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Nouakchott - Rabat : le rendez-vous historique

Lundi 30 Novembre 2020 - 09:30

Nouakchott - Rabat : le rendez-vous historique

La Mauritanie s'apprête le 28 novembre à célébrer une fête nationale ô combien importante aux yeux des mauritaniens. En effet, cette date représente pour ces derniers un rendez-vous infaillible et l'occasion solennelle de chérir leur drapeau et de se remémorer avec fierté la résistance héroïque du peuple mauritanien dans la voie de l’accession à son indépendance. 

Toutefois, cette occasion ne devrait nullement se restreindre ou se cristalliser autour d’un passé aussi glorieux fût-il ; elle doit, bien au contraire, s'inscrire dans le présent afin de rappeler inlassablement les enjeux stratégiques du pays et surtout porter les projets futurs. 

Faut-il souligner que l'indépendance n'est pas un simple fait ou événement, mais avant tout, un long processus qui débute certes par le territoire mais qui perdure dans le temps pour supputer la résistance d'un pays aux aléas de la politique et de l'économie.

En effet, l’un des défis majeurs auquel est confronté la Mauritanie depuis quatre décennies est bien le dossier du Sahara. Les récentes tournures que connaît désormais ce conflit, nous incitent sérieusement à questionner la position de notre pays face à ce dossier et à tirer les conclusions qui s’imposent.

 

Un jeu d’équilibriste intenable

Qu'est-ce que nous ont apporté quatre décennies de jeu d'équilibriste en termes de développement économique et stratégique ? Faut-il rappeler que l'équilibre en lui-même n'est pas une fin en soi, et que son but originel est bien de permettre d’enclencher une avancée sereine et perpétuelle.

Quarante années que la Mauritanie s'est mise en spectatrice du théâtre politique et en a oublié son propre sort.

Quarante années que la Mauritanie s'est négligée pour ne point froisser le Polisario de l’Algérie avec lequel elle a eu des différends par le passé.

Quarante années que la Mauritanie est ralentie par le fardeau de la complaisance au péril même des intérêts de ses propres citoyens.

Et enfin quarante années se sont écoulées sans que le monde n’assiste à la naissance d'un nouvel État comme espéré par le Polisario.

Les grandes puissances de ce monde ne veulent pas d’une nouvelle entité dans le Maghreb et cela a été clairement avoué par l’ex président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz à la fin de son dernier mandat lors d’une interview télévisée.

Par conséquent, face à ce conflit, force est de constater que la Mauritanie a payé un lourd tribut du fait de sa position de neutralité qui s'apparente plus à un rôle de figurant loin d'être positif pour le pays ; car, en effet, elle y perd plus qu’elle n’y gagne.

De ce fait, nous pouvons clairement attester que la neutralité mauritanienne n’était pas une position politique mais plutôt une absence de positionnement dans la scène politique. 

A l’image d’un abstentionnisme électoral, la neutralité mauritanienne lui a valu la non représentativité et l'insignifiance de son peuple et de ses besoins légitimes- la manœuvre désinvolte du Polisario bloquant tout trafic commercial vers la Mauritanie, en fut la parfaite illustration.

En définitive, il devient aisé de conclure que cette neutralité ne représentait pas un choix mais plutôt un “non-choix”, une absence de libre arbitre voire une indépendance non accomplie. 

Mais aujourd'hui les dés sont jetés et tous les dilemmes se sont dissipés puisque désormais l’organisation des Nations Unis et le Conseil de Sécurité ne parlent plus de référendum d'autodétermination mais de solution politique réaliste acceptable par les différentes parties favorisant ainsi la vision marocaine ; celle d'une autonomie élargie sous la souveraineté du Royaume du Maroc.

Cette vision connaît de plus en plus d’approbations au sein de l'Union Africaine, et les consulats africains ne cessent d’affluer dans les provinces du Sud où pas moins de quinze États membres ont d'ores et déjà ouvert leurs consulats notamment à Dakhla et Laâyoune; et ce n’est qu’un début. 

Aussi, l’annonce de l'ouverture du consulat général des Emirats Arabes unis à Laâyoune ne fait qu'ouvrir la porte aux autres pays du Golfe - tandis que la Jordanie a déjà formulé sa volonté de rejoindre le groupe.

Récemment la crise de Guerguerat et le soutien international ayant accompagné l’intervention des forces armées royales marocaines pour le rétablissement du flux de circulation entre le Maroc et la Mauritanie n’est qu’un exemple de plus à qui veut bien admettre la réalité.

Alors aujourd'hui, nul n’a le droit d'en vouloir à la Mauritanie de se tourner vers ses propres intérêts en reconsidérant sa position vis-à-vis du conflit du Sahara et en rejoignant sereinement la tendance mondiale autour de la vision marocaine et en appuyant cette dernière comme solution définitive à un conflit dont elle a longtemps subi le fardeau.

Le 28 novembre, fête de l’indépendance de la République Islamique de Mauritanie, sera certainement suivi par une rencontre historique entre le président mauritanien Mohamed Ould El Ghazouani et le souverain du Maroc le roi Mohammed VI. Ce rendez-vous sera sans doute l’occasion de sceller des accords historiques entre nos deux pays qui sauront mettre au-dessus de toutes considérations, d’abord la dignité humaine et le développement des populations.

 

Par Sidi Boubacar Ould ABDELKADER

lecalame.info

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