la BAD. Cette stratégie vise à soutenir les priorités de développement de la Mauritanie à travers des investissements structurants dans des secteurs clés, notamment les infrastructures, l’énergie, l’eau, l’agriculture et la gouvernance économique.
La BAD explique que cette montée en charge vise à soutenir la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement de la Mauritanie, en finançant des projets jugés « transformationnels » dans les secteurs de l’énergie, du transport et des services sociaux de base. Les autorités mauritaniennes cherchent à capitaliser sur un cycle de croissance tiré par les mines et les hydrocarbures pour accélérer la diversification et combler les déficits d’infrastructures.
Un saut de taille dans la relation BAD–Mauritanie
Selon les données rendues publiques début juillet, le portefeuille de la BAD en Mauritanie n’atteignait que 147 millions de dollars il y a trois ans, avant de progresser à 659 millions de dollars à la faveur de nouvelles approbations dans les secteurs de l’énergie, de l’hydraulique, des transports et du capital humain. La banque panafricaine met en avant la cohérence de ces engagements avec son Document de stratégie pays 2023‑2028, qui identifie la compétitivité des infrastructures et la résilience comme axes majeurs d’intervention en Mauritanie.
Parmi les projets structurants soutenus par la BAD figure le projet d’interconnexion électrique Mauritanie-Mali, développé dans le cadre de l’initiative Desert to Power. Ce projet vise à renforcer les capacités énergétiques et l’accès à l’électricité dans les deux pays.
Des engagements concentrés sur l’énergie et les corridors
En matière d’énergie, la BAD finance notamment, avec d’autres partenaires, l’interconnexion électrique Mauritanie–Mali dont le coût global atteint 135 millions de dollars, dans le cadre de l’initiative Desert to Power visant à accroître l’accès à l’électricité en Afrique de l’Ouest. Ce renforcement des infrastructures électriques s’inscrit dans un environnement où Nouakchott vient aussi d’acter, fin juin, un accord de 669 millions de dollars avec ACWA Power pour une centrale au gaz de 230 MW à N’diago, même si ce projet relève d’un partenariat public‑privé distinct du portefeuille BAD.
Sur les transports et l’hydraulique, la BAD cofinance des programmes ciblant le renforcement des capacités de stockage, de pompage et de transport d’eau pour Nouakchott, ainsi que la construction ou la réhabilitation d’axes routiers stratégiques visant à améliorer l’intégration régionale et l’accès aux marchés intérieurs. Ces projets sont considérés comme des leviers pour réduire le coût logistique et soutenir l’essor des secteurs minier, halieutique et agricole, qui restent les principaux contributeurs à la croissance mauritanienne.
Un pays encore largement dépendant de l’appui extérieur
Le ministère français de l’Économie souligne que la Mauritanie reste fortement dépendante des financements extérieurs, avec un portefeuille actif d’une dizaine de projets de la Banque mondiale pour un engagement net de 360 millions de dollars et un cadre financier pluriannuel de l’Union européenne de 125 millions d’euros sur 2021‑2024, en complément des financements de la BAD. Cette dépendance reflète un tissu productif encore étroit, dominé par les industries extractives, l’agriculture et la pêche, malgré les tentatives de diversification engagées par les autorités depuis plusieurs années.
L’adhésion de la Mauritanie au Fonds de solidarité africain (FSA) en 2021 illustre par ailleurs le recours croissant à des mécanismes de garanties régionales : le FSA indique avoir déjà engagé 83 milliards de F CFA (environ 138 millions de dollars) de garanties, permettant de mobiliser 109 milliards de F CFA (environ 182 millions de dollars) de financements au profit d’opérateurs privés locaux.
Prochain rendez-vous : la mise en œuvre de la stratégie 2023‑2028
Pour la BAD, l’enjeu est désormais de convertir les 659 millions de dollars d’engagements en résultats tangibles, en suivant de près l’exécution de la stratégie 2023‑2028 et l’avancement des grands chantiers énergétiques, hydrauliques et routiers. Le dernier rapport du FMI sur la Mauritanie rappelle que le succès de ces projets conditionnera aussi la trajectoire de la dette extérieure, qui restait proche de 40 % du PIB sur la période de projection 2023‑2029.
capmad
La BAD explique que cette montée en charge vise à soutenir la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement de la Mauritanie, en finançant des projets jugés « transformationnels » dans les secteurs de l’énergie, du transport et des services sociaux de base. Les autorités mauritaniennes cherchent à capitaliser sur un cycle de croissance tiré par les mines et les hydrocarbures pour accélérer la diversification et combler les déficits d’infrastructures.
Un saut de taille dans la relation BAD–Mauritanie
Selon les données rendues publiques début juillet, le portefeuille de la BAD en Mauritanie n’atteignait que 147 millions de dollars il y a trois ans, avant de progresser à 659 millions de dollars à la faveur de nouvelles approbations dans les secteurs de l’énergie, de l’hydraulique, des transports et du capital humain. La banque panafricaine met en avant la cohérence de ces engagements avec son Document de stratégie pays 2023‑2028, qui identifie la compétitivité des infrastructures et la résilience comme axes majeurs d’intervention en Mauritanie.
Parmi les projets structurants soutenus par la BAD figure le projet d’interconnexion électrique Mauritanie-Mali, développé dans le cadre de l’initiative Desert to Power. Ce projet vise à renforcer les capacités énergétiques et l’accès à l’électricité dans les deux pays.
Des engagements concentrés sur l’énergie et les corridors
En matière d’énergie, la BAD finance notamment, avec d’autres partenaires, l’interconnexion électrique Mauritanie–Mali dont le coût global atteint 135 millions de dollars, dans le cadre de l’initiative Desert to Power visant à accroître l’accès à l’électricité en Afrique de l’Ouest. Ce renforcement des infrastructures électriques s’inscrit dans un environnement où Nouakchott vient aussi d’acter, fin juin, un accord de 669 millions de dollars avec ACWA Power pour une centrale au gaz de 230 MW à N’diago, même si ce projet relève d’un partenariat public‑privé distinct du portefeuille BAD.
Sur les transports et l’hydraulique, la BAD cofinance des programmes ciblant le renforcement des capacités de stockage, de pompage et de transport d’eau pour Nouakchott, ainsi que la construction ou la réhabilitation d’axes routiers stratégiques visant à améliorer l’intégration régionale et l’accès aux marchés intérieurs. Ces projets sont considérés comme des leviers pour réduire le coût logistique et soutenir l’essor des secteurs minier, halieutique et agricole, qui restent les principaux contributeurs à la croissance mauritanienne.
Un pays encore largement dépendant de l’appui extérieur
Le ministère français de l’Économie souligne que la Mauritanie reste fortement dépendante des financements extérieurs, avec un portefeuille actif d’une dizaine de projets de la Banque mondiale pour un engagement net de 360 millions de dollars et un cadre financier pluriannuel de l’Union européenne de 125 millions d’euros sur 2021‑2024, en complément des financements de la BAD. Cette dépendance reflète un tissu productif encore étroit, dominé par les industries extractives, l’agriculture et la pêche, malgré les tentatives de diversification engagées par les autorités depuis plusieurs années.
L’adhésion de la Mauritanie au Fonds de solidarité africain (FSA) en 2021 illustre par ailleurs le recours croissant à des mécanismes de garanties régionales : le FSA indique avoir déjà engagé 83 milliards de F CFA (environ 138 millions de dollars) de garanties, permettant de mobiliser 109 milliards de F CFA (environ 182 millions de dollars) de financements au profit d’opérateurs privés locaux.
Prochain rendez-vous : la mise en œuvre de la stratégie 2023‑2028
Pour la BAD, l’enjeu est désormais de convertir les 659 millions de dollars d’engagements en résultats tangibles, en suivant de près l’exécution de la stratégie 2023‑2028 et l’avancement des grands chantiers énergétiques, hydrauliques et routiers. Le dernier rapport du FMI sur la Mauritanie rappelle que le succès de ces projets conditionnera aussi la trajectoire de la dette extérieure, qui restait proche de 40 % du PIB sur la période de projection 2023‑2029.
capmad

BAD–Mauritanie : un portefeuille porté à 659 millions de dollars en trois ans