Le président américain Donald Trump a désigné Jessica Long pour prendre la tête de l’ambassade des États-Unis en Mauritanie. Sa nomination a été transmise au Sénat le 7 août 2026 et devra être confirmée avant qu’elle ne rejoigne son poste. Elle comblera une vacance de plus de deux ans : la représentation américaine à Nouakchott est dirigée par un chargé d’affaires depuis le départ de Cynthia Kierscht en 2024, nommée depuis ambassadrice à Djibouti.
Un parcours de crise
Diplomate de carrière au rang de ministre-conseillère, Jessica Long a construit sa carrière sur les dossiers les plus durs de la politique étrangère américaine. En Afghanistan, elle a dirigé une équipe provinciale de reconstruction à Paktika, province frontalière du Pakistan.
À Washington, elle a été directrice adjointe de la politique antiterroriste pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Asie du Sud et l’Asie centrale, puis coordinatrice adjointe chargée des affaires régionales et multilatérales au Bureau de lutte contre le terrorisme.
Détail rare pour une diplomate, elle a servi comme conseillère en politique étrangère auprès du commandement des forces navales spéciales américaines, dont relèvent les unités SEAL, mission distinguée par un prix interne du Département d’État.
L’Afrique tient une place centrale dans son parcours. Elle a été numéro deux de l’ambassade au Soudan, puis du bureau des affaires soudanaises replié à Addis-Abeba pendant la guerre. Auparavant, elle avait passé trois ans en Namibie, comme numéro deux puis comme chargée d’affaires, à la tête de la mission. Elle connaît aussi le Maghreb, ayant suivi les dossiers algérien et tunisien au Département d’État, et a tenu à Pristina le portefeuille politique, économique et de lutte contre les stupéfiants. Elle a également servi en Israël et au Chili. Diplômée de l’université Rice, au Texas, elle est titulaire d’un master de théologie du Covenant Theological Seminary.
Sécurité ou économie ?
Le contraste avec les attentes mauritaniennes est net. Le pays cherche à attirer les capitaux étrangers dans le gaz, les mines, les énergies renouvelables et les infrastructures, et le Département d’État lui-même décrit des échanges commerciaux encore limités mais en progression avec Nouakchott.
Il serait toutefois hasardeux d’y lire une hiérarchie voulue par Washington. Aucune déclaration officielle ne présente cette nomination sous cet angle, et un ambassadeur conduit par définition l’ensemble de la relation bilatérale. La Mauritanie reste par ailleurs un partenaire sécuritaire des États-Unis, notamment au sein du Partenariat transsaharien de lutte contre le terrorisme.
Si le Sénat la confirme, Jessica Long arrivera à Nouakchott avec une connaissance solide de l’Afrique, du Maghreb et des situations de crise. Elle y trouvera une ambassade privée de titulaire depuis deux ans et une attente précise : que la relation avec Washington se traduise en investissements
emergence mauritanie
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Nouakchott espérait un profil taillé pour l’investissement et le commerce. Washington a choisi une spécialiste du contre-terrorisme et des zones de crise.
