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Passif humanitaire: Le collectif des veuves exige de la clarification sur les pensions de leurs maris

Vendredi 27 Décembre 2019 - 10:56

Les membres du  collectif des veuves de militaires négro-mauritaniens  exécutés dans différentes casernes du pays ont organisé ce mercredi, 25 décembre un sit-in devant le ministère de la défense. Cette sortie avait pour objectif de réclamer la clarification  et de la transparence  sur leurs pensions, octroyées depuis 1993, après une  rude bataille.  Les veuves  constatent qu’en plus d’être irrégulières et lentes,  leurs pensions  subissent chaque fois  des  amputations inexpliquées  et des annulations.

Elles affirment que certaines pensionnaires sont purement  et simplement rayées et  que d’autres  en hériteraient à  la place des victimes. «Nous réclamons que ces pensions, contrairement  à celles des retraités, soient maintenues à leur taux et payées à terme échu ; ce sont des pensions de personnes tuées  et non de retraités  normaux »,  ont  précisé Aissata Mamadou Anne et  Aissata Diaary Sall, respectivement  vice-présidente et   secrétaire générale adjointe du collectif. Après avoir transmis  un document au ministère de la défense, rendez-vous leur a  été  fixé, le jeudi 2 janvier 2020 pour la réponse à leurs revendications, ont annoncé les membres du collectif. 
 

Devant la défense et des passants, les veuves  ont également profité de l’occasion pour réitérer leurs revendications :  devoir de vérité, devoir de justice, devoir de mémoire  et réparations, conditions, selon elles, de toute  réconciliation nationale véritable ; elles ont de ce fait demandé  au président Ghazwani  de faire traduire les  tortionnaires  devant la justice : « Jugez les assassins, jugez les assassins », ont-elles clamé.

Une  revendication qu’elles ont exprimée de vive voix  à Akjoujt, devant le président de la République, à l’occasion de la célébration des festivités de  l’indépendance. Ce fut l’occasion aussi de formuler une demande d’audience  au président de la République dont elles attendent  la réponse.  Les veuves ont exprimé leur disponibilité à tout dialogue pour régler définitivement la question du passif humanitaire, faute de quoi, elles vont poursuivre leur combat pour la justice, a indiqué Aissata Diaary Sall.

Contrairement à  leurs dernières sorties, celle d’aujourd’hui n’a pas été dispersée par la police, notent les veuves  qui  espèrent que cela constitue un signe d’ouverture du nouveau président. Sous Ould Abdel Aziz, notent –elles, toutes les portes nous étaient fermées,  il avait tout torpillé, après  son  discours de Kaédi, le 25 mars 2009.  
 

Le sit-in  des veuves a été l’occasion d’interpeler  un des présumés tortionnaires du nom de Yedaly, un commandant d’escadron  de la garde qui a servi à Bababé.  L’homme que  certaines veuves de Bababé connaissent passait par hasard  devant les manifestantes. Interpelé  et  prié de s’expliquer, l’ancien garde nie avoir du sang sur les mains, affirmant qu’il n’a été affecté à Bababé qu’en 94, donc après les « évènements ». Une affirmation balayée  du revers de la main par Aissata Diaary Sall  et Dieynaba Oumar Sy, toutes deux de Bababé. Selon ces deux dames,  Yeddaly servait bien à Bababe et  même à M’Bagne, entre  89 et 90, il est  tristement célèbre dans la zone, il accompagnait le préfet Ould R’Zeizim  et Ould Waida, commandant des fusillés  marins installés près de Bababé. Elles ont  ajouté qu’il faisait le sale boulot, dénonçant, proférant des menaces, torturant et exécutant  les citoyens, confisquant leurs biens. 

Il   prenait place toujours aux côtés  du Hakem, dans sa voiture. Elles ont cité la mort du citoyen  Koda N’Diaaga, en sa présence et rapporté le cas d’Oumar Sy revenu de Dakar. Mon père a été cueilli par Yedaly qui lui a arraché tout ce qu’il portait avant de le conduire  au bord du fleuve  et le contraindre à se jeter dans l’eau pour traverser vers le Sénégal. Il a eu la vie sauve parce qu’il savait nager.  Il reviendra le lendemain  à Bababe  et se verra confisquer tous ces papiers par Yedaly  et conduit au poste ; il aura fallu un grand mouvement  de protestation dans la ville pour qu’il soit libéré,  a raconté  sa  fille, Dieynaba Oumar  veuve de son état. Son mari, Touré Demba Yero a été  tué à Biret (Trarza) par Ely Ould Dah, affirme-t-elle.
 

Cette rencontre entre les veuves et le présumé tortionnaire  des  populations de Bababé et de M’Bagne ressemblait  fort à un procès qu’elles souhaitent avec  tous les responsables de leur malheur. 

lecalame.info

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