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Le projet OASIS ( PDDO) : une structure à pérenniser

Vendredi 8 Juin 2018 - 23:01

Le programme de développement durable des oasis (PDDO), lancé en 2002, pour parer aux graves conséquences de la grande sécheresse qui prévalait à cette époque , a, non seulement,  sauvegardé  et rendu âme  aux  anciennes Oasis dans les cinq Wilayas du pays (Adrar, Tagant, Assaba et les deux Hodhs) , les plus confrontées à la menace permanente de la désertification rampante mais ,  il s’est imposé  actuellement comme le seul projet intégré couvrant toute la zone oasienne, ayant réussi à abattre quelques unes des principales contraintes de développement  identifiées dans le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté ( CSLP), lancé par la Mauritanie pour la période 2001-2015.
 

Ce programme a, en effet, permis :
 

1 – Structuration des communautés oasiennes.

Individualistes par le passé , chacun disposant de quelques aires de cultures et pieds de palmiers, les agriculteurs se sont constitués dans des  Associations de gestion participative des oasis (AGPO) qui leur permettent  de poser et résoudre les differents problèmes et difficultés dont ils sont confrontés.

2 – Développement durable des capacités productives des oasis,

par la formation, l’encadrement, les techniques de maraichages et de lutte contre les déprédateurs etc

3 – Développement des services financiers de proximité,

par la création les mutuelles d’investissement .

4 – Développement des infrastructures de base :

par la construction,forages,  ou remise en état des puits, routes, barrages, outils agricoles etc..

5 – Coordination, suivi et évaluation

par la mise sur pied d’un groupement économique d’intérêt public pour la commercialisation des légumes et des dattes.
 

Dans sa dernière phase, le programme PDDO,  a réalisé, uniquement dans la région de l’Adrar :  2 barrages, 27 forages, l’équipement de 8 puits, 9 puits pour l’irrigation, 2 puits d’eau potable, 3 réseaux d’eau, l’équipement de 27 puits avec l’énergie solaire, 181 puits d’irrigation secondaire, 35 puits d’irrigation individuelle, équipement de 26 puits au profit des coopératives féminines et la clôture de 182 km pour la protection de 25 oasis.
 

Le  programme a également financé 80 projets AGR, créé 126 opportunités d’emplois, mis en place 24 caisses de prêts d’une enveloppe globale de 176 millions ouguiyas, appuyé les campagnes agricoles et distribué 18000 outils agricoles et 25 tonnes de semences. En plus de la mise sur pied d’un groupement économique d’intérêt public pour la commercialisation des légumes et des dattes, le PDDO appuie et forme 24 associations.
Par ailleurs , en réponse à une requête formulée par le Gouvernement de la  Mauritanie, le Gouvernement du Japon a décidé de mener une Étude pour le Développement des Oasis Centrée sur la Promotion Féminine .
 

L’’Équipe d’étude a élaboré avec le  concours du MCPFEF, du Ministère de la Santé et du Ministère de l’Agriculture et de l’élevage, le « Manuel pour l’amélioration des conditions de vie et le développement des oasis par la promotion féminine ». Il ne reste plus qu’à exécuter.

Dans le cadre de la composante barrage du PDDO exécuté pour 2015 étaient prévus  12 grands barrages dans les wilayas de l’Assaba, du Tagant et du Hodh Gharb pour une superficie globale de 3.000 ha exploités par 13.000 agriculteurs. Cela permettra aux exploitants d’introduire dans leurs activités traditionnelles, les cultures du blé et le maraîchage dans les wilayas de l’Assaba et du Tagant.
 

Des études techniques ont été  lancées, au début de 2017, visant à permettre à toutes les oasis des Hodhs, de l’Assaba, du Tagant et de l’Adrar de bénéficier de ces barrages, notamment à travers la culture du blé assurée par le biais du programme de vulgarisation intégré exécuté avec collaboration avec la fédération des oasis.

Il n’est pas superflu dans ce cadre, d’ énumérer la réalisation à Atar d’une usine de conditionnement de dattes et conservation de légumes et fruit ainsi que l’introduction des techniques culturales modernes  du palmier dattier ( plantation espacée,  pollinisation, irrigation avec le système goutte-à-goutte ou à vannette et usage des engrais organiques) pour démontrer aux paysans réticents que leurs pratiques traditionnelles ne sont pas rentables.
 

Au vu de ce qui précède   il n’est que logique,  que dans le   processus  de la nouvelle stratégie nationale de développement du pays qui devrait couvrir la période 2016-2030, le programme de développement durable des oasis (PDDO), qui a rempli , en grande partie, sa mission préliminaire de : « créer une base de développement solide ainsi que les conditions propices pour que les communautés oasiennes puissent se prendre en charge et participer d’une manière effective à réaliser les objectifs nationaux de réduction de la pauvreté et de lutte contre la dégradation de l’environnement », passerait  de la phase de mise en place des structures de base oasiennes à la phase d’exploitation moderne et industrielle des infrastructures et équipements acquis.

Pour se faire, sa  transformation en une institution , sans but lucratif au service des ménages , genre office ou agence d’utilité et intérêt publics , qui  garantirait la continuité perenne de l’assistance et appui de  l’état aux  populations Oasiennes, devient nécessaire.

Ely Salem Khayar

source adrar-info.net

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