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Nouakchott : Le sadique du centre émetteur

Jeudi 30 Avril 2020 - 08:57

Nouakchott : Le sadique du centre émetteur


 

Il y a un mois une fillette de cinq ans disparaissait du quartier Centre émetteur de Tevragh Zeïna. On la retrouvait quelques heures plus tard hors de la ville en piteux état. Évacuée d’urgence à l’hôpital, elle était aussitôt prise en charge par les médecins qui établissaient sans aucun doute qu’elle avait été sauvagement violée. Elle ne reprit conscience que quelques jours plus tard. Le commissariat spécial chargé des mineurs en conflit avec la loi prenait le dossier en main et la commissaire Hindou Mohamed Laghdaf ouvrait une minutieuse enquête. Quelques jours plus tard, une autre fillette âgée de trois ans disparaît à son tour. On ne la retrouve cette fois que vingt-quatre heures plus tard dans un coma si total qu’on la croit tout d’abord morte.

Deux semaines plus tard, une troisième fillette âgée de six ans est à son tour récupérée après trois heures de disparition. Elle est consciente mais souffre beaucoup. Une fois soulagée, elle déclare aux enquêteurs que son violeur est un barbu d’apparence étrangère qui parle le même dialecte arabe que celui entendu dans les séries télévisées. Il l’aurait enlevée dans un parc public du quartier après l’avoir attirée en lui offrant des bonbons qu’il avait l’habitude, dit-elle, de distribuer aux enfants qui jouaient là. Elle se souvient l’avoir vu discuter à plusieurs reprises avec le gardien d’un immeuble voisin de son domicile. Les enquêteurs utilisent alors les images d’une caméra fixée sur le toit d’une maison donnant sur le parc et repère une Toyota Prado immatriculée 0556 AB 02, conduite par un homme de forte carrure portant grande barbe. Le gardien l’identifie comme cet étranger parlant arabe qui venait quotidiennement le voir et distribuait beaucoup aux enfants. « Il m’a dit une fois qu’il habitait non loin », ajoute-t-il. La photo du suspect est montrée aux fillettes qui le reconnaissent aussitôt.
 

La commissaire lance alors ses agents, épaulés par quelques hommes de la fameuse BRB, aux trousses du maniaque violeur étranger. Vendredi 24 Avril, on découvre la Prado garée devant un appartement à la sortie Nord-est de la ville. La police l’investit aussitôt. L’homme de la photo est arrêté et embarqué au commissariat. Au cours de son audition, il avoue avoir commis les trois enlèvements et viols. Il s’agit d’un ressortissant français appelé Kevin Célestin, établi en Mauritanie depuis 2017. Il est marié et polygame. Française, sa première épouse est la mère de ses enfants. Sa seconde est une guinéenne âgée de seize ans. Venu en Mauritanie pour étudier la Chari’a et prêcher, il dirigeait parfois la Salat en diverses mosquées, affirme-t-il.

 

Vingt viols en trois semaines !
 

L’opinion publique est encore sous le choc après la découverte du cadavre de la jeune kaédienne feue Khadijetou Amadou Sow. Cette jeune fonctionnaire a été sadiquement violée et tuée aux environs de Tiguint. Le principal suspect, Amadou Samba Yero, a reconnu son forfait. Après quelques jours de garde à vue, il a été déféré et écroué à la prison civile de Dar Naïm. Le cadavre de la défunte a été enterré par les siens dans la tristesse générale.

Notons enfin que les autorités et les organisations non-gouvernementales impliquées dans le social ont enregistré au cours des trois premières semaines d’Avril une vingtaine de viols dans le pays. La majorité perpétrée à Nouakchott, les autres à Néma, Rosso, Leguat, Keur Macène et Nouadhibou.

 

Le couvre-feu et les malfaiteurs
 

Le monde de la petite délinquance semble lui aussi victime du couvre-feu. La fermeture des grands marchés des villes a causé un grand manque à « gagner » pour des dizaines de pickpockets et autres voleurs qui passaient la journée à circuler en ville guettant la moindre occasion de larcin. Il leur faut donc ces jours-ci se rabattre sur les marchés de denrées alimentaires. Probabilité accrue de conflits « territoriaux » avec leurs homologues occupant déjà les lieux, on s’attend à des bagarres sans fin... Dans les quartiers populaires, le couvre-feu semble par contre une occasion en or pour les voyous. Si la plupart des rues sont vides, cela met les rares passants d’autant plus à la merci des braqueurs que les forces de l’ordre ne s’occupent plus que des grands carrefours.

Les malfaiteurs font ainsi leur propre couvre-feu en plusieurs quartiers périphériques. Ils agressent, braquent, volent, cambriolent et violent à leur guise dans les coins isolés, sans l’ombre d’un seul policier, garde ou gendarme.
 

Mosy

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