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un grain de sable pour secouer la poussière...

Une question à Ehl Cheikh Sidiya à propos des Soueid Ahmed de Boutilimit…

Vendredi 31 Janvier 2020 - 10:02

Ahmed Ould Soueid Ahmed
Ahmed Ould Soueid Ahmed
Bodiel disait qu’il y a « hartani » et « hartani » : ceux qui sont de la noblesse des hratine ayant eux-mêmes eu leurs hratine et les autres. Bodiel rappelait qu’au Nord, feu Said Ould Homody était chef traditionnel des Oulad Besba.

Quand j’ai raconté cette version à un ami sbaï, il a souri comme le font certains descendants des anciens maîtres souvent amusés par les divagations des hratine à propos de leurs origines et allant jusqu’à les laisser croire à des histoires grandioses…
 
Bodiel disait « …Parmi les Haratines, il y’en a aussi qui ont joué un rôle important dans l’histoire de ce pays. Dans le Nord du pays, feu Hamody a joué un rôle extrêmement important et il était chef traditionnel des Oulad Besbaa. Au sud, la famille Boidel est très connue pour avoir joué un rôle pour l’ensemble de la Mauritanie et en particulier pour l’ensemble des Tendgha auquel elle appartient. Si vous prenez à l’Est, la famille Sbaghou, c’est la même chose. Egalement, chez les Zombotty, la famille de mon ami Dina, a joué un rôle important dans l’histoire de ce pays. Il ne faut donc pas faire l’amalgame entre les différents éléments de cette communauté… »
 
«…Par exemple, l’Emirat du Trarza ne pouvait pas exister sans les Hratin Edekhen qui étaient les faiseurs des rois et qui occupaient les plus hautes charges au sein de cet Emirat. Quelqu’un qui veut parler des Haratines doit avoir à l’esprit toutes ces données de l’histoire. Pour vous illustrez mes propos, je vous prends mon propre cas : je suis parent à toutes les grandes familles du Trarza avec lesquelles je suis lié par une filiation maternelle. J’appartiens à une fraction qui a toujours dirigé les siens depuis 1800 et quelques. Le dernier chef traditionnel de cette fraction est mon oncle Doum Ould Boyé, payé par l’administration en tant que tel. Je peux vous citer les dix chefs traditionnels qui l’ont précédé et qui étaient des chefs traditionnels sous la colonisation. Parler des Haratines ne veut pas dire qu’il faut mettre tout le monde dans le même panier.’
 
https://www.avomm.com/Boidel-Ould-Houmeid-president-du-parti-El-Wiam_a12288.html
 
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Abderrahmane Ould Soueid Ahmed, émir du Tagant
Abderrahmane Ould Soueid Ahmed, émir du Tagant
Sachant cela, revenons à nos moutons.
 
A ma connaissance, ma famille paternelle est la seule en Mauritanie à s’appeler Soueid Ahmed sans être des Idowich, famille émirale du Tagant issue de l’émir noir Abderrahmane Ould Soueid Ahmed, fils d’une esclave.
 
https://chezvlane.blogspot.com/2014/05/la-mere-de-lemir-du-tagant-abderrahmane_14.html
 
Si je pouvais, j’aurais changé de nom depuis longtemps car c’est fatigant de devoir toujours dire qu’on n’est pas des Idowichs mais de Boutilimit. On ne peut d’ailleurs pas dire non plus des Oulad Ebery de Boutilimit car il s’agirait plutôt des hratine des Oulad Ebery selon la grille de lecture féodale.
 
Nous sommes quelques-uns à porter des noms de familles illustres en ayant souvent rien à voir avec le personnage historique. Par exemple le journaliste Mohamed Vall Ould Oumeir actuel patron de l’AMI n’a rien à voir avec l’émir en question. Les maures disent « seum ili seum » ce qui veut dire littéralement «  un nom sur un nom » c’est-à-dire aucun rapport. Il faut noter que le mot « le seum » le nom en hassania est proche de « seum » poison… Tout est dit ou du moins écrit…
 
Comme mon père n’est plus n’importe quel « hartani » de Boutilimit et qu’il appartient à une génération qui avait dépassé ces références déplacées, j’aimerais que les Ehl Cheikh Sidiya compétents me disent par mail ou de vive voix l’histoire des origines de mon père car les anciens la connaissent parfaitement. Quand ils ne seront plus là, les fables seront définitivement installées.
 
Si mon père jeune était un pauvre hartani à Boutlimit comme bien d’autres à l’époque, il a pu faire des études grâce à son mérite. Jeune, il a été domestique chez un toubab et il a pu apprendre avec les livres des enfants.  Candidat libre car il lui était interdit d’étudier à l’école des fils de chefs de Boutilimit, il a été major de sa promotion et ensuite parmi les premiers bacheliers à l’époque.  Il est ensuite parti faire ses études avec ceux qui seront des amis pour la vie à savoir les fils de chefs Ahmed Ould Sidi Baba etc ; la liste est longue.
 
Il a eu machallah la carrière correcte que l’on sait avec la seconde génération des bâtisseurs du pays qui furent pionniers dans mille domaines ; lui étant le premier docteur vétérinaire de Mauritanie.
 
J’ai grandi avec des Ehl Cheikh Sidiya amis de la famille donc ils connaissent toute l’histoire.
 
Récemment quand mon père a été nommé président de la CENI, des gens de l’Est ont contacté la famille estimant qu’il y avait un lien familial avec des Barikallah ou je ne sais qui. Ils voulaient une réunion de famille. Mon père a répondu qu’il faut laisser ces histoires. Il n’a pas voulu en entendre parler. Ainsi dans ma famille nous ne connaissons presque rien à ces histoires de tribus et de castes. On a découvert ces histoires tard à l’âge adulte car on a grandi à l’étranger et fait nos études au lycée français où entre mauritaniens on ne parlait jamais de ces choses ; ça semblait des histoires anciennes.
 
 

Après avoir publié l’autre jour cette photo de mon père avec Moctar Daddah, quelqu’un a écrit, après avoir lu des commentaires, que mon père n’est pas de Boulilimit car il pensait qu’il était du Tagant, le confondant encore une fois avec les Idowich. Il a fallu l’intervention de monsieur Brahim Boihy très fier de Boutilimit et toujours partisan de défendre mon père pour recadrer le commentaire.
 
J’ai envoyé l’échange en capture d’écran à un ami diplomate, petit-fils de l’émir Abderrahmane Ould Soueid Ahmed, voilà sa réponse en quelques mots :
 
« L’histoire se déroule entre le 18ème et le 19ème siècle ; le père de ton grand-père Soueid Ahmed était hartani de l’émir du Tagant. Il est venu à Boutilimit pour suivre sa bien-aimée, esclave d’une famille Kounta offerte à un disciple boutilimitois de Elh Cheikh Sid El Mokhtar. Le maître de celle-ci en divorça un jour et la libéra. Alors ton aïeul patient et amoureux l’épousa. Il donna à son premier fils avec elle, le nom de son ex maître Soueid Ahmed. Les anciens Boutilimitois connaissent bien cette histoire extraordinaire. J’ai oublié les détails… Sinon à l’origine vous étiez Idowich et Kounta avant de devenir Oulad Ebyeri »
 
Voici ma réponse en plaisantant sur whatsapp comme on le fait tous les jours :
 
« Ah bon ? J’ai entendu une version comme ça mais il y en a d’autres. On n’est jamais sûr de rien, c’est le sort des hratine. Je ferai un jour un test ADN avec le tien. Tu me fais sourire en disant « vous à l’origine » ; qui est ce vous ? Je ne suis pas concerné par cette grille de lecture. D’ailleurs je suis fidèle à la généalogie berbère matriarcale chez nous avant l’arrivée des arabes donc je suis Kounta des Sidi Wavi du Tagant et les hratine sont mes oncles »
 
Ceci n’étant qu’un extrait de nos échanges.
 
Bilan, merci aux Elh Cheikh Sidiya compétents de me dire la vérité à ce sujet car cela m’intéresse comme le serait un anthropologue jusque-là étranger à ces histoires...
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