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un grain de sable pour secouer la poussière...

Implantation de l’UPR : Sur fond de succession ouverte

Jeudi 15 Mars 2018 - 09:27

L’Union pour la République (UPR), principal parti de la majorité présidentielle, démarre, dans quelques jours (le 15  Mars 2018), une campagne de réimplantation ; autrement dit, d’adhésions à la structure. Contrairement aux précédentes  opérations, celle de  cette année  intervient dans une situation politique, économique, sociale et sous-régionale particulièrement délicate, non seulement, pour le parti mais, aussi, pour le pays.
 

L’ambiance générale est marquée par  une morosité ambiante, une espèce de malaise  et de mal-être, à tous les niveaux et pour la majorité des Mauritaniens. Nous sommes à quelques encablures des élections locales  de 2018, d’abord, et de la présidentielle de 2019, ensuite. Les premières vont  permettre d’élire, pour la première fois, des conseils régionaux,  renouveler les conseils municipaux  et l’Assemblée nationale, désormais chambre unique du Parlement, depuis la suppression du Sénat, en Août dernier.

Ces scrutins devraient également  permettre à l’opposition dite radicale (FNDU et RFD) de tenter de conquérir quelques sièges, si, bien entendu, elle n’opte pas pour  le boycott. Une occasion de  solder la tension permanente où s’électrise – se court-circuite ? – la démocratie mauritanienne,  depuis Août 2008. Elles devront également, ces élections,  lever un coin du voile sur les véritables intentions du pouvoir d’Ould Abdel Aziz. De la crédibilité de ces consultations dépendra  la présidentielle de 2019.

 

Incertitude politique
 

Officielle fin du second et dernier mandat de l’actuel président à la tête du pays – il aura dirigé le pays pendant une décennie – elle devrait en effet voir celui-là soutenir un candidat. Ses déclarations en ce sens occasionnent, depuis quelques temps, des manœuvres de positionnement pour sa succession. Son  choix n’est pas encore arrêté, a-t-il déclaré tout dernièrement à Jeune Afrique, et les spéculations vont bon train. D’abord, sur sa place et son rôle après l’élection de 2019 ; puis sur son probable dauphin.

Des  supputations également  sur l’attitude de l’armée, vis-à-vis des manœuvres en cours. C’est probablement à elle que reviendra le dernier mot, tant l’opposition peine à s’unir et à imposer une alternative. Les manœuvres en cours pour  redonner vie et place à l’UPR  prêtent à  penser qu’Ould Abdel Aziz se chercherait une planque pour garder la main sur les leviers du pouvoir, après son départ du Palais gris. Nombre de membres de l’UPR y croient dur comme fer. Les modifications des  textes du parti visent-elles  à le tailler sur mesures de son futur patron qui, comme toutes les instances,  sera élu ‘’démocratiquement’’ ?
 

Autre facteur aggravant les tensions, les relations entre le parti et le gouvernement ne sont pas des meilleures : le Premier ministre et le président du parti  n’émettent  pas sur les mêmes longueurs d’ondes. La fondation d’un comité, rassemblant ces deux hommes, le président de l’Assemblée nationale, celui du groupe parlementaire « Majorité présidentielle », et diverses autres  personnalités, colmatera-t-il les brèches ? Avec le lourd passif du gouvernement, un des plus impopulaires de toute l’histoire de la République Islamique de Mauritanie, dont les membres ne seront guère écoutés par les Mauritaniens, en tout cas sans grande conviction ni enthousiasme, la réponse est des plus indécises.

 

Grave morosité économique
 

La campagne de l’UPR intervient surtout dans une morosité économique  sans précédent. Les prix des produits de première nécessité ne cessent de grimper, l’emploi se raréfie, la croissance dont on nous vante les exploits ne profite qu’à une infime partie de la population. Cette situation affecte notablement les missions de sensibilisation de l’UPR dépêchées à l’intérieur du pays. On ne sent pas l’enthousiasme et la mobilisation que pareilles randonnées  offraient, par le passé, aux cadres et populations. Une situation accentuée, sinon aggravée, par une année de sécheresse aigüe.

Le plan d’urgence pour renflouer le programme Emel  tarde à porter ses fruits. Il y a quelques jours, on a annoncé l’arrivée de sucre dans ses boutiques de Nouakchott, produit qui en avait disparu, depuis longtemps. En diverses zones du pays, l’aliment de bétail annoncé  reste comme l’Arlésienne. On se demande quel discours pourrait tenir les responsables du gouvernement et  des acteurs politiques  pour convaincre  les populations dont les préoccupations sont ailleurs. Une situation sociale difficile contre laquelle  l’opposition (FNDU), les militants d’IRA et récemment des étudiants  manifestent.

 

Sécurité incertaine ?
 

Les manœuvres électorales et successorales interviennent dans un environnement sécuritaire incertain. Le départ du président Ould Abdel Aziz, fondateur du G5 Sahel et, très probablement, initiateur d’accords secrets mettant le pays à l’abri d’attentats terroristes, laisse nombre d’observateurs songeurs. Certes, l’ambassadeur de France à Nouakchott  a laissé entendre que le successeur du président mauritanien poursuivra  l’action de celui-ci, respectant l’engagement de la Mauritanie.

Mais que dire des lenteurs, dans la mise à disposition de la force conjointe, d’un contingent mauritanien ? C’est tout récemment que le commandant de cette troupe a été désigné et son PC installé à Nbeiket Lahwach. Alors que les attentats se multiplient au Mali et au Burkina… Politique, économie, social, sécurité en points d’interrogation, la campagne d’adhésions à l’UPR aura donc bien du mal à apporter des réponses cohérentes, encore moins globales, à une situation dont l’opposition ne devrait pas manquer  d’ajouter une bonne couche,  en jouant les  trouble-fête.
 

DL

source lecalame.info

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