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un grain de sable pour secouer la poussière...

Voilà l’homme qui a refusé sa part du deal entre Messoud et Baya

Lundi 17 Septembre 2018 - 23:53

Yacoub Ould Salem Val, pour avoir refusé de suivre les consignes de Messoud président de leur parti APP, vient de se voir infliger une première punition : muté à Nouadhibou alors qu’il était basé à Zouerate.  La célérité de la sanction est une insulte à la façade démocratique. Cheikh Ould Baya lui-même devrait interdire ce genre de pratique qui rappelle combien les fonctionnaires vivent sous la terreur de s’engager politiquement ailleurs qu’à l’UPR ou pour les partis de la majorité présidentielle.
 
Si l’information se confirme, il s’agirait d'une pratique mafieuse même s'il n’aurait subi que la version light car il n’a pas été licencié net ; rien ne dit que cela n’arrivera pas dès qu’ils trouveront une excuse. Les fonctionnaires peuvent aussi payer indirectement même s’ils ne disent pas un mot : il suffit pour cela qu’ils aient un proche parent activiste dans l’opposition radicale. Si le pouvoir ne peut pas lui administrer l’ordonnance à laquelle ont droit les fonctionnaires en pareil cas, à savoir retard de salaire sur plusieurs mois s’il le faut, le pouvoir peut aller jusqu’à licencier un membre de la famille innocent, juste pour atteindre l’activiste.
 
En effet, rien n’est pire que de virer quelqu’un en lui faisant comprendre que cela vient d’en haut, évidemment, à cause des activités de tel frère. La victime, loin d’en vouloir au pouvoir, ira directement voir le frère pour lui dire « voilà ce que tu nous fais avec tes histoires, tu ne peux pas rester tranquille comme tout le monde ». Ensuite les galères de la victime avec femme et enfants seront des coups de poignard quotidiens assénés à l’ennemi du pouvoir.
 
Ce sont des tortures psychologiques de la pire espèce qui n’ont rien à envier à la torture physique la plus criminelle.
 
Reste à savoir d’où vient le coup car il arrive qu’un zélé courtisan se charge de la sale besogne au nom « d’en haut » alors que le président n’est peut-être pas au courant et ne le sera peut-être jamais car l’information autour de lui est verrouillée, filtrée.
 
Il existe bien d’autres armes du pouvoir contre les opposants et leurs familles : il y a bien sûr la fameuse arme des impôts si par malheur vous avez une entreprise, des boutiques ou des appartements à louer.
 
Il ne faut donc pas s’étonner du taux d’abstention au deuxième tour décisif : 44%, presque la moitié des inscrits.  Les gens ne croient plus aux élections et le pouvoir en profite car il bénéficie de quasiment tous les fonctionnaires et leurs familles obligés de faire campagne ouvertement pour le pouvoir ou les partis de la majorité. Moins il y a de votants et plus le pouvoir y gagne. C’est mathématique.  Victoire prévisible pour le pouvoir qui a cyniquement impulsé la chose : un vote compliqué, 3 scrutins, 100 partis aux logos minuscules, tout pour que le peuple analphabète et les vieux s’y perdent sauf ceux qui ont le pouvoir derrière eux pour leur montrer exactement quoi faire, en allant les chercher par bus entiers pour qu’ils aillent voter.
 
Taux d’abstention et nombre de bulletin nuls records, de là qu’il faut avoir un certain respect pour ceux qui osent encore s’opposer ouvertement par des voies démocratiques surtout lorsqu’ils sont fonctionnaires.
Yacoub Ould Salem Val est de ceux-là. Il mérite pour l’exemple la protection du chef de l’état en personne au nom de la démocratie à défaut de celle du redoutable Ould Baya.


VLANE

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