La Coalition des forces de salut a annoncé aujourd’hui à Nouakchott qu’elle boycotterait le dialogue national prévu, tout en réaffirmant son attachement au principe du dialogue, mais estimant que les circonstances actuelles n’offraient pas un climat propice à sa tenue.
Le président par intérim de la coalition, Yacoub Ould Lemrabott, a déclaré lors d’une conférence de presse que la coalition était ouverte au dialogue et y restait attachée, mais qu’elle estimait que les restrictions des libertés rendaient les conditions actuelles inadaptées à l’organisation d’un dialogue national, annonçant ainsi son boycott du dialogue sous sa forme actuelle.
Cette prise de position intervient deux jours après la signature du document de référence du dialogue national, qui définit les axes du dialogue et son mode d’organisation, alors que la Coalition des forces de salut n’avait pas participé à la cérémonie de signature.
De son côté, le député Khali Diallo a déclaré que la décision de boycott était également motivée par ce qu’il a qualifié de non-respect par les autorités de leurs engagements antérieurs, faisant référence à un accord politique signé il y a environ deux ans entre le gouvernement et plusieurs partis, ajoutant que les engagements qu’il contenait n’avaient pas été mis en œuvre.
Diallo a ajouté que la coalition estimait que les conditions actuelles ne permettaient pas de mener un dialogue sérieux, accusant les autorités de tolérer la présence de milices, d’empêcher certains députés d’entrer au Parlement et privant des milliers de Mauritaniens de l’accès à leurs documents d’identité, sans compter la persistance de conflits fonciers concernant des terres dont les habitants de certains villages affirment avoir été spoliés.
Il a affirmé que la coalition avait choisi, selon ses propres termes, de se ranger du côté des « intérêts du peuple mauritanien », estimant que les citoyens réclamaient justice et équité.
La position de la Coalition des forces de salut constitue la première déclaration officielle qu’elle publie au sujet du dialogue national, après son absence à la cérémonie de signature du document de référence, qui constitue le cadre régissant le dialogue à venir.
saharamedias

Dialogue national : les forces de salut ont décidé de ne pas y participer
