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un grain de sable pour secouer la poussière...

L'OCDE attend la plus faible croissance mondiale depuis 10 ans

Jeudi 19 Septembre 2019 - 18:19

Guerre commerciale, Brexit, ralentissement chinois et endettement privé qui se dégrade: les risques s'accumulent pour l'économie mondiale au point que l'OCDE s'attend désormais à la croissance la plus faible depuis la crise financière de 2008/2009 et appelle les Etats à réagir.

La croissance mondiale devrait passer cette année sous la barre des 3% pour chuter à 2,9%, soit 0,3 point de moins que lors des dernières prévisions de mai, et devrait rester pratiquement stable à 3% en 2020 (-0,4), a estimé l'institution basée à Paris dans ses prévisions actualisées publiées jeudi.

L'Organisation pour la Coopération et le développement économiques (OCDE), qui revoit ses chiffres quatre fois par an, s'attend désormais à la croissance mondiale "la plus faible depuis la crise financière" lorsqu'elle avait reculé à 2,9% en 2008 avant de plonger à -0,5% l'année suivante.

Aux yeux de l'OCDE, qui n'a pas pu prendre en compte dans ses calculs la récente attaque contre des installations pétrolières saoudiennes, la situation actuelle au Moyen-Orient constitue néanmoins une incertitude de plus sur une liste déjà longue.

"Les tensions commerciales et politiques alimentent les risques de faible croissance prolongée", a-t-elle estimé, redoutant la montée des représailles dans la guerre commerciale que se livrent les Etats-Unis et la Chine et un Brexit sans accord qui "porterait un coup à une économie britannique déjà fragile et aurait des effets perturbateurs en Europe".

L'institution craint aussi "l'ampleur de la dette privée, dont la qualité se dégrade (et qui) pourrait amplifier les effets de chocs éventuels".

- Relance budgétaire ?

Face à cette situation, l'OCDE appelle une nouvelle fois, sans citer de noms, les Etats à "mettre fin à l'envolée des droits de douane et des subventions qui faussent les échanges" et à "rétablir des règles prévisibles pour les entreprises".

L'OCDE recommande aussi aux gouvernements de "limiter la dépendance à l'égard d'une politique monétaire sollicitée à l'excès", à un moment où les banques centrales européenne et américaine ont renoué avec une politique de soutien à l'économie.

Aux Etats maintenant "d'engager des investissements publics" pour "sortir du piège d'une croissance faible persistante", estime l'OCDE, un énième appel du pied aux pays disposant de marge budgétaire, comme l'Allemagne.

La première économie européenne a connu l'une des corrections les plus sévères de la part de l'OCDE, qui n'attend qu'une croissance de 0,5% cette année (-0,2 point) et à peine mieux l'an prochain à 0,6%, moitié moins que prévu lors des dernières prévisions en mai.

Si l'Italie ne devrait pas croître en 2019 et rebondir légèrement l'an prochain 0,4% en 2020 (-0,2 point par rapport à la prévision de mai), la France devrait faire mieux que ses deux principaux partenaires de la zone euro avec une croissance de 1,3% en 2019 (sans changement) et 1,2% en 2020 (-0,1).

L'économie britannique, en pleine incertitude sur le Brexit, ne devrait croître qu'au rythme de 1% (-0,2 point par rapport à la dernière prévision) cette année et se replier à 0,9% l'an prochain (-0,1).

Les Etats-Unis, qui connaissent l'un des cycles de croissance le plus long de leur histoire, devraient ralentir à 2,4% cette année (-0,4 point par rapport à la prévision de mai) pour ensuite se replier à 2% en 2020 (-0,3 point).

Quant à la Chine, attendue par l'OCDE à 6,1% cette année (-0,1 point), elle devrait encore reculer et passer sous la barre symbolique des 6% l'an prochain à 5,7%.

Dans ce contexte morose, l'institution a surtout taillé dans ses prévisions pour les pays émergents, en sabrant notamment celle pour l'Inde de 1,3 point à 5,9% cette année et de 1,1 point celle pour 2020 à 6,3%.

La situation la plus critique est celle de l'Argentine, en plein tumulte économique et financier, qui devrait connaître cette année une situation aggravée, avec une récession de 2,7%, puis un nouveau recul de 1,8% de son PIB l'an prochain.

AFP

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