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un grain de sable pour secouer la poussière...

Pathétique : le ministre de la défense négro-mauritanien regrette de parler français...

Dimanche 19 Mars 2017 - 17:38

Envoyé par le PM au Sénat pour défendre la révision de la constitution,  monsieur Dallio Mamadou Bathia restera dans l’histoire du pays, l’acteur d’une piètre performance à cause de son ignorance de la loi fondamentale comme d’ailleurs le gouvernement qu’il  représente où la médiocrité, pour ne pas dire l’incompétence, aura conduit le projet de révision cher au chef de l’état à de bancales acrobaties.

 

D’abord on se demande pourquoi le PM a envoyé  quelqu’un qui parle français en s'excusant sachant que le pouvoir a tout fait pour monter les maures contre le français et tous les symboles fruits de la pacification dont le plus cher est le drapeau national ? Ce n’est pas gratuit. 

 

Ensuite, on se demande pourquoi le ministre de la défense a tenu à dire en hassania combien ça lui fait mal de devoir s’exprimer en français. Les termes exacts qu’il a employés sont «  cheyne anedi  » ce qui signifie traduit littéralement «  c’est vilain pour moi ».  Le pire c’est qu’il a dit ça en mauvais hassania ou du moins en un hassania précaire, celui qui fait rire les maures quand ils entendent un négro-mauritanien parler de la sorte.

 

L’effet fut nul, il n’a eu droit à aucun applaudissement pas même celui des partisans du pouvoir. D’ailleurs Alakhbar qui a rapporté la chose, a menti car il n’a pas parlé de langue arabe mais de langue « lougha » en parlant hassania à des sénateurs qui se sont exprimés à 90% en hassania. Il était donc question du hassania et non de l’arabe.

 


Pourquoi donc ce monsieur qui doit tout son génie, toute sa carrière, tout son niveau intellectuel au français, s’humilie-t-il ainsi pour parler en plus en hassania, langue absente de la constitution au même titre que le français ? Ce qui n’a pas empêché les débats au Sénat de se faire à 90% en hassania, le président du Sénat parlant hassania avec un ministre honteux de parler français certainement vu son niveau  même en français car monsieur le ministre, on ne dit pas  « que ce pays s’assoive », il n’y a pas de « VE » on dit «  que ce pays s’asseye »  ( voir 23min et  55s ).

 

 

Si monsieur le ministre regrette tant de parler le français et qu’il dit que la prochaine fois il parlera mieux la langue (hassania), pourquoi n’a-t-il pas respecté la constitution en profitant de ce moment historique pour faire honneur à sa langue maternelle,  reconnue nationale par la loi fondamentale ?

 

C’est triste d’être obligé d’en arriver là pour un ministère.

 

D’ailleurs ce n’est pas votre faute si vous parlez français car ce n’est qu’en 1991 que des terroristes de l’unité nationale ont achevé de diviser les mauritaniens en sortant définitivement le français comme langue de travail de la constitution.

 

 

 

Ainsi quiconque a appris le français avant 1991, n’est pas coupable. Il n’a pas à s’excuser. C’est à ceux qui ont amputé la constitution de toute référence au français de s’excuser d’avoir entraîné les mauritaniens et l’Etat mauritanien dans l’aventure vu que le français est de fait la deuxième langue de travail en Mauritanie : nos billets de banque sont en deux langues, nos cartes d’identité, des ministères entiers ne travaillent quasiment qu’en français etc.


Quant à la constitution, n'est-ce pas scandaleux de venir à la télévision défendre une révision constitutionnelle et mentir, du moins par omission, à propos des dispositions de la loi fondamentale ?

 

Le ministre de la défense assurant que tout ce qui se fait, se fait en respectant la procédure de la constitution a dit que pour réviser la constitution, elle prévoit que le vote passe aux 2/3 dans chaque  chambre (assemblée et sénat) ensuite le chef de l’état  décide s’il choisit le Congrès ou le référendum.  

 

Le ministre n’a parlé que de l’article 99 nouveau et pas de l’article 101 et même à propos de l’article 99, le ministre a menti par coupable omission ou impardonnable ignorance. Voilà où mène l’habitude de la pensée unique  au sommet du pouvoir sans pouvoir penser que les conseillers juridiques puissent soit se tromper, soit entraîner tout le monde dans des acrobaties injustifiables là où il n’y a aucune place à l’interprétation, les textes étant clairs.

 

Où monsieur le ministre a-t-il lu ça ? S’il avait pris la peine de lire au Sénat l’article 99 nouveau dont il parle, il se serait rendu compte lui-même, de l’ineptie de ses déclarations car pas un mot de cet article ni aucun dans la constitution ne dit formellement la procédure dont il parle. 

 

Par contre, tant que la cohérence, la clarté et la précision seront la colonne vertébrale de la constitution pour éviter le chamanisme des constitutionnalistes, tant que le bon sens ne sera pas corrompu, tant que les mots auront un sens, tant qu’il faudra lire une phrase de son début à la fin et tous les articles comme un bloc cohérent sans fioritures, l’article 99 ne dit rien de ce que raconte le ministre prétendument complexé de parler français.

 

Nous le prouvons une dernière fois, libre aux responsables de ces acrobaties de faire la sourde oreille.

 

 L’article 99 qui parle de cette procédure de révision par chambres séparées, ne parle expressément que du référendum, pas un mot au sujet du Congrès dans cet article 99 nouveau. De quel droit, faire dire à l’article ce qu’il ne dit pas ?

 
 

Sans extrait voici l’article 99 nouveau en entier : «  

 

 L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République et aux membres du Parlement. Aucun projet de révision présenté par les parlementaires ne peut être discuté s’il n’a pas été signé par un tiers (1/3) au moins des membres composant l’une des Assemblées. Tout projet de révision doit être voté à la majorité des deux tiers (2/3) des députés composant l’Assemblée Nationale et des deux tiers (2/3) des sénateurs composant le Sénat pour pouvoir être soumis au référendum. Aucune procédure de révision de la Constitution ne peut être engagée si elle met en cause l’existence de l’Etat ou porte atteinte à l’intégrité du territoire, à la forme républicaine des Institutions, au caractère pluraliste de la démocratie mauritanienne ou au principe de l’alternance démocratique au pouvoir et à son corollaire, le principe selon lequel le mandat du Président de la République est de cinq ans, renouvelable une seule fois, comme prévu aux articles 26 et 28 ci-dessus. »

 

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Où monsieur le ministre et ses acolytes du pouvoir et de l’opposition, ont-il vu ici mention d’une procédure par chambres séparées à la majorité des 2/3 pouvant entraîner le choix du président soit vers le Congrès soit vers le référendum ? ça n’existe pas et ce n'est pas un vide juridique permettant cette interprétation vu les articles qui suivent.

 

 

L’article 100 qui vient juste après enfonce le clou à propos du référendum exclusivement : « Article 100 : La révision de la Constitution est définitive après avoir été approuvée par référendum à la majorité simple des suffrages exprimés. »

 

Pour le Congrès, il faut lire l’article 101 qui suit, dont le ministre n’a pas dit un mot lors de sa piètre sortie, ni lui ni personne pas même ceux de l’opposition trop heureux de se féliciter du vote contre du Sénat même s’ils estimaient avant le vote que le mandat d’une bonne partie des sénateurs était clandestin.

 

« Article 101 : Toutefois, le projet de révision n’est pas présenté au référendum lorsque le Président de la République décide de le soumettre au Parlement convoqué en congrès ; dans ce cas, le projet de révision n’est approuvé que s’il réunit la majorité des trois cinquièmes (3/5) des suffrages exprimés. Le bureau du congrès est celui de l’Assemblée Nationale. »

 

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Est-ce du chinois ? Est-ce un texte ésotérique ? Faut-il un marabout "constitutionnaliste" pour interpréter ça et ses talibés pour ânonner ses oracles ? A ce jeu, il y a autant d'écoles de mauvaise foi que de camps politiques. Des avocats qui parlent comme des juges, des juges qui ne disent pas mais font la loi ; en somme tout sauf la neutralité digne de la séparation des pouvoirs et l'objectivité des talents pour l'intérêt du pays.

 

Si le pouvoir ne voulait pas de référendum comme Aziz l’a dit mille fois, pourquoi n’avoir pas convoqué le Congrès sachant qu’il suffisait que d'1/3 de la majorité à l’assemblée signe un projet de révision ? Pourquoi sachant que les amendements seraient passés quand on sait que 121 députés ont voté pour et que la majorité de 3/5 du Congrès étant de 121,8, un sénateur aurait suffit pour l’emporter ?

 

Quelle logique constitutionnelle veut que lorsqu’un pouvoir ayant la majorité au parlement veut faire passer une révision, il doit faire voter les chambres séparément pour ensuite les refaire voter en Congrès ? C’est absurde.

 

Alors soit comme l’indique l’ignorance ou la mauvaise foi présumée du ministre de la défense, c’est une erreur de procédure qui a engagé le pouvoir dans cette voie du vote par chambres séparées, soit c’est juste pour sauver l’honneur du Sénat, jouer au Rubik’s Cube démocratique, donner de l'eau aux moulins à vent de la presse internationale pour redorer le blason d'un régime qui en a bien besoin, faire cyniquement plaisir à l’opposition avant de l’assommer par le Congrès car maintenant que le Sénat a voté contre, le référendum n’est plus possible selon cette procédure et si le Sénat avait voté pour, Aziz n’aurait plus besoin de convoquer le congrès, ce serait absurde, il eût été obligé d’aller au référendum.


Conclusion : en votant contre, les sénateurs n’ont rien fait sinon éviter le référendum. Maintenant reste à savoir ce que va faire Aziz. En rester là, dissoudre l’assemblée, convoquer le Congrès, aller au référendum grâce à l’article 38, histoire de clouer le bec à tous ceux qui l’accusent de fuir le peuple. Il peut tout faire, il en a le droit et ce n’est pas dit que le référendum lui soit défavorable car qui tient l’état ne perd aucune élection dans notre pays.

 

Aussi, rien n’est plus pathétique que d’entendre l’opposition jubiler alors qu’elle fait le jeu du pouvoir dans cette procédure où Aziz n’a pas dit ni son dernier mot ni joué sa dernière carte. Même s’il renonce, l’image du pouvoir y gagne démocratiquement…

  VLANE

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