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Quel discours attend Ghazwani dans la Vallée : Rupture ou continuité ?

Jeudi 4 Avril 2019 - 10:42

Les préparatifs vont bon train pour l’accueil, dans la vallée du fleuve Sénégal, du candidat de l’actuelle majorité présidentielle, le général à la retraite Ghazwani. Une importante étape de sa tournée nationale, entamée ce lundi 1 er avril. Des réunions à Nouakchott ont été tenues, ces jours derniers, au domicile de divers responsables politiques, exhortant, comme toujours en pareil cas, les  populations à se mobiliser pour réserver un accueil digne au candidat. Grande première, cependant, puisque ces responsables ont pris le soin de tenir compte des doléances déjà exprimées, au cours de la grande réunion des Peuls de la Vallée, le 21 Mars, chez le doyen Kane Yahya. Elles devraient être peaufinées, avant d’être transmises et discutées avec le candidat, par une commission restreinte qui a rencontré le président Mohamed ould Abdel Aziz, il ya trois jours.

 

Chapelet de doléances
 

Selon des sources proches de la commission, les nombreuses doléances des populations de la Vallée devraient être officiellement relayées par les maires des communes que visitera le candidat et par les notables et cadres qu’il recevra en audience. Il s’agit principalement : de la récurrente question des papiers d’état-civil sans lesquels nul ne peut faire valoir ses droits et devoirs ; de la discrimination positive annoncée par le candidat dans son discours d’investiture, le 1er Mars, au stade de la Capitale ; du règlement du passif humanitaire ; de l’octroi de moyens, aux ressortissants de cette partie du pays, pour exploiter leur terres cultivables ; de l’accès aux crédits bancaires, pour fonder de petites et moyennes entreprises ; de l’accessibilité à l’administration territoriale et aux structures décentralisées, par l’affectation, dans la zone, de walis, hakems et autres chefs de service connaissant les langues de leurs administrés ; autrement dit, de la question des langues nationales ; du recrutement des natifs de cette région du pays, dans les différents corps d’armée et de sécurité ; de la généralisation de l’électricité et des réseaux d’adductions d’eau (forages et pastoraux) ; du désenclavement des zones de production agricole (pistes, digues, ponts…) ; et la liste est loin d’être close !
 

Le candidat de la majorité va-t-il accéder à ces doléances, en les intégrant dans son programme électoral, lui que certains accusent, d’avoir, en tant que chef d’état-major des armées, intégralement arabisé celles-ci et assisté, passivement, à la « marginalisation », dans les écoles de la Grande Muette, des enfants de la composante noire du pays ? Une « marginalisation dans la marginalisation », plus générale de la population noire, que toute l’opposition est unanime, c’est une Première en Mauritanie, à dénoncer, au lendemain de la publication de la composition du gouvernement de Mohamed Salem Béchir. Ghazwani tiendra-t-il son engagement de corriger les injustices et d’appliquer la discrimination positive, en faveur des noirs de ce pays qui se plaignent, de plus en plus, de leur mise à l’écart ? À la veille de la prière aux morts de Kaédi, Ould Abdel Aziz avait promis, aux veuves, orphelins et rescapés militaires, d’apporter une solution au douloureux dossier du passif humanitaire. On connaît la suite…

 

Évolution, réel changement ou… récupération ?
 

À y regarder de près, il s’agirait donc d’un discours nouveau des responsables de la Vallée qui éprouvent visiblement du mal à expliquer, aux populations de la zone, la portion congrue que les ressortissants des communautés halpularen, soninké et wolof occupent, dans les structures de l’État. La première a subi une véritable descente aux enfers, depuis la publication du « Manifeste du Négro-africain opprimé » en 1986, suivie du coup d’État avorté des officiers négro-africains en 1987, avant les déportations de populations noires vers le Sénégal et le Mali, suite à un incident entre un éleveur et un agriculteur, à Diawara, au Guidimakha, et, terrible pointe du « spectacle », les exécutions extra-judiciaires, par leurs frères d’armes, de soldats, sous-officiers et officiers négro-mauritaniens, dans les casernes militaires.
 

Ce « nouveau » discours était, de fait et depuis longtemps, la chasse gardée des FLAM de Samba Thiam, aujourd’hui « Forces Progressistes du Changement » (FPC), de l’AJD/MR d’Ibrahima Sarr, du PLEJ de Bâ Mamadou Alassane et, dans une moindre mesure, du Mouvement Pour la Refondation (MPR) de Kane Hamidou Baba, tandis que l’entrée en scène du Mouvement IRA de Biram Dah Abeid a signé, au cours de la dernière décennie, la jonction des deux composantes noires du pays, troublant, visiblement, le sommeil de certains extrémistes.
 

Les populations locales, en particulier, les jeunes, ne ratent aucune occasion d’interpeler leurs cadres, sur les problèmes de la Vallée qu’ils sont capables de prendre en charge. Ils les accusent de faire fréquemment écran, entre les populations et le président de la République, les ministres et même l’administration, lors de leur visite sur le terrain, afin d’empêcher toute manifestation de mécontentement ou dénonciation de faits répréhensibles.

Aujourd’hui, les élus et hauts cadres de la Vallée semblent avoir pris la mesure de ce ras-le-bol, à l’heure où Ould Abdel Aziz s’apprête à laisser son fauteuil à son alter ego, Ghazwani. Comme partout dans le pays, ces responsables entendent se « positionner en représentants légitimes et porte- paroles » des populations locales. Leur posture, somme toute légitime, aussi tardive puisse-t-elle paraître, intervient dans un contexte d’intenses manœuvres, en et entre les partis politiques à leadership négro-africain.

En discussion depuis quelques mois, ceux-ci devraient incessamment lancer, rapportent diverses sources concordantes, un candidat commun dans la course à la présidentielle. Si elle arrivait à se concrétiser, cette décision pourrait constituer un précédent. Alors, un vote « affectif », comme récemment au Sénégal ? Ce cas de figure inquiéterait nombre de cadres de la Majorité présidentielle. Un des leaders des partis susdits taxe les actuelles entreprises de celle-ci de « tentative de récupération », de la part de « gens qui n’ont eu de cesse de jouer les faire-valoir aux différents régimes qui ont dirigé le pays depuis son indépendance. Et de souligner :« Si tant est qu’ils se soucient vraiment du calvaire de cette composante du pays, pourquoi ne nous ont-ils pas conviés, à la réunion chez Kane Yahya ? »Récupération, évolution, ou réel changement, il faudra, en tout cas, attendre la fin de la visite de Ghazwani dans la Vallée, pour y voir un peu plus clair, une fois bien analysés les éventuels engagements qu’il aura pris, vis-à-vis de cette partie du territoire national…
 

DL

source lecalame.info

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