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Bras-de-fer entre Taleb Sid’Ahmed et Ahmed Ould Yahya Le stade de Nouadhibou, source de conflit !

Mercredi 28 Avril 2021 - 14:39

Réhabilité par l’Etat mauritanien pour abriter la Coupe d’Afrique des Nations des U-20 que la Mauritanie a abrité du 14 février au 6 mars 2021, le Stade de Nouadhibou est actuellement l’objet d’un bras-de-fer terrible entre la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) et le Ministère de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports. Qui de Taleb Sid’Ahmed ou de Ahmed Yahya sortira vainquer de cette guerre ?

Depuis que les lampions de la CAN U-20 se sont éteints, les convoitises se sont attisées autour de la gestion du Stade de Nouadhibou, un joyau construit par l’Etat mauritanien pour la bagatelle de 1,5 milliards anciennes ouguiyas. C’est d’abord le maire de Nouadhibou, El Ghassem Ould Bellali qui a réclamé la paternité de l’ouvrage, soulignant que la gestion du stade relève de la compétence de la municipalité de Nouadhibou. Ce que la FFRIM, sous la conduite de son président, Ahmed Ould Yahya a vite rejeté. Résultat, aucune compétition nationale de football ne s’est jouée dans ce complexe sportif. Pour Ahmed Yahya, la gestion du stade doit relever des prérogatives de la FFRIM. Pour Ghassem Ould Bellali, le nouveau stade a été érigé sur les décombres du stade municipal, ce qui fait que sa propriété revient à la commune de Nouadhibou.

C’est dans ce climat délétère que la Zone franche de Nouadhibou est intervenue dans le différend il y a quelques jours. Vendredi dernier, coupant court à la querelle née entre les deux parties, la Zone franche a signé avec la Fédération un contrat qui stipule que la gestion du stade de Nouadhibou est confiée à la fédération de football pour une durée de 20 ans renouvelable.

Nouveau rebondissement, le Ministère de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports a aussitôt publié une note, soulignant que la gestion des infrastructures sportives relève de la compétence du département des Sports. Il a rappelé que la FFRIM elle-même est placée sous la tutelle du Ministère.

C’est dans ce cadre qu’il a décidé de confier la gestion du stade de Nouadhibou au Complexe Olympique de Nouakchott (voir communiqué ci-dessous). Par le passé, la FFRIM a eu à se frotter à l’administration publique dans des cas presque identiques. La première fois, c’était en 2000, face à la Willaya de Nouakchott, autour des stades de la capitale. Si l’instance footballistique a réussi à se faire sienne la propriété du stade de la capitale, - désormais Stade Cheikha Boydiya- avec la bénédiction de l’ancien Dircab de Ould Taya, Louleid Ould Weddad, elle finira par perdre la face dans le conflit qui va l’opposer à la Mairie du Ksar, qui elle, ne concédera pas une portion de son Autorité sur le stade du Ksar.

Un conflit du genre naîtra par la suite dans l’affaire dite du stade Ramdhane de Rosso, que la Mairie de la capitale du Trarza refusera de céder à la FFRIM. C’était en 2008. Dirigée par Sidi Diarra, la Mairie de Rosso conservera son stade. En réaction la FFRIM – qui risquait de perdre en l’occasion, le projet de financement de la FIFA portant sur la réhabilitation d’un terrain de football et son équipement en gazon synthétique- s’était adressée à la Mairie de Zoueratt de Cheikh Ould Baya qui lui a ouvert grandes ses portes, lui cédant son stade municipal. Conséquemment, le projet de la FIFA profita à la capitale minière.

Il faut souiliber que la réaction du ministère des Sports a été saluée par l’ensemble des autres fédérations sportives nationales. Il s’agit pour tous, de rappeler à la FFRIM -qualifiée en l’occasion d’envahissante- que le football n’est pas l’unique sport pratiqué dans le pays. Dès lors où les stades abritent diverses infrastructures sportives, ils doivent être gérés par une Autorité suprême, « comme le veut la loi » rappellent-ils non sans souligner leurs craintes de voir la FFRIM, transformer le cas échéant, tous les stades qui lui seront confiés, en terrain de football uniquement ; comme cela a été fait pour le stade Cheikha Ould Boydiya où le plateau multisports, abritant par le passé des terrains de basket, de hand-ball puis une piste d’athlétisme et des sites de différents sauts, ont été tout bonnement supprimés par la FFRIM, pour l’unique intérêt du football.

A présent, le bras-de-fer qui oppose d’une part, le président de la FFRIM au maire de Nouadhibou et de l’autre au Ministère des Sports, va se terminer au bénéficie de quel des trois protagonistes ? C’est ce que l’avenir proche nous permettra de savoir. En tout cas, il fait ressortir une crise profonde entre le président de la fédération de football et le ministre des Sports. Dans les coulisses, il se dit que le ministre tente surtout de rappeler au président de la FFRIM, que le patron du sport, c’est lui. Une autorité que ne reconnaîtrait pas trop son interlocuteur qui se dit seul maître à bord autour du football.

L’arbitrage des plus hautes autorités de l’Etat, le président de la République ou le Premier ministre, est désormais requis pour mettre fin à ce bras-de-fer et ouvrir le stade aux compétitions nationales de football.

Cheikh Aïdara


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